dimanche 20 décembre 2015

Le Roi du Monde contre le Roi Immonde


Soudain, dans un de ses mouvements de générosité aussi brusques qu’enthousiastes, Tony Baillargeat dégagea une pile de livres qui servait de support à une planche en bois pour découper une gigantesque coppa corse, en tira un ouvrage aussi épais que « L’Idiot », puis me le tendit en me regardant droit dans les yeux. « Tiens, je te le donne. Tu n’en reviendras pas. Ce sont des indications pour retrouver le Roi. La clé, la clé absolue, c’est la Résurrection ».

Et nous éclusâmes gaiement ma bouteille de Château Sainte Roseline.

Depuis, je suis plongé jusqu’au cou dans cet ouvrage, qui se révèle comme étant autant crucial pour notre tentative de décryptage de la nébuleuse mystériosophique de Rennes-le-Château, que le parchemin logographique du capitaine Kidd qui permit à William Legrand de découvrir le trésor du Scarabée d’Or.

Et voici « Arsène Lupin Supérieur Inconnu » par Patrick Ferté (1992).



Il s’agit ici de toute autre chose que de ces bouquins ésotéristes autant répandus qu’extrêmement mal écrits, tel par exemple « Mystères et Merveilles de l’Histoire de France – L’Hexagone couronné » par Geneviève Béduneau et Bernard Fontaine, confit d’indigence sur le plan stylistique, mal écrit parce que mal pensé, sans aucune élévation spirituelle, et qui contredit avec insistance son double titre en prétendant nous révéler, d’abord que la France n’est pas un hexagone (c’est un « mythe très moderne »), et puis surtout que l’histoire de France ne contient absolument ni mystères ni merveilles (François Reynaert ou Michel Onfray n’auraient pas dit mieux) : le chamanisme de nos ancêtres du paléolithique sont « de simples rêveries » ; les bardes n’étaient rien d’autre que « les lointains ancêtres de nos journalistes » ; l’existence de Mérovée « reste controversée » ; l’œuvre de Charlemagne est « la cause directe du papisme et donc la cause indirecte de l’Inquisition » ; Louis II « est bègue, ce qui en dit long sur l’ambiance qui a entouré son enfance » ( !) ; Cluny est une transposition des « usages mafieux (avant la lettre) dans l’Eglise », et les Affirmations du Pape Grégoire VII de 1075 sont l’instauration « d’une théocratie largement dictatoriale et totalitaire » ; « le lignage entier de Charlemagne apparaît porteur d’une double tare, l’avidité et la tricherie » ; on sera tout à fait ravis d’apprendre que le baptême de Clovis, avec la transformation de ses armes en fleurs de lis, et l’apparition de la colombe avec la Sainte Ampoule, ainsi que l’Oriflamme ou l’épée Joyeuse, ne sont que des « légendes »,…

Quant aux Templiers, « leur attitude achève de les déconsidérer aux yeux du populaire » ( !), « on supportait mal ce qu’on appelait leur arrogance, leurs manières de soudards ». « Dans le petit monde de l’ésotérisme », déplorent les auteurs, « l’arrestation des Templiers prend la dimension d’un cataclysme de civilisation ». Car Philippe le Bel est bien le seul à réchapper à ce jeu de massacre général : il n’a jamais fait donner de gifle à Boniface VIII, il n’a jamais voulu persécuter les Templiers, il n’a jamais mis sous sa coupe le pape Clément V, et il n’a jamais rogné de pièces de monnaie. Tout le monde le sait depuis des siècles, et les auteurs se désolent que « la vérité historique ne franchisse pas la cour de la Sorbonne ». Des guénoniens qui défendent la Sorbonne…


L’ouvrage entier est un réquisitoire contre les missions papale et impériale, « cette mystique déviée de la mission de la France »… On y traque « le mythe du Grand Monarque » et « la redite régulière du montage prophétique qui l’annonce » ; on y dénigre la Salette et Naundorff (qui serait un frankiste sabbataïste !) ; la Fraternité des Polaires est tout bonnement « une supercherie », et Parvulesco se serait complètement trompé au sujet de Zam Bothiva ; de toutes manières, en ce qui concerne le grand écrivain roumain, la messe est dite : il a « lu un peu trop rapidement l’œuvre de René Guénon » au point de chérir la « contre-initiation », et on finit par poser la question suivante : « l’empire de la fin, si cher à Jean Parvulesco, […] n’est-il pas cette fausse unité, tant attendue, et dont l’empire américain ne fut que les prémices ? » (page 638).

En résumé : ni Mystères ni Merveilles dans l’Histoire de France (pas un mot sur sainte Marie-Madeleine !), ou l’Hexagone couronné par le matérialisme historique.

Contrairement, donc, à ces bouquins prétentieux, lourds et d’une tristesse sans fondement, il existe fort heureusement des livres gais, constructifs, modestes, magiques, mystérieux et merveilleux, tout en étant emplis de véritables connaissances transcendantales à ravir l’entendement. « La France Mystique » de Jean Phaure, ou bien ce livre de Ferté, ne sont peut-être pas de grandes œuvres littéraires, mais ce sont assurément de formidables outils cryptologiques, des parchemins logographiques, permettant de lire le monde dans le sens vertical afin de pouvoir reconnaître son Roi lorsqu’il se manifestera.

« Arsène Lupin incarne l’image parfaite du Grand Monarque de la Fin des Temps ».

« Maître de l’Espace, du Temps, de la mort et des Grands Secrets trônant dans son Aiguille creuse, véritable centrale souterraine située au nombril du monde, axe polaire planté en un lieu mystérieux du Triangle d’Or, brandissant en guise de sceptre un Chandelier à 7 branches, chef des mystères de la Grande Ourse, Arsène Lupin Pantocrator contemple ses antiques et fabuleux trésors royaux et étend sa trame aux quatre coins du monde pour défendre la veuve et l’orphelin, résoudre les énigmes et combattre l’Antéchrist. Roi du Monde contre Roi Immonde ! »

Lutte perpétuelle s’il en est, terrible conflit cycliquement suractivé, affrontement rendu malicieusement translucide par ce kairos éminemment qualifié qui est le nôtre. Le Roi du Monde contre le Prince de ce Monde, lequel peut revêtir une légion de noms suivant les circonstances… Seth est l’un de ces noms les plus éminents. J’y reviendrai très prochainement, ayant découvert – avec l’aide précieuse de quelques-uns de mes amis – des choses d’une importance toute significative lors d’un récent séjour en Enfer, c’est-à-dire en Californie.

Ceux qui dénient toute légitimité au Roi du Monde se retrouvent très souvent dans le camp des sectateurs du Prince de ce Monde, que cela soit par la mise en jeu d’une grande cohérence théologique (ce qui est, pour le moins, tout à leur honneur), ou bien par pure imbécillité infantile et grégaire. Si je voulais paraphraser une expression typiquement actuelle, je dirais qu’il y a des idiots utiles du séthianisme. Ils promeuvent ouvertement des ouvrages séthiens, satanistes et sionistes sans rien y comprendre, par pure crétinerie existentielle, et dans l’impossibilité radicale d’évaluer leur signification profonde.

Et ce sont eux, les pires, bien évidemment. S’il est vrai qu’il vaut mieux s’adresser au Bon Dieu qu’à Ses Saints,il vaut également mieux affronter Seth que ses suiveurs décérébrés.

Les choses ne sont pas très compliquées, finalement. Vous avez le Gentleman Cambrioleur d’un côté, et le Baron de mes couilles de l’autre. Celui-ci, terriblement mal à l’aise, esquisse des sourires en direction du premier, un filet de sueur tiède derrière les oreilles, mais le Gentleman tourne la tête, ne rêvant que de lui décocher un mollard en pleine face. Encore un peu de patience.

Je laisse maintenant la parole à Jean Parvulesco, dont le grandiose décryptage du livre de Patrick Ferté se trouve dans « Le Retour des Grands Temps ». Car, en ce domaine comme en bien d’autres, ce sera toujours Jean Parvulesco qui aura le dernier mot.



P.S.
Certains n’ont vraiment pas l’habitude d’être critiqués… 
Mon petit texte « Le Roi du Monde contre le Roi Immonde » a excité à un point inimaginable les personnes concernées, notamment « le Baron » (pseudonyme du moment : « Vlad von Sternberg ») dont l’épilepsie caractérielle est absolument fascinante. Appelant à l’aide ses connaissances sur Facebook (son seul terrain de combat), il s’est lancé dans une série de messages en roue libre sans aucun fondement, et sans argumentation, bien sûr. Aurait-il perdu le Nord ?
L’ouvrage de son ami Bernard Fontaine s’en prend (avec une belle constance) aux notions d’Empire et de Papauté, attaque les Templiers, défend Philippe le Bel, voit en Parvulesco un contre-initié, et on n’aurait pas le droit d’émettre la moindre petite réserve ?
C’est donc en toute justice vengeresse qu’un certain Ernest Makarov écrit à mon sujet : « Faut le liquidé », message automatiquement approuvé par « Vlad von Sternberg ».
Ce dernier surenchérit, d’ailleurs, en appelant tout simplement à la ratonnade sur ma personne : « Une bonne ratonnade punitive bien ciblée s’impose, Ernest Makarov ».
Appel public à la bastonnade immédiatement approuvé (« liké ») par le grand écrivain Bernard Fontaine, libraire à la Fnac des Halles de Paris.
J’espère que l’auteur de cet appel à une expédition punitive sera capable d’assumer en toute circonstance son message, ainsi que la personne qui l’a publiquement approuvé, et je pense qu’il sait parfaitement que le fait de l’avoir retiré de Facebook ne change strictement rien aux conséquences quelles qu'elles soient, y compris pénales.


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