mercredi 6 novembre 2013

Webisode n°8 - Moustafa Maël Mathieu "Transcendance et Immanence"

 

 
 
La dernière vidéo du bon Docteur Salim Laïbi sur Léon Bloy (Naboscopie 7&8) prétend révéler un secret qui remplirait le monde de stupeur. Il prétend beaucoup de choses, l’ami… Prétention et vocifération sont les deux mamelles de Salim Laïbi. Or, il se trouve que ce « secret » est parfaitement connu par tout lecteur un tant soit peu attentif de Bloy : il s’agit de l’analogie eschatologique entre Lucifer et le Paraclet. Cette métaphore participe d’une vision singulièrement désespérée, où la situation spirituelle de l’homme est décrite comme étant si abyssale que même l’Esprit-Saint, annoncé par le Christ pour juger l’humanité à la fin des temps, ne peut qu’être en partie entaché de noirceur pour parvenir à y voir clair.

Mais il est également possible d’analyser cette vision bloyenne de manière ascendante : elle peut signifier que le Jugement dernier représentera un tel bouleversement de l’histoire adamique, prologue radical et définitif d’un nouvel Age d’Or, que Lucifer lui-même sera en partie imprégné de lumière paraclétique. Cette vision est le prolongement logique de la pensée de nombreux auteurs chrétiens, qui ont estimé que Jésus-Christ avait pour mission, outre la rédemption de l’humanité, le rachat du Diable lui-même.
Par ailleurs, bon nombre de veilleurs évoliens - ou même guénoniens - de la fin des temps se sentent aujourd’hui investis de cette tâche aussi ardue que périlleuse  : alors que le monde moderne s’emploie à pervertir le bien au bénéfice du mal, il s’agit de s’engager par tous les moyens, corps et âme, à détourner les forces du mal au service du bien.
Il va de soi que ces notions sont extrêmement dangereuses à pratiquer, en plus d’être un tantinet complexes à appréhender. Alors, quand on voit débouler Salim Laïbi avec sa bave aux lèvres et sa haine pataude, et déballer sa théologie d’odontologiste pour insulter Léon Bloy, on se sent soulevé par une pitié terriblement condescendante… C’est un peu comme si un BTS électronique reprochait à un chercheur en cosmologie quantique de n’y rien comprendre en sciences physiques. D’ailleurs, il me souvient d’avoir assisté à une conférence de Salim à la Cobema le 28 mars 2010 (juste après la mienne), au cours de laquelle il reprochait à Einstein d’être nul en physique. Il pensait en effet avoir trouvé une contradiction dans la théorie de la relativité restreinte, affirmant que l’élévation de la vitesse de la lumière au carré dans l’équation E=mc2 était incompatible avec le fait que cette vitesse soit déclarée comme une valeur indépassable (oubliant tout simplement que c2 n’était pas une vitesse, mais le carré d’une vitesse). Cette fois, personne n’osa applaudir dans la salle…
Revenons à sa vidéo anti-bloyenne. Là comme ailleurs, il s’agit toujours pour Salim Laïbi d’insulter autrui jusqu’à la lie, de vociférer à s’en faire crever la panse. « Barbey d’Aurevilly, ce dandy dégénéré » ; « Ernest Hello, un autre eschatologue cinglé » ; « Bloy était un millénariste messianiste complètement cinglé ».
La pensée de Bloy est probablement discutable sur bien des points, et il est tout à fait permis de ne pas l’épouser dans toutes sa rigueur apocalyptique. Mais il faut remarquer que le Périgourdin mystique est un homme qui a affronté directement le Mal dans sa propre chair, en perdant notamment ses deux enfants, et qui malgré cela, a pu ramener des centaines de gens au christianisme durant son existence (et combien de milliers d’autres après ?) de par sa foi, son exemple d’homme combattant, de Belluaire intransigeant, d’amoureux du Christ et de la Vierge-Marie. Léon Bloy n’était pas un homme de lettres. Salim Laïbi, lui, est un homme de cabinet. Combien de personnes Salim a-t-il concrètement ramenés à la religion ? On peut savoir ?

A la fin de sa vidéo, Salim me reproche d’avoir déclamé les « Prières Blasphématoires » de Nabe dans les rues de Marseille, et pour bien montrer que je suis « sataniste », il illustre cette déclamation avec une photographie de mon spectacle de 2005, ce qui n’a absolument aucun rapport (ni avec Bloy, ni avec Nabe). Nabe écrit quelque part que les blasphèmes sont un cortège de gueux qui annonce le Roi des Rois. Par ailleurs, il dit que je lui aurais reproché d’être « trop stupide, trop coincé, trop musulman ». Je ne vois vraiment pas où il a pu pêcher une telle ânerie… L’ami Salim a un peu tendance à se prendre pour la voix de l’Islam de France. Or, s’il y a bien une chose que je me permettrais de lui reprocher en ce domaine, c’est au contraire de ne pas être assez musulman, c’est-à-dire d’être bête et méchant. Quand le Vociférateur Complotiste hurle en parlant de Bloy et Hello : « Qu’ont-ils tous à se prendre pour des prophètes de malheur ? », lui qui, chaque semaine depuis plus de cinq ans, annonce sur internet la catastrophe mondiale pour la semaine d’après, je ne suis pas certain d’avoir vraiment envie de rire…

Salim Laïbi est un peu désemparé : il aimerait qu’on lui explique précisément qui est Lucifer. Personne ne lui répond ? Je me dévoue : Lucifer, c’est la Lumière d’En-Bas. En termes tout à fait contemporains, Lucifer, c’est internet contre la littérature, c’est-à-dire Salim Laïbi. Et tout ce que je peux lui souhaiter, c’est que Léon Bloy ait eu raison dans ses visions apocalyptiques, ce qui donnera une chance à Salim d’être analogiquement traversé par le souffle du Paraclet le jour du Jugement Dernier…

Et si l’on se tournait maintenant vers Moustafa Maël Mathieu ? Quelle douche de fraîcheur, soudain ! Certains de ses textes fulgurants d’intelligence aigüe et pétris d’une ardente sensibilité théologique ont déjà été mis en ligne sur Parousia. Ce platonicien extatique  a décidé d’élaborer un vaste projet littéraire et intellectuel autour de la personne de Abu-l-Hakam Abd al-Salam ibn Abd al-Rahman ibn Mohammad ibn Barrajan, qu’il a bien voulu nous détailler ci-dessous. Le webisode n°8 est un extrait de son premier livre, dont la date de publication ne saurait tarder… La tradition islamique est un trésor vivant, plus fait pour les amoureux de la vérité que pour les arracheurs de dents.



 
Le projet ibn Barrajân

 

1. Le projet dans ses grandes lignes

 

Le projet ibn Barrajân consiste en un ensemble d'oeuvres littéraires et artistiques formant un tout cohérent, et ayant pour auteur l'auteur de ces lignes. Il s'agit, en somme, d'envisager à long terme l'écriture d'un certains nombres de livres tournant autour des même thèmes, de manière à se compléter comme les parties d'une seule oeuvre ; ce que fait spontanément tout auteur ambitieux, mais il s'agit ici de le faire de façon systématique, en définissant à l'avance les oeuvres qui feront partie du projet, de manière à jalonner et à baliser le travail futur. L'auteur du projet, Maël Mathieu dit Moustafa, est né en 1975 à Bruxelles ; a embrassé l'islam en 1994 à Dakar, a ensuite vécu plusieurs années à Marrakech où il a appris entre autres les bases de la langue arabe, et surtout contracté la passion de cette langue et de sa littérature. Il a étudié cinq ans en Polytechnique à l'Université de Bruxelles et obtenu le grande d'ingénieur civil physicien ; a étudié parallèlement la métaphysique néo-platonicienne et participé à de nombreux colloques de philosophie et spiritualité. Il est également artiste peintre et dessinateur et à ce titre expose régulièrement ses oeuvres dans des endroits plus ou moins prestigieux. Maël est donc artiste et écrivain-philosophe, passionné par le néo-platonisme et l'ésotérisme islamique, le soufisme. Son oeuvre comprend entre autres un certain nombres de dessins et de tableaux, ainsi que quelques textes qui n'ont rien à voir avec le projet ibn Barrajân. Mais elle comprend aussi des oeuvres graphiques et littéraires qui font partie du projet. Pour donner une idée d'en quoi consiste ce dernier, disons qu'il s'agit d'un ensemble de sept ou huit livres portant sur des sujets qui tournent autour de la métaphysique et du soufisme. L'un de ces livres est déjà écrit et, à l'heure où nous écrivons ces lignes, est en instances de publication. Son titre est « Lumière de l'Un, lumières sur l'Un » et il est sous-titré « dix essais sur la tradition islamique », car il s'agit de dix essais indépendants, présentant des aspects variés de la tradition islamique, mais unis par une même vision métaphysique. Ce livre est une bonne image du projet lui-même, composé de parties indépendantes, mais qui se complètent mutuellement, unies par des thèmes et des idées communs. D'autres de ces livres sont déjà en cours d'écriture, aussi, pour ne pas nous disperser, nous ressentions le besoin de planifier nos efforts au moyen d'une sorte de « feuille de route » intellectuelle, d'où l'idée du projet.

Mais pourquoi avoir choisi ibn Barrajân ? C'est que ce nom renvoie à l'un des plus grands métaphysiciens arabes, presque oublié cependant, jusqu'à la récente publication (en arabe) de ses oeuvres les plus remarquables. L'un des objectifs de notre vie, et du projet par conséquent, est de contribuer à faire redécouvrir ce géant de la pensée, mais pas n'importe comment : dans une optique métaphysique rigoureuse, marquée par les oeuvres de René Guénon et d'ibn 'Arabî, que nous respectons inconditionnellement. L'un des essais repris dans Lumière de l'Un porte justement sur l'introduction à l'oeuvre d'ibn Barrajân ; et celui-ci est fréquemment cité dans les textes de Maël, qui tendent ainsi à en faire une autorité métaphysique incontournable, bien qu'à un niveau hiérarchiquement moindre qu'ibn 'Arabî. Car il ne faut pas se méprendre : si nous n'avons pas nommé ce projet « projet ibn 'Arabî », c'est uniquement parce qu'un tel titre suggérerait une ambition bien plus grande que la nôtre. Mais c'est bien autour d'ibn 'Arabî que tourne principalement l'oeuvre de Maël, même si l'amour qu'il porte à ibn Barrajân, en tant que « précurseur » du « plus grand des maîtres », est très grand. Si l'essentiel de l'oeuvre tourne autour d'ibn 'Arabî, sa « clef de voûte », son « morceau de bravoure », si Dieu nous laisse le temps d'en parvenir à bout – ce qui n'est pas du tout évident – devrait être la traduction commentée de son monumental traité du Commentaire des Noms excellents d'Allâh. C'est un travail de très longue haleine, auquel nous nous attellerons en dernier, et qui, si nous en parvenons à bout, sera véritablement le couronnement de notre oeuvre et de notre vie, ce qui justifie de donner à ce projet le nom d'ibn Barrajân, même s'il contient bien d'autres choses.

 

2. Un vieux rêve

 

C'est vers onze ans, alors qu'il n'est encore qu'un très jeune garçons aux rêves purs, que Maël forme celui d'apprendre l'arabe ou le turc. C'est à la suite d'un voyage merveilleux, d'un voyage en Turquie, où il est fasciné par l'art grandiose et raffiné des palais et des mosquées, qu'il forme ce projet : plus encore que d'apprendre la langue, devenir soi-même un Oriental, un musulman... Car malgré son jeune âge et le fait que les livres de René Guénon sont encore loin, il comprend que son coeur est oriental, bien que sa culture d'origine soit et reste occidentale ; ce projet, il commencera à le réaliser vers l'âge de dix-sept ans – âge béni entre tous – ; c'est alors qu'il apprend ses premiers mots d'arabe dialectal, et quelques années plus tard, alors qu'il est encore un tout jeune homme, il parle couramment cette langue, et comprend les livres de philosophie et de théologie en arabe classique. Le bonheur de naviguer à sa guise sur l'océan sans fin de cette langue « magique » lui est ouvert. Désormais, l'orient fait vraiment partie de son identité, et toute son oeuvre en sera marqué. Plus tard, « jeune homme » de trente ans, il s'enivrera des Mille et une nuits, des arabesques symboliques de l'art ou de la musique andalouse ou persane, de la métaphysique d'Avicenne ou  de Ghazâlî. C'est aussi l'époque où il fait la découverte d'ibn Barrajân, ce penseur illustre et méconnu qui changera sa vie. Mais pour lui, il ne s'agit pas tant de faire découvrir l'orient aux occidentaux, que de le faire découvrir ou redécouvrir... aux orientaux ! Car il a vite fait de constater que la beauté d'un univers, d'une culture, échappe souvent à ceux qui sont plongés dedans. C'est d'ailleurs en prenant du recul vis-à-vis de la « culture occidentale » qu'il apprend à l'aimer dans ce qu'elle offre de meilleur, la « mystique » chrétienne – Rusbrock, maître Eckhart – , la musique de Bach, etc. Bref, son parcours est en un sens exceptionnel, et le projet unique qui donne désormais un sens à sa vie est de faire découvrir à tous, orientaux comme occidentaux, les beautés de la métaphysique universelle, celle de Proclus comme d'ibn 'Arabî.

 

3. Le projet en détail

 

Nous ne sommes pas encore en mesure de dire le nombre exact de livres qui constituera le projet ni leurs thèmes complets, car il s'agit, nous l'avons dit, d'un travail ambitieux et de longue haleine que nous ne faisons que baliser grossièrement. Et il est fort possible que le projet évolue ou se modifie en cours de route. Cependant, il est au moins certain qu'il comprendra le livre déjà écrit mentionné plus haut, Lumière de l'Un. Il comprendra aussi plus que certainement, s'il plaît à Dieu, une oeuvre graphique et littéraire unique en son genre, intitulée le Livre sans fin, et dont nous parlerons de façon plus détaillée s'il plaît à Dieu. Ainsi que l'autre livre auquel nous travaillons présentement, et qui consiste en un ensemble de trois traduction commentée de trois « petits » traités de métaphysique dont les auteurs sont trois métaphysiciens (soufis) illustres : S. H. Amulî, ibn 'Arabî et Abdel-Karîm al-Jîlî. Le traité d'Amulî, dont nous avons presque fini la traduction, est intitulé « la quintessence de la connaissance de l'Être ».

À part ces trois livres déjà finis ou bien avancés, font partie du projet : la traduction d'une oeuvre majeure de la métaphysique soufie, dont nous ne révélerons pas encore l'identité à ce stade ; la traduction du Commentaire des Noms excellents d'ibn Barrajân mentionnée ci-dessus, qui sera la pièce maîtresse de l'ensemble s'il plaît à Dieu que nous en venions à bout ; un traité sur le symbolisme de la géométrie projective, dont nous avons ébauché la partie mathématique il y a déjà des années, et que nous avons espoir de terminer un jour si Dieu y consent ; et enfin, un ouvrage moins métaphysique qui sera une sorte de mémoire sur notre parcours intellectuel, un livre de souvenirs et de témoignages, que nous comptons publier à la fin de notre vie s'il plaît à Dieu. Cela fait donc sept livres en tout, auquel peut-être viendra s'ajouter un huitième, constitué de traductions commentées de passages choisis de l'oeuvre d'ibn 'Arabî. Cependant, cela n'est pas encore une certitude, et il faudrait au moins, avant d'en envisager un huitième, être à peu près sûr de pouvoir mener à bien les sept ouvrages mentionnés, ce qui malheureusement ne nous semble pas acquis, vu la brièveté de la vie et le caractère très ambitieux d'un tel projet.

 

4. Le livre sans fin

 

Nous annoncions dans la présentation détaillée du projet une oeuvre graphique et littéraire d'un genre totalement original, dans le meilleur sens du terme, intitulée le Livre sans fin. Nous allons tenter maintenant de décrire du mieux que nous pouvons ce « projet dans le projet » ; car bien qu'il fasse partie intégrante du projet ibn Barrajân en raison de ses thèmes, ce livre qui est à la fois une oeuvre d'art plastique constitue à lui seul un projet vaste et ambitieux. Il s'agit d'une collection de dessins en noir et blanc, à la pointe Rotring sur papier Canson 200g. Chaque dessin porte à son dos un court texte, en général traitant de métaphysique et lié aux thèmes symboliques apparaissant dans le dessin ; de sorte que tous ces dessins forment une sorte de vaste livre illustré aux pages volantes ; mais de plus, et telle est la raison des pages volantes, les dessins se prolongent les uns les autres et se complètent dans les deux directions pour former une vaste fresque, un « puzzle » géant... et vivant, car nous n'avons pas assigné de limites à l'oeuvre, qui restera « ouverte » jusqu'à la fin de notre vie s'il plaît à Dieu. Toutefois, les 81 premiers dessins, formant un vaste rectangle de neuf fois neuf feuilles A4, constitueront au sein de cette oeuvre ouverte un sous-ensemble « fermé », valant pour lui-même, et comprenant à peu près tous les thèmes symbolico-métaphysiques du projet total ; cela au cas où il nous manquerait le temps et l'énergie d'aller au delà de ces 81, dont la moitié à peu près est à ce jour achevée (du moins pour la partie graphique). Nous pensons que ces 81 premiers dessins au moins pourraient faire l'objet d'une publication en feuillets séparés dans un « coffret » ad hoc et orné par nos soins ; cela pourrait constituer un objet splendide et, pourquoi pas, promis à un avenir commercial ? Nous n'éprouvons pas de gêne à envisager cet aspect de la question, car pauvre nous sommes, et l'argent n'est de toute évidence pas notre motivation première. Mais si l'une de nos oeuvres pouvait rencontrer un « succès » d'où résulterait une rentrée d'argent, cela nous assurerait un relatif confort matériel qui nous permettrait de mener à bien le reste de notre oeuvre dans les meilleures conditions : c'est vraiment tout ce à quoi nous aspirons.

 

5. Conclusion

 

Le projet ibn Barrajân est un grand projet artistique, littéraire et « philosophique » (métaphysique). Nous en sommes convaincu, parce que la part qui en est déjà réalisée constitue d'ores et déjà une grande oeuvre, capable de toucher des personnes de qualité. Nous en avons fait l'expérience. « Lumière de l'Un » n'est pas un petit livre. C'est un ouvrage qui charrie une vision neuve et traditionnelle à la fois, une vision grandiose de l'islam, de ses secrets, de sa civilisation. Il ne ressemble pas à tant de livres écrits sur la question. Il est en un sens, unique, unique dans le bon sens, ne serait-ce que par la place qu'il rend à l'oeuvre d'ibn Barrajân dans l'histoire de la pensée arabo-musulmane ; place dont bien peu de gens, à part nous, ont pris conscience à ce jour, surtout parmi les intellectuels francophones ; autant dire que nous sommes seul, parmi ces derniers, à nous être aperçus de l'importance de cette oeuvre. Cela seul justifie nos espoirs et nos ambitions.

Cette présentation a pour but de montrer que, même si nous avons l'air d'errer parfois, nous sommes en possession d'un projet de longue haleine, d'un grand projet. Pour le mener à bien, nous avons besoin de moyens. Nous avons besoin, entre autres, de calme, de sérénité, d'être autant que faire se peut à l'abri du besoin... ceux qui nous connaissent savent que nous élevons une famille nombreuse,  ce qui constitue pour nous une joie mais aussi une charge, et pas seulement financière. Qu'ils transmettent ce message. Qu'ils fassent ce qui est en leur pouvoir pour nous aider à réaliser notre rêve. Beaucoup de choses peuvent être faites. Il n'y a pas que l'argent. Donnons un exemple ; si l'un des lecteurs de ce projet possédait quelque part un mur d'environ deux mètres sur trois, dans un endroit propre et bien éclairé, il pourrait servir de support à la fresque constituée par les 81 premières planches du Livre sans fin. Ce serait même une décoration de grande qualité, mais l'essentiel bien sûr serait de pouvoir montrer la fresque « achevée », de lui donner un moyen d'exister autrement qu'en pièces détachées. Beaucoup de choses peuvent être faites pour nous, c'est-à-dire pour vous, amateurs de grand art et de littérature métaphysique digne de ce nom, si tout lecteur de ce texte fait usage de son imagination. Pour ce qui est de nous, nous travaillons, nous travaillons sans relâche à la tâche que nous nous sommes impartie. À vous, cher lecteur, de faire travailler votre esprit pour que le projet ibn Barrajân, notre projet, voie un jour le jour.

Ci-dessous, une page du Livre sans fin :



 



Voici un catalogue (non exhaustif) des œuvres plastiques de Moustafa Maël Mathieu :
 

16 commentaires:

  1. D'accord… Et sur sa nouvelle vidéo mettant en lumière vos scatophilie/phagie, tu vas aussi relativiser en expliquant qu'il s'agît d'une mauvaise interprétation ?

    Sublime.

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    1. OUST ! Les machinations du seigneurs de mouches n'ont pas à être exposer à la lumière , ici , il est surtout question du projet lumineux d'Ibn Barrajan.
      Salim Laibi nécessite surtout d'un sacré exorcisme, l'esprit revanchard est une réelle pathologie et une plaie pour l'âme ... et Jamais un juste n'adhère a de tels procédés même envers son pire ennemie.

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  2. J'avais entendu le paralogisme sur E=mc² dans une vidéo du docteur Gernez. La fausseté de l'argument m'avait frappé quand je l'ai entendu il y a plusieurs années, et m'avait fait sérieusement douter de ce médecin soit disant "génial". Il n'y a aucun doute, connaissant son admiration pour Gernez, que c'est dans cette vidéo que Salim Laïbi est allé chercher cet argument, preuve s'il en est que ce personnage est incapable de toute distance critique, et prend pour argent comptant tout ce qui le caresse dans le sens du gros poil de ses idées préconçues. C'est la même chose en ce qui concerne la reprise de la thèse de Barbeau dans sa "Naboscopie" : celle-ci lui permettait d'attaquer Nabe à travers une de ses (nombreuses) idoles littéraires, il n'en fallait pas plus pour que le "Libre Penseur" en vomisse directement tout le contenu. Et franchement, parler du couple Maritain comme de "dégénérés"...Vraiment ce diablotin ne recule devant aucune sottise.

    Le Salut de Lucifer, quant à lui, n'est pas sans poser de sérieux problèmes théologiques. Satanaël ayant été créé parfait, son crime de rébellion est irrémissible, contrairement à celui de l'Homme, créé imparfait et libre. Si le péché d'Adam et Eve ont pu être rachetés par le sacrifice du Fils de Marie, je ne vois pas comment le péché (je ne sais même pas si on peut le qualifier de "péché", d'ailleurs) de Lucifer pourrait être compensé. A moins que cela se produise à un niveau très élevé du monde angélique, de telle manière qu'il est impossible à nous d'en avoir la moindre notion.

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  3. Du point de vue islamique, cette "analogie Lucifer-Paraclet" et le salut de Satan sont un pont-aux ânes. Satan est l'Intellect déchu, imbu de sa propre lumière. Mais le pardon de Dieu étant infini contrairement à Sa colère, tout être doit redevenir à la fin des temps tel qu'il était au commencement, dans le principe. Donc "Satan-Iblis" doit retrouver son statut de Lumière de Dieu, mais uniquement à la "fin" des temps, quand le cycle sera révolu. Il n'y a aucune difficulté théologique particulière là-dedans. C'est écrit en toutes lettres dans l'oeuvre d'ibn 'Arabî, ou dans le traité de l'Homme universel d'al-Jîlî. D'ailleurs, ceux qui cherchent encore à comprendre pourquoi il ne peut y avoir d'"Enfer éternel" n'ont qu'à relire le mythe d'Er dans la République de Platon, qui fait partie des êtres de lumière, dont la lumière emplit le ciel et la terre, toujours selon al-Jîlî.

    M. M.

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    1. Combien de fois il est dit distinctement dans le Coran que l'enfer, pour certains, est bien "éternel" ?

      En passant, avant de répondre, saisis-tu le concept de temps ? Si oui alors tu reprendras ton commentaire. Sinon, à tout le moins, je te renvois à l'étude des doctrines hindoues ou bien à une méditation plus profonde du Coran autour des notions "ma bayna aydihim wa ma khalfahoum" ("ce qu'il y a entre leurs mains eux et ce qui les suit") ainsi que des notions d'éternité. Le temps est une dimension propre à notre état grossier. Au dessus de cet état, on est conditionnés par les causes-effets, qui sont proprement intemporelles.

      L'enfer/paradis sont des concepts "intemporels", contrairement à notre état grossier, conditionné.

      Si Dieu/Allah/Atma veut donc, tu passeras bien l'éternité en l'enfer. En plus, si IL le veut, on conditionnera celui-ci pour toi pour que tu y sois à un niveau où le temps existe, juste pour que tu puisses reconnaître l'Éternité avec la grille d'analyse que tu as eu de ton vivant et que tu regrettes bien comme il faut.

      Bref… Arrêtez de faire les malins sans maitriser 1/10ème de ces concepts. Ce n'est pas parce qu'on écrit qu'on maitrise, quoi qu'en disent ceux qui en ont l'impression.

      Arrêtez aussi de vous lancer dans la certitude arrogante concernant les choses que FAIT (car il n'y a pas de futur/passé en metaphysique en dehors de notre état) notre seigneur.

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    2. Ne t'inquiète pas pour moi, Dieu/Allâh/Ishvara ne veut pas que je passe l'éternité à rôtir en Enfer, parce qu'Il m'aime trop pour cela, je le sais, Il me l'a dit ! Ou alors, je serai parmi ces saints dont parle al-Jîlî, qui résident en Enfer sans y être châtiés parce que ça leur plaît, bien que leur degré auprès d'Allâh soit supérieur à celui de bien des élus.

      Quant à la non-éternité de l'Enfer - ou en tout cas du châtiment, il y a là une distinction très subtile à faire -, c'est une doctrine expressément professée par ibn 'Arabî et al-Jîlî, c'est-à-dire par les deux plus grands savants que la terre ait portés. Personnellement, cela me suffit ; il faut savoir faire preuve d'un minimum d'humilité face à une autorité légitime, même si elle bouleverse quelques préjugés rassis.

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    3. Je précise que ceux qui veulent débattre avec moi en privé ou écrire à l'auteur de ce texte, peuvent le faire à l'adresse

      limbes1@hotmail.com

      en particulier, si vous avez un problème avec la notion d'ésotérisme, ou si vous vous demandez comment en finir avec la peur de l'Enfer, n'hésitez pas à me consulter, c'est gratuit...

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    4. Imbécile… Je vois que tu n'as pas repris les points sur lesquels je te pique, donc tu ne sais même pas de quoi je parle. Tu es sûr de toi alors que tu passes à côté de choses fondamentales.

      En passant, Ibn Arabi, avec Bayazid, ne sont-ils pas ceux qui ont dit aussi que si l'Enfer les rapprochait de dieu, par l'expiation des péchés, alors ils le veulent plus que tout ? Si tu poursuis le raisonnement, si Dieu est éternel, n'est ce pas aussi vouloir l'enfer éternellement ?

      C'est incroyable cette suffisance construite par dessus des lacunes doctrinales aussi importantes.

      Si t'es sur de n'aller en enfer que temporairement, suicide-toi mec.

      J'ai pas de temps à perdre avec quelqu'un qui ne se donne même pas la peine d'étudier les fondamentaux.

      Occidental de mes deux.

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    5. Bravo. Les insultes comme argument ultimes, et en plus, en 1433 il y a encore des gens qui espèrent que je tremble de peur à l'idée que Satan va venir embrocher le mécréant hérétique et occidental (!) que je suis ! Ah ça, pour le coup, je suis terrorisé ! Et c'est moi qui dois aller étudier les "fondamentaux" ? Voilà vingt ans que j'étudie Ghazâlî, ibn 'Arabî et al-Jîlî, avec toute l'humilité dont un ignorant doit faire preuve face à ces lumières de la Connaissance, et c'est moi qui dois revenir aux "fondamentaux" ? Subhânallâh ! Et au fait, si des types comme toi peuplent le Paradis, alors oui, je désire l'Enfer avec ardeur. A part ça, je sais que j'aime le Prophète, le plus noble et le premier des êtres existentiés, et le principe de tous les autres, par conséquent je sais aussi que je serai avec lui dans l'au delà, où qu'il soit, cqfd. Qui aime le Prophète me suive, MOI je lui promets le Paradis ou mieux encore ; oui, même à toi, petit salafiste au cerveau étriqué.
      Et je dis pour finir que parmi les "fondamentaux de l'islam", il y a le salut de Satan ; mais des salafistes-wahhabites fanatiques, on est moins sûr.

      En plus, je ris de penser que c'est celui qui me traite d'ignorant qui me conseille de me suicider si je suis sûr d'être sauvé - ce qui ne saurait faire aucun doute - à coup sûr, celui-là ignore tout de ce que Plotin appelait le "suicide rationnel", qui en islam s'appelle Djihâdu-n-nafs, le combat contre l'âme. Bien sûr que je me suiciderai, je ne fais même rien d'autre que cela en combattant mon âme, mais pour cela il n'est pas besoin d'arme blanche ou autre, l'arme de la Dialectique suffit amplement !

      Vivent le Prophète et les Gens de sa Maison, vivent les vrais croyants et croyantes à qui Dieu a promis le Paradis de l'Essence, vivent les soufis et ceux qui suivent la voie akbarienne jusqu'au jour où il n'y aura plus de jugement, parce qu'on en aura fini avec celui de Dieu et qu'après Dieu il n'y a rien, pas plus qu'avant ni avec Lui. Gloire à Moi ! que ma Vertu est grande !...

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  4. D'ailleurs, c'est évident, sans Lucifer il n'y aurait pas d'histoire sainte, donc pas d'histoire du tout. Le Mal est le moteur de la création, voilà tout le "secret". Aussi, le Mal même possède une partie "lumineuse" qui devra se manifester à la fin des temps, d'autant plus éclatante qu'il aura mieux joué son rôle de moteur de la création. Ainsi, Satan pardonné et réintégré dans sa réalité originelle apparaîtra d'autant plus sublime que le "drame cosmique" dont il est, avec l'Esprit saint, le principal protagoniste, aura été plus intéressant, plus dramatique. Ce n'est un "secret" pour nulle personne adulte : il faut la tension maximale (ou maximum) entre les deux opposés, bien et mal, ombre et lumière, masculin-féminin, pour que la résolution soit la plus sublime possible. Et ainsi, l'Enfer même sera "réintégré" parmi les possibilités "positives" à la fin du cycle, ce qui correspond à l'idée de "conversion" ; tandis que le Paradis, qui représente la manence, sera tout-en-tout, Présence de la Présence pour l'éternité des éternités... Parousie, par définition immuable.

    M. M.

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  5. En passant, pour montrer ma magnanimité à ceux qui m'insultent anonymement alors que je m'exprime, moi, sous mon vrai nom, je leur dirai qu'ils ne s'inquiètent pas, moi aussi je suis passé par où ils sont passés : la jalousie, l'envie envers ceux qui savent ce que j'ignore, qui ont compris ce qui me dépasse obstinément. Heureusement, j'ai dépassé ce stade, au point d'aimer passionnément ceux qui en savent plus que moi. Vous aussi, quand vous aurez un peu dépassé les "fondamentaux", vous connaîtrez la douceur de l'humilité, et vous m'aimerez. Ne vous braquez donc pas si vous avez cet horrible sentiment de n'être rien face à celui qui est Tout : demandez-moi de vous guider, et je vous guiderai. D'abord, je vous guérirai de votre principale maladie, la morale. Et je vous ferai entrer dans le royaume de la spiritualité vraie, par delà le bien et le mal, vers Celui qui réunit en Lui tous les opposés. Et mon bien-aimé, Muhammad dans les mondes et au delà, vous pardonnera vos offenses envers Moi, c'est-à-dire envers Lui. Vous voyez, tout est possible.
    A bon entendeur...

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    1. La grande différence entre eux et toi, cher Maël, c'est qu'ils possèdent aujourd'hui toute liberté de pouvoir "s'exprimer" sur internet. La haine et la vocifération sont la règle chez les nouveaux théologiens du web... On voit aisément qui sont leurs maîtres, à ces jeunes dissidents...

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    2. Bah, ça fait longtemps qu'on ne m'avait plus jeté l'anathème et cela commençait à me manquer un peu. Je craignais d'être devenu respectable ;)...

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  6. Il faut savoir que l'insulteur anonyme a posté hier soir cinq commentaires successifs, tout autant débordants de vociférations : "petit ignare", "petite merde sans succès", "musulman sataniste qui se prend pour un soufi", "catholique sataniste qui se prend pour un mystique" (ah non, ça c'est pour moi, visiblement),... Ah oui, il t'accuse d'avoir "des relents de moyen-âge", comme le ferait un abonné du Nouvel Observateur. Pour lui, on est tous satanistes, bien sûr. On devine les influences "théologiques" de notre ami lecteur.
    Chaque commentaire affirme qu'il est le dernier de la liste, mais il ne faut pas attendre longtemps pour en voir un autre arriver... Attitude typique de ces hystériques maladifs, qui surgissent tous les deux ou trois mois...
    Cher Maël, notre vociférateur est certain que tu ne maîtrises pas la langue arabe, ce qui prouve à l'évidence qu'il n'a pas lu ton "Projet ibn Barrajân".
    Comme je n'avais pas encore publié ses messages au bout d'une heure, le vociférateur s'emporte et hurle à la censure. Cela me convainc : effectivement, je vais le censurer. J'ai déjà publié ses trois premiers commentaires, et ça suffit comme ça. Il croyait sans doute être tombé sur un blog démocrate-libéral. "Je suis sûr que mes messages doivent mettre mal-à-l'aise", se rassure-t-il. Qu'il aille donc s'exprimer sur le blog de son maître LLP, s'il le peut (où, jusqu'à présent, tous les articles sont fermés aux commentaires).

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  7. Cher Laurent,

    tu as parfaitement raison, je ne connais que trop bien ce genre d'individu, que je ne m'étais plus coltiné depuis longtemps... depuis que j'ai cessé de fréquenter les forums salafistes pour essayer d'y faire entendre ma raison, ce qui remonte à... un bon paquet d'années ! J'aime bien le "petite merde sans succès" ; tu me vois courir derrière le "succès" avec mes traductions d'ibn 'Arabî... Mais quiconque est incapable d'exprimer sa "pensée" sans recourir aux insultes n'a pas sa place parmi les hommes "normaux", civilisés, comme nous. C'est clair. Tiens, je vais finir par faire une chose que je fais très rarement, je vais citer Céline :

    "Ah, que les maîtres sont à plaindre qui ne font lever autour d’eux que de telles ivraies blêmes et fades ! Ah ! rançon de la décadence ! Ah ! que labourer de telles immensités de cancres devient bien avant l’agonie, bien avant l’oubli, la plus terrible des contritions, la plus âcre des pénitences, pour toutes nos vanités, faiblesses, brèves glorioles, orgueils secrets ou pavoisants !"

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  8. Quand meme c'est fort de café que ce gars soit un arracheur de dent à tous les niveaux qu'il puisse t'atteindre ;)
    Pauvre Salim, tu fais honte à notre communauté, Mael Mathieu enfin un homme qui a couru vers la Verité à s'en perdre l'esprit! :D

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