lundi 11 novembre 2013

Trois ouvrages de combat

Trois ouvrages fondamentaux ont été publiés en ce mois d'octobre 2013.
Ce sont trois livres radicaux, poétiques et cuirassés, trois livres de guerriers mystiques en état de mobilisation totale, trois cénacles de loups garous hyper-boréens à la recherche des Grands Anciens...  

Jean-Paul BOURRE "Le réveil de Kernunos - Entretiens avec Tony Baillargeat"  (Alexipharmaque)





Jean-Paul Bourre connait parfaitement le sentier ardu et aérien de la mort. Une série d'arcanes du Tarot de Marseille se révéla à son regard durant son enfance, depuis le Roi chamanique des sources arvernes, faisant irruption dans sa chambre un matin d'hiver, jusqu'à l'Arcane 13 qui se matérialisa sous la forme d'une édition de poche des "Chants de Maldoror" posée sur la plage arrière d'une Porsche gris métallisé.      
Solidement encadré par Arnaud de l'Estoile et Luc-Olivier d'Algange, Tony Baillargeat - cinéaste dont le troisième œil est à fleur de peau - se charge de faire émerger à la surface de Jean-Paul Bourre quelques puissantes révélations sur l'envers de notre pays, sa part bénite, archaïque et tectonique, sa part sylvestre et guerrière.

"Oui, nous avions des dieux, et ce n'est pas parce que le rouleau compresseur a tout écrasé qu'ils ont disparus. Il suffit de visiter certains sites mégalithiques, ou certains lieux rattachés à une légende, encore imprégnés de l'ancienne mémoire. La charge est intacte. On peut voir des ombres se déplacer, entendre des voix venues de la lointaine histoire. Toute cette ancestralité celtique nous appelle et nous lui tournons le dos, hypnotisés par les faiseurs de miracles. Vous parlez de défendre la France en lui restituant la Gaule... Sans faire d'humour, il est vrai que l'esprit gaulois est irréductible, comme l'ont montré certaines bandes dessinées. Le mot "France" est devenu un épouvantail sans vie. La Gaule a encore ses montagnes, ses forêts, sa terre qu'on peut toucher avec les mains. Il suffirait que les terroirs réveillent les traditions locales, les croyances oubliées, nos dieux, nos protections, pour que le citoyen conscient et rebelle au système sache qu'il peut y puiser des forces, une ferveur digne des grands anciens. S'il devait y avoir une guerre de la fin, comme vous le dites, à cause des excès et des dérapages de la mondialisation, nous aurons sûrement besoin de ce retour aux forêts, sur le mode de la survie, mais aussi de l'organisation, car il ne s'agit pas de crever comme des rats mais de reconquérir ce qu'on nous a volé, une terre, une mémoire, une histoire. Que fait l'homme libre face à un despote ? Il lui promet le plus haute branche d'un chêne. C'est cet état d'esprit que nous avons perdu. Malgré tout le sang qu'ils ont sur les mains, on les voit venir parader à la télévision, impunis, comme dans le plus mauvais cauchemar. Il y a encore de solides branches dans nos forêts gauloises". 

Car il s'agit bien de cela : une France cachée derrière la France... Kernunos, le seigneur des forêts gauloises, est sur le point de se réveiller tout à fait. Il saura bien déchiqueter tous les tenants de la modernité dissolvante, aussi bien ceux qui sont aux rênes de la "république" que les prétendus dissidents vociférateurs complotisto-puritains : tous sont loin d'imaginer ce que la Gaule cache dans ses replis humides et sauvages.

Achat sur Alexipharmaque :
http://alexipharmaque.net/catalogue-general/le-reveil-de-kernunos-jean-paul-bourre


Andriy VOLOSHYN "INSHA IMPERIUM" (Ed. Bukrek)

 
 
Andriy Voloshyn est un de ces européens d'élite, qui bâtissent une vision métaphysique de l'Eurasie vivante et agissante à la lumière d'une poésie autant exigeante qu'impitoyable. Traducteur de Pound en ukrainien, ses vers sont des déflagrations nucléaires de beauté archéofuturiste, des schrapnells  de particules hyper-lumineuses à autoguidage direct.
 
ДЕРЖАВА                                                                         KINGDOM
Діамантовий Дніпро,                                                        Diamond Dnieper,
Далекий дзвін досконалості,                                            Perfection of far bell
Дороґа додому...                                                                The road home...

Achat sur Amazon :


Adrien Weber "Ne me touchez pas" (auto-édité)


Voici un "Traité métaphysique pamphlétaire", selon les propres mots de l'auteur. 
Adrien Weber y dissèque la modernité en entrecroisant les outils de Parménide et de Marc-Edouard Nabe, c'est-à-dire en introduisant l'Etre au cœur de la Jérusalem Céleste, muant ainsi l'autopsie dissectrice en exorcisme lyrique et jubilatoire.
Après une première partie consacrée à l'exposé philosophique de sa méthode innovante, la seconde en livre les résultats par l'analyse dynamique de phénomènes tout à fait contemporains.
Exemple :
 
"Et alors le mariage gay ? Moi je vais vous dire, ça existe depuis longtemps déjà, ça s'appelle le mariage à la mairie. C'est-à-dire le mariage entre deux consciences en soi, et non pas entre deux consciences polarisées sexuellement par la présence ou non d'âme. Au passage, c'est ainsi que je suis tout à fait d'accord avec Otto Weininger, je partage ses conclusions au seul détail que je pose les termes du problème en sens inverse : c'est la femme qui a une âme et l'homme qui n'en a pas. De ce fait, seul l'homme peut faire preuve d'héroïsme et de génie, par l'impulsion de sa recherche de l'âme, tandis que la femme, déjà pourvue d'une âme, s'accommode parfaitement de la médiocrité du monde visible.
Les gays ne sont pas homosexuels car ce sont deux individus asexués, deux consciences qui se gouinent. Pour être homosexuel, encore faut-il être sexualisé.
Ce que sont les gays, la raison cruciale de leur apparition très récente, c'est qu'ils sont la révélation visible de cette désexualisation. En vérité, la plupart des couples, depuis longtemps et de plus en plus, sont gays même quand ils sont composés en apparence d'un homme et d'une femme. Dans le visible, ils sont un homme et une femme, mais dans l'invisible, ils sont deux consciences asexuées, deux bourgeois. Tous les couples bourgeois sont gays, qu'ils soient composés de deux individus de même sexe ou non ne fait aucune importance. Un couple composé d'un homme et d'une femme, s'ils sont bourgeois, est gay, car ils ne sont que deux consciences qui s'unissent.
La désexualisation ne se voit pas tant que ce sont un homme et une femme qui sont mariés, pour qu'elle se voie, il faut qu'elle passe par deux individus de même sexe. Le mariage gay, c'est la désexualisation qui s'accomplit pleinement dans le visible".   

Tout le reste est à l'avenant.

Site de l'auteur :
http://www.adrienweber.fr/

3 commentaires:

  1. Je réagis avec un peu de retard car je n'avais pas vu qu'il y avait à réagir ; cependant, parce que je trouve cette analyse du "mariage gay-bourgeois" tout à fait pertinente, je peux d'autant moins passer sur ce qui ne l'est pas, à savoir l'idée métaphysiquement absurde que l'homme - ou la femme - serait "sans âme". Il y a là une confusion manifeste entre l'âme et l'intellect, doublé d'un dualisme qui constitue une erreur métaphysique grave. D'abord, tout homme de Tradition le sait, c'est par rapport à l'intellect, non à l'âme, que se définit la polarisation masculin-féminin ; ou plutôt, celle-ci n'est rien d'autre que la polarisation intellect-âme. Par suite, il n'y a pas d'être humain absolument dépourvu d'intellect ou d'âme - à part les salauds et les crétins, dont on peut se demander s'ils sont vraiment "humains" -, seulement des individus "polarisés" psychiquement ou intellectuellement. Par suite, tout le passage lyrique sur l'homme à la recherche de l'âme s'effondre comme un échafaudage grotesque : ce qu'il faut dire c'est que l'héroïsme masculin prend sa source dans une proximité naturelle avec l'Intellect, c'est-à-dire avec l'Esprit, qui est bien autre chose que l'âme, et sa "recherche" est celle de sa propre essence, c'est-à-dire de cet Intellect qu'il ne chercherait même pas s'il ne le possédait pas déjà. Au contraire, l'héroïsme féminin, qui existe aussi, prend sa source dans l'âme ; mais l'âme, par essence, cherche à ressembler à l'Intellect... d'où l'aspect "asymétrique" des relations sexuelles (ou plutôt sexuées). Nous sommes donc bien d'accord que là où cette asymétrie n'est pas, on a affaire non pas même à des homosexuels, mais à des "gays", c'est-à-dire à des individus bourgeois asexués etc. Nous sommes d'accord, mais pas pour les mêmes raisons. Celles de M. Weber sont métaphysiquement inexactes, il devrait relire Platon ou la "Métaphysique du sexe" d'Evola.

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  2. Bonjour à vous M. Mathieu,

    Je ne relirai pas Platon ni Evola : il me faudrait les avoir déjà lu pour ça ! Je suis un profane carabiné, et mes notions de métaphysiques se résument à quelques pages de Guénon, feuilletées du bout des doigts, et aux conférences de Laurent James.

    Que je sois métaphysiquement inexact, cela je ne peux le comprendre que par des querelles de termes, qui seraient mal employés ou suremployés selon mon bon vouloir lyrique.

    J'essaye d'approcher dans tout le livre ce que l'on pourrait nommer, peut-être abusivement ou absurdement à vos yeux, la "Vérité", tel que Léon Bloy ne se privait pas pour la nommer, et j'en jette ce que j'en trouve dans ce qui me passe sous la main pour voir les dégâts.

    Vous m'accusez de commettre l'erreur du dualisme, je ne crois pas être dualiste, encore faudrait-il exactement que je sache ce que c'est.

    Je pose trois termes dans mon équation, ici, car c'est un extrait, il n'en est présent que deux, ce sont l'âme et la conscience, mais le lecteur du livre aura forcément à l'esprit le troisième, qui est l'Être. Ainsi, je crois bien être moniste. Mais on ne peut pas en juger sur ce passage.

    En tout cas votre point de vue métaphysique très pointu m'intéresse absolument. Si vous le voulez-bien, je vous envoi avec grand plaisir un livre, et vous me direz si je suis perdu dans une subjectivité théoricienne intenable, pour peu que je ne vous sois pas tombé des mains de dépit par une trop grande suite d'impairs !

    Voici mon adresse mail, pour me communiquer la votre de postale : adrienweber@yahoo.fr

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  3. Ok pour le livre. J'ai répondu plus longuement en privé. Je me bornerai à dire ici : lisez "Métaphysique du sexe" d'Evola, puisque vous ne l'avez pas lu ! Lisez-le avec candeur et humilité, cela comblera déjà pas mal de vos lacunes. Après on pourra reparler de tout cela sur de meilleures bases. (N.B. Le livre d'Evola est bien plus qu'un ouvrage sur le sexe !)

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