mercredi 15 mai 2013

L’ECURIE REPUBLICAINE


Il arrive que la ville de Paris soit au centre de quelques terribles prodromes de la Révolution Spirituelle des Temps de la Fin.
C’était le cas le 23 novembre dernier. Après l’absoute de toute beauté de la tombe de Jean Parvulesco placée sous l’égide de Notre-Dame des Armées, une certaine plate-forme insurrectionnelle de contre-subversion géopolitique totale fut instaurée au premier étage de la brasserie « Chez Jenny », située en l'un des endroits les plus négativement chargés de Paris : l'ancienne porte du Temple, laquelle menait jadis à l'enclos hors-les-murs des Templiers, et aujourd’hui ignominieusement souillée par un monument dressé à la gloire putrescente de la République. Cette brasserie, véritable égrégore pour ceux qui en connaissent les arcanes historiques, a ainsi été ce jour-là le cadre d’une offensive théologique sans retour contre l’Occident.


D’autres contre-feux vont à nouveau s’allumer durant le week-end prochain. Après l’évocation par Alexandr Dugin et Constantin Parvulesco du rôle politico-eschatologique que doit aujourd’hui remplir le chrétien dans la cité, le métaphysicien russe sera le lendemain aux côtés d’Alain de Benoist et de moi-même pour évoquer certaines notions fondamentales de l’Eurasisme. Ce dernier événement se passera dans le sixième arrondissement de Paris, c’est-à-dire en plein territoire ennemi.





Le dimanche 26 mai, il paraît qu’une énorme manifestation est prévue pour lutter contre le mariage des pédés.
Cela sera une manifestation merveilleusement inutile, puisque le texte de loi est passé. Mais le sentiment de l’inutilité radicale de toute action doit justement constituer le tréfonds mental du révolutionnaire des derniers temps, car c’est le moteur du Désespoir, et lui seul, qui permettra de déchirer l’Ennemi – cet Ennemi Eternel, provisoirement incarné en 2013 par l’abjection crasseuse, luciférienne et bestiale du sourire de Moscovici.



Le 23 mars 1885, Léon Bloy publiait en première page du PAL son texte « La République des Vaincus ». Permettez-moi d’en citer quelques paragraphes :

"Elle a quinze ans aujourd’hui, notre République, et elle a l’air d’avoir quinze siècles.
Elle paraît plus vieille que les Pyramides, cette pubère sans virginité, tombée du vagin sanglant de la Trahison.
La décrépitude originelle de cette bâtarde de tous les lâches est à faire vomir l’univers. Jézabel de lupanar, fardée d’immondices, monstrueusement engraissée de fornications, toute bestialité de goujat s’est assouvie dans ses bras et elle ressemble à quelque très antique Luxure qu’on aurait peinte sur la muraille d’un hypogée.
[…]
Mais la débâcle de 1870 ne fut qu’une démonstration expérimentale de notre inguérissable sanie.
- Tu es pourrie, ma chère fille, avait dit une voix maternelle, et la première patte bestiale qui s’est avancée contre la reine des nations l’a rendue fluente comme le cadavre de ce vieux sodomite empoisonné par son vice que je vis un jour porter en terre et qui déferlait sinistrement dans sa bière, avec un clapotis de futaille secouée et d’irrévélables suintements noirs !... 
Au fait, ne sommes-nous pas tous devenus des sodomites, à l’heure présente ? de fervents et convaincus enfants de Sodome ? Interrogez Catulle Mendès, M. Mermeix, le giflé au bureau restant du journal la France, et les autres moralistes bien informés.
Dix à l’Académie française, cinquante au moins au Sénat, quatre cent soixante-dix-sept à la Chambre des Députés, trente-neuf au Conseil municipal, presque toute la Magistrature, le Notariat, l’Enregistrement, la Finance, la Presse, le Commerce, l’Armée de terre et de mer et l’innombrable cohue administrative.
Si mes chiffres étonnaient par trop les optimistes et qu’il devînt absolument nécessaire de les justifier, je livrerais les noms sur trois colonnes : Actifs, Passifs et Cumulards.
Je pourrais nommer un chef de service d’une de nos grandes Compagnies de chemins de fer, qui n’admet dans ses bureaux que des employés de la plus docile humeur et qui est arrivé ainsi à la création du plus invraisemblable et du plus joyeux de tous les haras.
[…]
Et le peuple de Paris, cet immense vivier où se jouent dans de vertes vagues, les Mielle, les Gamahut, les Soulier et la multitude anonyme de leurs congénères, dont les quatre-vingt-dix-neuf centièmes, pour le moins, échapperont toujours à la nasse impuissante de la police ?
Et les infinies inscriptions murales ? Et l’impossibilité imminente d’entrer dans un urinoir public ? C’est à se demander par quel miracle il se fait encore des enfants.
D’innombrables mains curieuses et moitement hésitantes errent continuellement dans Paris, l’air en est rempli et c’est à peine si l’on parvient à dérober toute sa personne à leurs suggestifs palpements.
[…]
Veut-on un bilan, un léger fusain de bilan social ?
Voici :
Deux ou trois millions d’ouvriers sans travail et sans pain et la guerre des mercenaires à courte échéance ;
A peu près autant de prostituées par désespoir ou par vocation, mettons deux millions d’inassouvissables vulves sur l’Aventin, pieuvre infinie et toujours pullulante qui menace de soutirer toute la production opportuniste ;
Les possesseurs de la terre et les capitalistes, retranchés, barricadés dans la forteresse du plus immonde et du plus inexorable égoïsme ;
La jeunesse écartée de tout, reléguée au plus loin du râtelier, dans l’écurie républicaine, et forcée de pâturer la litière des rosses antiques attelées au tapecul d’une civilisation qui méprise sa vigueur ;
Les enfants élevés dans la générale crainte de ne point arriver au maréchalat du maquerellage ou de la prostitution ;
La seringue Pravas, démesurément grandissante et déjà pareille au Béhemot dévorateur de la fin des fins, planant sur les femmes dont elle devient l’Idole sans rivales, l’Idole unique et très chère, eucharistiquement adorée !
Au fronton, une mixture présidentielle d’Harpagon et de Prudhomme curulaire, pagode occidentale, vespasiennement accroupie sur des excréments d’or.
A ses pieds, l’indicible fripouille gouvernante des voleurs, des faussaires, des agioteurs, des saltimbanques et des inexpugnables crétins par lesquels M. de Bismarck est l’empereur des Français ;
Au-dessous, la colonnade phallique des fonctionnaires publics, innombrables complices résignés de cette architecture de dégoûtation ;
Plus bas, s’il est possible, le mur de soutènement du Clergé, masse étonnamment friable de médiocrité, de bassesse, de lâcheté ou d’infamie, rendue moins consistante encore par le mélange de quelques rares silex de vertu ;
Enfin, dominant tout, flottant dans l’azur, claquant dans les vents, les torcheculatives oriflammes de la littérature contemporaine.
Tel est, en aussi peu de mots que possible, le véridique bilan de la société française en l’an quinzième de la République des Vaincus. "


Aussi, je vous demande d'être également des nôtres ce dimanche à Paris, pour cette marche qui sera, non pas une manif contre le mariage gay, mais l'étape dada-bloyenne d'un combat métaphysique contre l'Ecurie Républicaine.

5 commentaires:


  1. «Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
    Le rut des Béhémots et les Maëlstroms épais,»

    Arthur Rimbaud

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  2. Bonjour laurent,magnifique ces conférences,j'aimerais savoir si elles seront mises en ligne ou pas?
    L'homme vertical,c'est la droiture,une figure saine,solaire,bien droite comme un menhir,comme un sceptre royal,comme une épée.Nous sommes de sentinelles impériales et portons notre empire cosmique en nous,dans n'importe quel situation,meme quand le contexte nous est hostile.
    "Le libéral est mécontent de tout régime;l'anarque en traverse la série,si possible sans jamais se cogner,comme il ferait d'une colonnade.C'est la bonne recette pour qui s'intéresse à l'essence du monde plutot qu'à ses apparences,le philosophe,l'artiste,le croyant".Ernst Junger Eumeswill(1977).A mort l'occidentalisme atlantiste,vive le futur grand Royaume Eurasien inscrit de toute éternité dans les cieux qui ne tardera pas à jaillir comme la lave d'un volcan en éruption.
    Bien à toi Laurent.
    Nordine.

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  3. La conférence sera filmée, si on en croit des internautes sur l'évènement facebook.

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  4. 1789 les sans culott
    2013 les sans couilles

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