lundi 30 décembre 2013

Abd-el-Karîm al-Jîlî "De la Torah"

Il est important de célébrer en cette fin 2013 le retour du site de la Ligue des Intellectuels Musulmans de Bételgeuse et de Sirius (Limbes), que nous attendions avec soif depuis des années.
Parmi les perles d'intelligence que présente déjà ce site, je vous prie d'apprécier la première traduction jamais faite d'un chapitre important du "Livre de l'Homme Universel" d'al-Jîlî, célèbre baghdadi akbarien du XIVè siècle.
 

http://www.limbes2.blogspot.be/2014/08/de-la-torah.html


 
(cliquez sur le dessin)

vendredi 27 décembre 2013

La Libre Panse fait un bide

 




« Tierce fois, c’est droit » (proverbe gaulois)

Salut Salim, ça va ? Oui, ça se voit que tu vas bien. Je suis content pour toi. Toujours droit dans tes bottes, Salim ! L’œil aux aguets, totalement imperturbable, impassible face à l’adversité, raide comme un mât de misaine contre vents et marées ! Tous les arguments sérieux concernant tes méthodes détestables et tes incohérences de fond, tu t’en tamponnes le coquillard avec superbe, je dois bien l’avouer ! Tu insultes les musulmans de France parce qu’ils ont voté socialiste, alors que tu as appelé à voter Vauzelle aux Régionales en 2010. Silence… Tu leur aurais même demandé 157450 euros de subvention ! Je répète un peu pour ceux qui n’ont pas suivi… Chut ! Silence… Tu préfères dire qu’on est tous des satanistes, je te comprends… Tu dis que tu viens juste de découvrir « KO et autres contes » de Nabe, alors qu’en septembre tu prétendais connaître ce livre ? Chut… En 2011, tu me défendais face aux gens qui m’attaquaient, tu citais Ernest Hello, Léon Bloy et Nabe, et un an et demi plus tard, c’est fini ! Tu te souviens, tu commençais tes conférences en disant que Nabe était le plus grand écrivain de France, tu distribuais des tracts dans les réunions musulmanes des Quartiers Nord, Nabe, Nabe, partout, tout le temps !... Tu te renies complètement en moins de deux ans, l’ami ! Alors maintenant Nabe serait devenu totalement incompétent pour parler de Céline ? Il est vrai que par rapport aux tiennes, d’analyse, où, pour juger de la qualité des pamphlets, tu comptes le nombre de fois que Céline utilise le terme « franc-maçonnerie », Nabe ne fait pas le poids…

Autre chose (j’insiste un peu) : tu as été l’un des pires anti-kadhafistes de France, tu as appelé publiquement au meurtre de Kadhafi, tu avais écrit en février 2011 : « Cette pourriture doit crever de la pire des manières, et vite » ! Et aujourd’hui, tu relaies une vidéo de Kemi Seba qui s’en prend à un ministre sénégalais, parce que ce dernier a par le passé durement critiqué Muamar al Kadhafi. Et toujours, droit dans tes bottes ! Et tu oses parler de chutzpah à mon propos ? Mais tu te fous complètement de ma gueule ?

Bon enfin tout ça, c’est pas grave. Il est vrai, comme je disais, que c’est bien plus facile de traiter tout le monde de sataniste, comme ça l’affaire est jouée. Bloy ? C’est sataniste ! Tu le places dans la même liste que Gilles de Rais et le chanteur des Lost Prophets, qui ont tous deux violé et tué des enfants, alors que Bloy en a perdu deux… Monstre d’imbécillité que tu es… Tiens, tu as un argument amusant à propos de Bloy, dans un de tes billets :

« À noter également que L. Bloy s’est fâché avec Huysmans car ce dernier l’a repris en tant que personnage dans Là-bas, ce qui rendit Bloy fou de rage ! À Quéquette (Laurent James) maintenant de nous expliquer ce que fait Bloy dans un roman sataniste extrêmement violent et meurtrier fréquentant des psychopathes dangereux ? Sachant, comme expliqué dans la conférence, que les personnages du livre sont tous réels et leurs faits crapuleux avérés ».

Pour que tu comprennes un peu, je vais reprendre ton paragraphe, mais dans un contexte tout à fait contemporain. « A noter que La Libre Panse s’est fâchée avec Nabe car ce dernier l’a repris en tant que personnage dans L’Homme qui arrêta d’écrire, ce qui rendit La Libre Panse folle de rage ! A Quéquette (L. James) maintenant de nous expliquer ce que fait La Libre Panse dans un roman extrêmement précis fréquentant le fleuron de la néfaste nullité contemporaine ? Sachant que les personnages du livre sont tous réels et leurs faits crapuleux avérés ». Tu vois, Salim, comme ça peut être énervant et injuste de se voir repris comme personnage de roman…

Alors, Bloy ? C’est sataniste ! Artaud ? C’est sataniste ! (t’en a mis, du temps, à lire sa fiche Wikipedia !) Jean-Paul Bourre ? C’est sataniste ! Le Vatican ? C’est sataniste ! Le McDo ? C’est sataniste ! Ah oui, ça c’est vrai par contre, alors pourquoi c’est là où tu invites tes conférenciers, Salim ?
Bloy, Artaud, Théophile Gautier, Victor Hugo,… Bientôt Baudelaire, Rimbaud, Lautréamont,… Au fond, tu es comme ces racailles qui débarquent d’Algérie pour chier sur la culture française. Je me demande comment les nationalistes français peuvent t’admettre cinq minutes à leurs côtés. C’est pour ça que ça se passe mieux avec les nationalistes belges. Du moins, pour le moment… Jusqu’à ce que tu te penches un jour sur les fiches Wikipedia de Emile Verhaeren ou Simenon, pour en déduire que ce sont des… satanistes.
 
Bon, j’en viens à ton article du 21 décembre : « Le pathétique Quéquette en service commandé… » Je serai très bref. Je résume les faits. Tu vas faire une conférence à l’Université Hadj Lakhdar de Batna, en Algérie. Le même jour de ta conférence, je publie ma vidéo « Le barde gaulois Laurent James s’adresse au Libre Penseur ». Je te jure que je l’ai pas fait exprès… Ca a dû t’énerver, quand même, que je perturbe ta journée de retour aux sources… Retour à quoi, au fait, exactement ? Tu sais Salim, j’en connais qui se sont décidé à te placer sur leur table de dissection, ils te dissèquent membre après membre. A ton tour, un peu, Salim, de te faire charcuter !
 


Le 3 décembre, l’un des organisateurs de ta conférence, Mahieddine Islam Belaïd, me contacte par e-mail pour me faire part de son état d’esprit quant à mon travail, et également quant à ta conférence. Un e-mail où il me dit que tu es « incohérent, rustre, vulgaire, confus, vaniteux, immature ». Lorsque j’ai relayé sur Facebook et le blog de Parousia que ce jeune homme avait utilisé les termes « ignoble, mensonger et nul », c’était effectivement une très grosse erreur, voilà pourquoi je les ai ôtés pour les remplacer par le simple vocable « nul ». Mahy Belaïd ne m’en voudra pas de citer ces quelques mots, à propos de ta conférence proprement dite : « Pour les 5 ou 6 médecins présents, c’est un fou hystérique et inculte. Mon père qui est médecin m’a envoyé un message pendant la conférence en me disant : « Je ne veux pas gâcher la conférence que tu organises, mais je dois y aller, sinon je risque de le rosser » ».

Que l’on se comprenne : je reçois cinq à dix messages par jour de cette trempe, me donnant quantité d’informations sur la qualité de tes diverses prestations. Mais tu avoueras que de la part d’un organisateur de conférence, c’est une première !

Je comprends que ça te tienne à cœur, ces histoires de conférences qui commencent à foirer. Tu sais, j’ai des amis partout à Marseille. Il paraîtrait qu’il y a moins de clients, en ce moment, dans ton cabinet de dentiste ? Les gens savent un peu qui tu es maintenant, tu m’étonnes… Le Docteur Laibi, on veut bien se marrer un bon coup en allant voir ses confs, mais se faire soigner les dents, c’est autre chose !... Moi en tout cas, j’irais pas me faire soigner chez un Docteur qui ignore qu’une vitesse élevée au carré n’est plus une vitesse. Je les comprends, les mecs.

Tu te demandes quelle est la raison pour laquelle ta conférence de Batna serait la première où il y aurait eu des problèmes ? Moi j’ai une petite idée : il est possible que dans leur ensemble, les Algériens soient un peu moins conditionnés par internet qu’en France ou en Belgique, il est possible qu’ils soient un peu plus proches du réel, du coup la victoire de la pensée purement internaute du Troll Salim n’est pas forcément acquise par avance. Tu t’es peut-être comporté avec les Algériens de Batna comme avec les Maghrébins du Marché de Noailles, avec un peu trop de condescendance : attention les mecs, le Docteur arrive de France, laissez-moi parler. Et tu dis que c’est moi, le colon ? Tu te plains que j’imite ton accent ??? Oh, comme je suis méchant avec toi, Salim… Tu vas pas appeler la Halde, quand même ?

Je vais laisser la parole au premier concerné, à savoir Mahy Belaïd. Toi qui passes ta vie à scruter Facebook, tu as dû voir les deux mises au point opérées par cet homme en réaction à ta chiure de texte. C’est bien simple : il confirme sans aucune ambiguité que tout est faux, à commencer par le titre (je n’ai jamais été en service commandé, sachant que je n’ai parlé à Nabe de cette affaire que le jeudi 19 décembre, et que ça ne l’intéressait absolument pas, étant donné qu’il a bien d’autres choses beaucoup plus riches à travailler), ainsi que toute la partie du texte en gras, qui affirme que je voulais la propriété de la vidéo de ta conférence, et que je voulais corrompre Belaïd avec l’autographe de Nabe. D’abord, qu’est-ce que j’aurais bien pu foutre avec la vidéo de ta 3458è conférence ? Ensuite, Mahy Belaïd est beaucoup plus fin et intelligent que cela. Ce qui l’intéresse, chez Nabe, c’est qu’il lui a fait découvrir Anthony Braxton ! Tu vois, on est loin de tes petites combines pourries.

Pour en revenir à ton texte, le titre et une bonne partie sont donc de pures et simples diffamations publiques, attestées par le témoignage d’un tiers, Mahy Belaïd. Tu en tires les conclusions que tu veux, mon ami Salim… Tu écris « J’invite toutes les personnes contactées par Laurent James de me joindre via mon courriel pour avoir la vraie version des événements qu’il essaie maladroitement de modifier pour me nuire ». Tu es sûr que c’est moi, le maladroit ? D’abord je rappelle que je n’ai contacté personne. Et dites, monsieur le Docteur, si les personnes veulent avoir la vraie version des événements, elles ont le droit de contacter Mahy Belaïd, aussi, même si c’est un batnéen sans importance ? D’ailleurs, il paraît que tu ne réponds plus à ses e-mails, à Belaïd. Il n’a plus le droit de discuter avec toi ?

Et bien, je lui donne la parole.
Première mise au point :
 
Deuxième mise au point :
Addendum : réaction de Mahy Belaïd au texte de Salim Laïbi sur Antonin Artaud
- Le chaos, c’est quand n’importe quoi, n’importe qui bénéficie d’une tribune. Internet, c’est une somme désordonnée et neutre, flux ininterrompu de toutes les libertés, donc, flux ininterrompu du néant. Tout cela menant à la suppression de l’autorité. Le règne de la domination illégitime. Le plus faible gagnera, le plus con sera écouté et suivi, le plus gros pourra utiliser une voiture et arriver le premier, tout fout le camp ! La bassesse, la faiblesse, la confusion et l’inconstance se placent en haut. Exemples : Abdel Raouf Dafri, Houria Bouteldja ou dans une moindre mesure : L’émérite Docteur en dentisterie, Salim Laïbi.
- Salim Laïbi, je tiens à te dire ceci : « Il nous faut renouer avec nos valeurs, il nous théoriser l’Islam pour qu’il soit efficace, qu’il soit un générateur de forces communes durables et inaltérables, il nous faut un plan, des moyens, des armes, il nous faut de la détermination, de l’abnégation, LE SACRIFICE ! Il nous beaucoup de choses, ce que tu fais ces derniers temps, c’est le pain et les jeux. T’arraches quelques dents, tu manges, tu te reposes et tu fais une vidéo. C’est bien, tu fais le bien, comme moi, parfois, donnant 10 dinars à un mendiant. Comparer ça à une production intellectuelle, c’est un peu osé, non ? Ton livre, compilation de faits avérés, c’est quelque chose, c’est bien, c’est un effort. Mais ça n’est que ça, il ne faut donc pas la ramener et te lancer dans autre chose que l’arrachage de dents ou les commentaires. Tu as récemment écrit un article sur Antonin Artaud. Tu l’as lu Artaud ? Sais-tu que « Pour en finir avec le jugement de Dieu » va à l’encontre de la doctrine luciférienne maçonnique ? Sais-tu qu’il a révolutionné le théâtre ? Sais-tu qu’il a parfaitement identifié le déterminisme dans lequel tu te noies ? Sais-tu que s’il était encore vivant aujourd’hui, il t’aurait mis en scène, il t’aurait changé en dissident authentique porteur d’un projet ? Sais-tu qu’il croyait en un idéal et qu’il le désirait plus que tout au point de refuser toute compromission, au point de devenir fou ? Sais-tu qu’il s’est tué au travail pour nous, les imbéciles, les bêtes, les aveugles ? Tu ne le sais pas, puisque c’est wikipédia qui te la dit. Tu n’as pas appris dans la souffrance, ça se voit. Tu lis comme tu manges, tu chantes comme tu parles, tu insultes comme tu ronfles. Peut-on seulement imaginer une seconde Bennabi jouant à l’inquisiteur ? Jamais ! Malek Bennabi nous apprend que l’esprit oriental est connu pour utiliser la Chose et la Personne pour atteindre l’idée. L’idée ! Bennabi n’est pas intéressé par la personne, ni par la chose, il veut réaliser l’idée. En ce sens, Attali et BHL sont beaucoup plus honorables, ils veulent asseoir leur idéologie par tous les moyens possibles. Ils ne pensent qu’à ça, ils ne dorment pas. Toi, tu utilises les idées des autres, tu utilises les personnes sur le net pour la chose. Ta chose à toi, c’est la popularité, tu désires ardemment être aimé. C’est bien, mais ça se voit, et, comme tu le dis souvent, ce n’est pas sérieux. On t’aime Salim, nous t’aimons nous les algériens, parce que l’on te comprend, mais, parfois tu fais de petits caprices, tu couines et on est là pour te le rappeler. En conclusion, je te conseille de conseiller aux personnes qui te suivent de se déconnecter pour aller lire, vivre, réfléchir aux moyens de rétablir l’ordre, enfin le rétablir par un acte sacrificiel.»


Addendum n°2 (30 décembre 2013)
Fidèle à la tradition chevaleresque du droit de réponse, que Parousia pratique depuis le début de son existence en publiant tous les commentaires envoyés, même ceux qui me sont le plus hostiles, je vous laisse découvrir ci-dessous la réponse que Salim Laïbi, dans son style qui lui est propre, vient enfin de donner à mes interrogations :

http://www.lelibrepenseur.org/2013/12/27/en-reponse-aux-diffamations-de-laurent-james-et-sa-cour-des-miracles/

Ma cour des miracles et moi-même l'attendons de pied ferme, avec une détermination difficilement compréhensible pour un homme habitué à provoquer "une descente d'organe suivie d'une quasi dépression nerveuse" chez ses adversaires. Le principe de l'intimidation judiciaire est terminé. Hardi, petits !
 
 
 

vendredi 20 décembre 2013

jeudi 28 novembre 2013

Le barde gaulois Laurent James s'adresse au Libre Penseur

 


Note
Mahy Belaïd est une des personnes qui a invité Salim Laïbi à donner une conférence à l'Université Hadj Lakhdar de Batna, le jour même de la mise en ligne de cette vidéo. Salim s'est avéré être tellement nul, que Mahy m'a immédiatement contacté pour me féliciter, avant de relayer mes deux vidéos sur son compte Facebook ! Tout commence à se clarifier, on avance... Ce n'est que le début, mon ami, ce n'est que le début...
 
 

mercredi 27 novembre 2013

Webisode n°11 - Jean Parvulesco "Saint Maximilien Kolbe, et nos actuels combats de libération continentale"


 
Ce texte se trouve dans "Le Retour des Grands Temps".
J'aimerais illustrer la thématique du sacrifice (mise en lumière dans la première partie du texte), avec cette homélie du Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine donnée le Vendredi Saint 2013, en l'Eglise Saint-Vincent de Paul à Marseille.
Homélie combattue, sans surprise aucune, par tous les ratés de l'époque contemporaine : les artistes complexés, les marcheurs pleins d'écorces mortes, les néo-païens armés, les sédévacantistes, les musulmans complotistes, les juifs cosmopolites, les athées cyniques, les journalistes, les ésotéristes libertaires et les libres penseurs : balayez toute cette merde, foutez-moi tout ça dans un trou, et qu'on n'en parle plus. 


 
 

mercredi 20 novembre 2013

Webisode n°10 - Platon "Politique" [extrait]

Le dixième webisode de notre série "Verbes Spirituels" laisse la parole à l'Etranger platonicien, qui explicite à Socrate le principe du déchet cosmique, en quoi consiste le règne de Kronos, l'origine du langage des oiseaux, l'articulation entre l'Age d'Or et l'Age d'Argent, et l'avènement de la Parousie ("le démiurge revient s'asseoir près du gouvernail, remet d'aplomb ce qui a souffert et ce qui a été détruit au cours de la révolution antérieure du monde livré à lui-même").
  
 

mercredi 13 novembre 2013

lundi 11 novembre 2013

Trois ouvrages de combat

Trois ouvrages fondamentaux ont été publiés en ce mois d'octobre 2013.
Ce sont trois livres radicaux, poétiques et cuirassés, trois livres de guerriers mystiques en état de mobilisation totale, trois cénacles de loups garous hyper-boréens à la recherche des Grands Anciens...  

Jean-Paul BOURRE "Le réveil de Kernunos - Entretiens avec Tony Baillargeat"  (Alexipharmaque)





Jean-Paul Bourre connait parfaitement le sentier ardu et aérien de la mort. Une série d'arcanes du Tarot de Marseille se révéla à son regard durant son enfance, depuis le Roi chamanique des sources arvernes, faisant irruption dans sa chambre un matin d'hiver, jusqu'à l'Arcane 13 qui se matérialisa sous la forme d'une édition de poche des "Chants de Maldoror" posée sur la plage arrière d'une Porsche gris métallisé.      
Solidement encadré par Arnaud de l'Estoile et Luc-Olivier d'Algange, Tony Baillargeat - cinéaste dont le troisième œil est à fleur de peau - se charge de faire émerger à la surface de Jean-Paul Bourre quelques puissantes révélations sur l'envers de notre pays, sa part bénite, archaïque et tectonique, sa part sylvestre et guerrière.

"Oui, nous avions des dieux, et ce n'est pas parce que le rouleau compresseur a tout écrasé qu'ils ont disparus. Il suffit de visiter certains sites mégalithiques, ou certains lieux rattachés à une légende, encore imprégnés de l'ancienne mémoire. La charge est intacte. On peut voir des ombres se déplacer, entendre des voix venues de la lointaine histoire. Toute cette ancestralité celtique nous appelle et nous lui tournons le dos, hypnotisés par les faiseurs de miracles. Vous parlez de défendre la France en lui restituant la Gaule... Sans faire d'humour, il est vrai que l'esprit gaulois est irréductible, comme l'ont montré certaines bandes dessinées. Le mot "France" est devenu un épouvantail sans vie. La Gaule a encore ses montagnes, ses forêts, sa terre qu'on peut toucher avec les mains. Il suffirait que les terroirs réveillent les traditions locales, les croyances oubliées, nos dieux, nos protections, pour que le citoyen conscient et rebelle au système sache qu'il peut y puiser des forces, une ferveur digne des grands anciens. S'il devait y avoir une guerre de la fin, comme vous le dites, à cause des excès et des dérapages de la mondialisation, nous aurons sûrement besoin de ce retour aux forêts, sur le mode de la survie, mais aussi de l'organisation, car il ne s'agit pas de crever comme des rats mais de reconquérir ce qu'on nous a volé, une terre, une mémoire, une histoire. Que fait l'homme libre face à un despote ? Il lui promet le plus haute branche d'un chêne. C'est cet état d'esprit que nous avons perdu. Malgré tout le sang qu'ils ont sur les mains, on les voit venir parader à la télévision, impunis, comme dans le plus mauvais cauchemar. Il y a encore de solides branches dans nos forêts gauloises". 

Car il s'agit bien de cela : une France cachée derrière la France... Kernunos, le seigneur des forêts gauloises, est sur le point de se réveiller tout à fait. Il saura bien déchiqueter tous les tenants de la modernité dissolvante, aussi bien ceux qui sont aux rênes de la "république" que les prétendus dissidents vociférateurs complotisto-puritains : tous sont loin d'imaginer ce que la Gaule cache dans ses replis humides et sauvages.

Achat sur Alexipharmaque :
http://alexipharmaque.net/catalogue-general/le-reveil-de-kernunos-jean-paul-bourre


Andriy VOLOSHYN "INSHA IMPERIUM" (Ed. Bukrek)

 
 
Andriy Voloshyn est un de ces européens d'élite, qui bâtissent une vision métaphysique de l'Eurasie vivante et agissante à la lumière d'une poésie autant exigeante qu'impitoyable. Traducteur de Pound en ukrainien, ses vers sont des déflagrations nucléaires de beauté archéofuturiste, des schrapnells  de particules hyper-lumineuses à autoguidage direct.
 
ДЕРЖАВА                                                                         KINGDOM
Діамантовий Дніпро,                                                        Diamond Dnieper,
Далекий дзвін досконалості,                                            Perfection of far bell
Дороґа додому...                                                                The road home...

Achat sur Amazon :


Adrien Weber "Ne me touchez pas" (auto-édité)


Voici un "Traité métaphysique pamphlétaire", selon les propres mots de l'auteur. 
Adrien Weber y dissèque la modernité en entrecroisant les outils de Parménide et de Marc-Edouard Nabe, c'est-à-dire en introduisant l'Etre au cœur de la Jérusalem Céleste, muant ainsi l'autopsie dissectrice en exorcisme lyrique et jubilatoire.
Après une première partie consacrée à l'exposé philosophique de sa méthode innovante, la seconde en livre les résultats par l'analyse dynamique de phénomènes tout à fait contemporains.
Exemple :
 
"Et alors le mariage gay ? Moi je vais vous dire, ça existe depuis longtemps déjà, ça s'appelle le mariage à la mairie. C'est-à-dire le mariage entre deux consciences en soi, et non pas entre deux consciences polarisées sexuellement par la présence ou non d'âme. Au passage, c'est ainsi que je suis tout à fait d'accord avec Otto Weininger, je partage ses conclusions au seul détail que je pose les termes du problème en sens inverse : c'est la femme qui a une âme et l'homme qui n'en a pas. De ce fait, seul l'homme peut faire preuve d'héroïsme et de génie, par l'impulsion de sa recherche de l'âme, tandis que la femme, déjà pourvue d'une âme, s'accommode parfaitement de la médiocrité du monde visible.
Les gays ne sont pas homosexuels car ce sont deux individus asexués, deux consciences qui se gouinent. Pour être homosexuel, encore faut-il être sexualisé.
Ce que sont les gays, la raison cruciale de leur apparition très récente, c'est qu'ils sont la révélation visible de cette désexualisation. En vérité, la plupart des couples, depuis longtemps et de plus en plus, sont gays même quand ils sont composés en apparence d'un homme et d'une femme. Dans le visible, ils sont un homme et une femme, mais dans l'invisible, ils sont deux consciences asexuées, deux bourgeois. Tous les couples bourgeois sont gays, qu'ils soient composés de deux individus de même sexe ou non ne fait aucune importance. Un couple composé d'un homme et d'une femme, s'ils sont bourgeois, est gay, car ils ne sont que deux consciences qui s'unissent.
La désexualisation ne se voit pas tant que ce sont un homme et une femme qui sont mariés, pour qu'elle se voie, il faut qu'elle passe par deux individus de même sexe. Le mariage gay, c'est la désexualisation qui s'accomplit pleinement dans le visible".   

Tout le reste est à l'avenant.

Site de l'auteur :
http://www.adrienweber.fr/

mercredi 6 novembre 2013

Webisode n°8 - Moustafa Maël Mathieu "Transcendance et Immanence"

 

 
 
La dernière vidéo du bon Docteur Salim Laïbi sur Léon Bloy (Naboscopie 7&8) prétend révéler un secret qui remplirait le monde de stupeur. Il prétend beaucoup de choses, l’ami… Prétention et vocifération sont les deux mamelles de Salim Laïbi. Or, il se trouve que ce « secret » est parfaitement connu par tout lecteur un tant soit peu attentif de Bloy : il s’agit de l’analogie eschatologique entre Lucifer et le Paraclet. Cette métaphore participe d’une vision singulièrement désespérée, où la situation spirituelle de l’homme est décrite comme étant si abyssale que même l’Esprit-Saint, annoncé par le Christ pour juger l’humanité à la fin des temps, ne peut qu’être en partie entaché de noirceur pour parvenir à y voir clair.

Mais il est également possible d’analyser cette vision bloyenne de manière ascendante : elle peut signifier que le Jugement dernier représentera un tel bouleversement de l’histoire adamique, prologue radical et définitif d’un nouvel Age d’Or, que Lucifer lui-même sera en partie imprégné de lumière paraclétique. Cette vision est le prolongement logique de la pensée de nombreux auteurs chrétiens, qui ont estimé que Jésus-Christ avait pour mission, outre la rédemption de l’humanité, le rachat du Diable lui-même.
Par ailleurs, bon nombre de veilleurs évoliens - ou même guénoniens - de la fin des temps se sentent aujourd’hui investis de cette tâche aussi ardue que périlleuse  : alors que le monde moderne s’emploie à pervertir le bien au bénéfice du mal, il s’agit de s’engager par tous les moyens, corps et âme, à détourner les forces du mal au service du bien.
Il va de soi que ces notions sont extrêmement dangereuses à pratiquer, en plus d’être un tantinet complexes à appréhender. Alors, quand on voit débouler Salim Laïbi avec sa bave aux lèvres et sa haine pataude, et déballer sa théologie d’odontologiste pour insulter Léon Bloy, on se sent soulevé par une pitié terriblement condescendante… C’est un peu comme si un BTS électronique reprochait à un chercheur en cosmologie quantique de n’y rien comprendre en sciences physiques. D’ailleurs, il me souvient d’avoir assisté à une conférence de Salim à la Cobema le 28 mars 2010 (juste après la mienne), au cours de laquelle il reprochait à Einstein d’être nul en physique. Il pensait en effet avoir trouvé une contradiction dans la théorie de la relativité restreinte, affirmant que l’élévation de la vitesse de la lumière au carré dans l’équation E=mc2 était incompatible avec le fait que cette vitesse soit déclarée comme une valeur indépassable (oubliant tout simplement que c2 n’était pas une vitesse, mais le carré d’une vitesse). Cette fois, personne n’osa applaudir dans la salle…
Revenons à sa vidéo anti-bloyenne. Là comme ailleurs, il s’agit toujours pour Salim Laïbi d’insulter autrui jusqu’à la lie, de vociférer à s’en faire crever la panse. « Barbey d’Aurevilly, ce dandy dégénéré » ; « Ernest Hello, un autre eschatologue cinglé » ; « Bloy était un millénariste messianiste complètement cinglé ».
La pensée de Bloy est probablement discutable sur bien des points, et il est tout à fait permis de ne pas l’épouser dans toutes sa rigueur apocalyptique. Mais il faut remarquer que le Périgourdin mystique est un homme qui a affronté directement le Mal dans sa propre chair, en perdant notamment ses deux enfants, et qui malgré cela, a pu ramener des centaines de gens au christianisme durant son existence (et combien de milliers d’autres après ?) de par sa foi, son exemple d’homme combattant, de Belluaire intransigeant, d’amoureux du Christ et de la Vierge-Marie. Léon Bloy n’était pas un homme de lettres. Salim Laïbi, lui, est un homme de cabinet. Combien de personnes Salim a-t-il concrètement ramenés à la religion ? On peut savoir ?

A la fin de sa vidéo, Salim me reproche d’avoir déclamé les « Prières Blasphématoires » de Nabe dans les rues de Marseille, et pour bien montrer que je suis « sataniste », il illustre cette déclamation avec une photographie de mon spectacle de 2005, ce qui n’a absolument aucun rapport (ni avec Bloy, ni avec Nabe). Nabe écrit quelque part que les blasphèmes sont un cortège de gueux qui annonce le Roi des Rois. Par ailleurs, il dit que je lui aurais reproché d’être « trop stupide, trop coincé, trop musulman ». Je ne vois vraiment pas où il a pu pêcher une telle ânerie… L’ami Salim a un peu tendance à se prendre pour la voix de l’Islam de France. Or, s’il y a bien une chose que je me permettrais de lui reprocher en ce domaine, c’est au contraire de ne pas être assez musulman, c’est-à-dire d’être bête et méchant. Quand le Vociférateur Complotiste hurle en parlant de Bloy et Hello : « Qu’ont-ils tous à se prendre pour des prophètes de malheur ? », lui qui, chaque semaine depuis plus de cinq ans, annonce sur internet la catastrophe mondiale pour la semaine d’après, je ne suis pas certain d’avoir vraiment envie de rire…

Salim Laïbi est un peu désemparé : il aimerait qu’on lui explique précisément qui est Lucifer. Personne ne lui répond ? Je me dévoue : Lucifer, c’est la Lumière d’En-Bas. En termes tout à fait contemporains, Lucifer, c’est internet contre la littérature, c’est-à-dire Salim Laïbi. Et tout ce que je peux lui souhaiter, c’est que Léon Bloy ait eu raison dans ses visions apocalyptiques, ce qui donnera une chance à Salim d’être analogiquement traversé par le souffle du Paraclet le jour du Jugement Dernier…

Et si l’on se tournait maintenant vers Moustafa Maël Mathieu ? Quelle douche de fraîcheur, soudain ! Certains de ses textes fulgurants d’intelligence aigüe et pétris d’une ardente sensibilité théologique ont déjà été mis en ligne sur Parousia. Ce platonicien extatique  a décidé d’élaborer un vaste projet littéraire et intellectuel autour de la personne de Abu-l-Hakam Abd al-Salam ibn Abd al-Rahman ibn Mohammad ibn Barrajan, qu’il a bien voulu nous détailler ci-dessous. Le webisode n°8 est un extrait de son premier livre, dont la date de publication ne saurait tarder… La tradition islamique est un trésor vivant, plus fait pour les amoureux de la vérité que pour les arracheurs de dents.



 
Le projet ibn Barrajân

 

1. Le projet dans ses grandes lignes

 

Le projet ibn Barrajân consiste en un ensemble d'oeuvres littéraires et artistiques formant un tout cohérent, et ayant pour auteur l'auteur de ces lignes. Il s'agit, en somme, d'envisager à long terme l'écriture d'un certains nombres de livres tournant autour des même thèmes, de manière à se compléter comme les parties d'une seule oeuvre ; ce que fait spontanément tout auteur ambitieux, mais il s'agit ici de le faire de façon systématique, en définissant à l'avance les oeuvres qui feront partie du projet, de manière à jalonner et à baliser le travail futur. L'auteur du projet, Maël Mathieu dit Moustafa, est né en 1975 à Bruxelles ; a embrassé l'islam en 1994 à Dakar, a ensuite vécu plusieurs années à Marrakech où il a appris entre autres les bases de la langue arabe, et surtout contracté la passion de cette langue et de sa littérature. Il a étudié cinq ans en Polytechnique à l'Université de Bruxelles et obtenu le grande d'ingénieur civil physicien ; a étudié parallèlement la métaphysique néo-platonicienne et participé à de nombreux colloques de philosophie et spiritualité. Il est également artiste peintre et dessinateur et à ce titre expose régulièrement ses oeuvres dans des endroits plus ou moins prestigieux. Maël est donc artiste et écrivain-philosophe, passionné par le néo-platonisme et l'ésotérisme islamique, le soufisme. Son oeuvre comprend entre autres un certain nombres de dessins et de tableaux, ainsi que quelques textes qui n'ont rien à voir avec le projet ibn Barrajân. Mais elle comprend aussi des oeuvres graphiques et littéraires qui font partie du projet. Pour donner une idée d'en quoi consiste ce dernier, disons qu'il s'agit d'un ensemble de sept ou huit livres portant sur des sujets qui tournent autour de la métaphysique et du soufisme. L'un de ces livres est déjà écrit et, à l'heure où nous écrivons ces lignes, est en instances de publication. Son titre est « Lumière de l'Un, lumières sur l'Un » et il est sous-titré « dix essais sur la tradition islamique », car il s'agit de dix essais indépendants, présentant des aspects variés de la tradition islamique, mais unis par une même vision métaphysique. Ce livre est une bonne image du projet lui-même, composé de parties indépendantes, mais qui se complètent mutuellement, unies par des thèmes et des idées communs. D'autres de ces livres sont déjà en cours d'écriture, aussi, pour ne pas nous disperser, nous ressentions le besoin de planifier nos efforts au moyen d'une sorte de « feuille de route » intellectuelle, d'où l'idée du projet.

Mais pourquoi avoir choisi ibn Barrajân ? C'est que ce nom renvoie à l'un des plus grands métaphysiciens arabes, presque oublié cependant, jusqu'à la récente publication (en arabe) de ses oeuvres les plus remarquables. L'un des objectifs de notre vie, et du projet par conséquent, est de contribuer à faire redécouvrir ce géant de la pensée, mais pas n'importe comment : dans une optique métaphysique rigoureuse, marquée par les oeuvres de René Guénon et d'ibn 'Arabî, que nous respectons inconditionnellement. L'un des essais repris dans Lumière de l'Un porte justement sur l'introduction à l'oeuvre d'ibn Barrajân ; et celui-ci est fréquemment cité dans les textes de Maël, qui tendent ainsi à en faire une autorité métaphysique incontournable, bien qu'à un niveau hiérarchiquement moindre qu'ibn 'Arabî. Car il ne faut pas se méprendre : si nous n'avons pas nommé ce projet « projet ibn 'Arabî », c'est uniquement parce qu'un tel titre suggérerait une ambition bien plus grande que la nôtre. Mais c'est bien autour d'ibn 'Arabî que tourne principalement l'oeuvre de Maël, même si l'amour qu'il porte à ibn Barrajân, en tant que « précurseur » du « plus grand des maîtres », est très grand. Si l'essentiel de l'oeuvre tourne autour d'ibn 'Arabî, sa « clef de voûte », son « morceau de bravoure », si Dieu nous laisse le temps d'en parvenir à bout – ce qui n'est pas du tout évident – devrait être la traduction commentée de son monumental traité du Commentaire des Noms excellents d'Allâh. C'est un travail de très longue haleine, auquel nous nous attellerons en dernier, et qui, si nous en parvenons à bout, sera véritablement le couronnement de notre oeuvre et de notre vie, ce qui justifie de donner à ce projet le nom d'ibn Barrajân, même s'il contient bien d'autres choses.

 

2. Un vieux rêve

 

C'est vers onze ans, alors qu'il n'est encore qu'un très jeune garçons aux rêves purs, que Maël forme celui d'apprendre l'arabe ou le turc. C'est à la suite d'un voyage merveilleux, d'un voyage en Turquie, où il est fasciné par l'art grandiose et raffiné des palais et des mosquées, qu'il forme ce projet : plus encore que d'apprendre la langue, devenir soi-même un Oriental, un musulman... Car malgré son jeune âge et le fait que les livres de René Guénon sont encore loin, il comprend que son coeur est oriental, bien que sa culture d'origine soit et reste occidentale ; ce projet, il commencera à le réaliser vers l'âge de dix-sept ans – âge béni entre tous – ; c'est alors qu'il apprend ses premiers mots d'arabe dialectal, et quelques années plus tard, alors qu'il est encore un tout jeune homme, il parle couramment cette langue, et comprend les livres de philosophie et de théologie en arabe classique. Le bonheur de naviguer à sa guise sur l'océan sans fin de cette langue « magique » lui est ouvert. Désormais, l'orient fait vraiment partie de son identité, et toute son oeuvre en sera marqué. Plus tard, « jeune homme » de trente ans, il s'enivrera des Mille et une nuits, des arabesques symboliques de l'art ou de la musique andalouse ou persane, de la métaphysique d'Avicenne ou  de Ghazâlî. C'est aussi l'époque où il fait la découverte d'ibn Barrajân, ce penseur illustre et méconnu qui changera sa vie. Mais pour lui, il ne s'agit pas tant de faire découvrir l'orient aux occidentaux, que de le faire découvrir ou redécouvrir... aux orientaux ! Car il a vite fait de constater que la beauté d'un univers, d'une culture, échappe souvent à ceux qui sont plongés dedans. C'est d'ailleurs en prenant du recul vis-à-vis de la « culture occidentale » qu'il apprend à l'aimer dans ce qu'elle offre de meilleur, la « mystique » chrétienne – Rusbrock, maître Eckhart – , la musique de Bach, etc. Bref, son parcours est en un sens exceptionnel, et le projet unique qui donne désormais un sens à sa vie est de faire découvrir à tous, orientaux comme occidentaux, les beautés de la métaphysique universelle, celle de Proclus comme d'ibn 'Arabî.

 

3. Le projet en détail

 

Nous ne sommes pas encore en mesure de dire le nombre exact de livres qui constituera le projet ni leurs thèmes complets, car il s'agit, nous l'avons dit, d'un travail ambitieux et de longue haleine que nous ne faisons que baliser grossièrement. Et il est fort possible que le projet évolue ou se modifie en cours de route. Cependant, il est au moins certain qu'il comprendra le livre déjà écrit mentionné plus haut, Lumière de l'Un. Il comprendra aussi plus que certainement, s'il plaît à Dieu, une oeuvre graphique et littéraire unique en son genre, intitulée le Livre sans fin, et dont nous parlerons de façon plus détaillée s'il plaît à Dieu. Ainsi que l'autre livre auquel nous travaillons présentement, et qui consiste en un ensemble de trois traduction commentée de trois « petits » traités de métaphysique dont les auteurs sont trois métaphysiciens (soufis) illustres : S. H. Amulî, ibn 'Arabî et Abdel-Karîm al-Jîlî. Le traité d'Amulî, dont nous avons presque fini la traduction, est intitulé « la quintessence de la connaissance de l'Être ».

À part ces trois livres déjà finis ou bien avancés, font partie du projet : la traduction d'une oeuvre majeure de la métaphysique soufie, dont nous ne révélerons pas encore l'identité à ce stade ; la traduction du Commentaire des Noms excellents d'ibn Barrajân mentionnée ci-dessus, qui sera la pièce maîtresse de l'ensemble s'il plaît à Dieu que nous en venions à bout ; un traité sur le symbolisme de la géométrie projective, dont nous avons ébauché la partie mathématique il y a déjà des années, et que nous avons espoir de terminer un jour si Dieu y consent ; et enfin, un ouvrage moins métaphysique qui sera une sorte de mémoire sur notre parcours intellectuel, un livre de souvenirs et de témoignages, que nous comptons publier à la fin de notre vie s'il plaît à Dieu. Cela fait donc sept livres en tout, auquel peut-être viendra s'ajouter un huitième, constitué de traductions commentées de passages choisis de l'oeuvre d'ibn 'Arabî. Cependant, cela n'est pas encore une certitude, et il faudrait au moins, avant d'en envisager un huitième, être à peu près sûr de pouvoir mener à bien les sept ouvrages mentionnés, ce qui malheureusement ne nous semble pas acquis, vu la brièveté de la vie et le caractère très ambitieux d'un tel projet.

 

4. Le livre sans fin

 

Nous annoncions dans la présentation détaillée du projet une oeuvre graphique et littéraire d'un genre totalement original, dans le meilleur sens du terme, intitulée le Livre sans fin. Nous allons tenter maintenant de décrire du mieux que nous pouvons ce « projet dans le projet » ; car bien qu'il fasse partie intégrante du projet ibn Barrajân en raison de ses thèmes, ce livre qui est à la fois une oeuvre d'art plastique constitue à lui seul un projet vaste et ambitieux. Il s'agit d'une collection de dessins en noir et blanc, à la pointe Rotring sur papier Canson 200g. Chaque dessin porte à son dos un court texte, en général traitant de métaphysique et lié aux thèmes symboliques apparaissant dans le dessin ; de sorte que tous ces dessins forment une sorte de vaste livre illustré aux pages volantes ; mais de plus, et telle est la raison des pages volantes, les dessins se prolongent les uns les autres et se complètent dans les deux directions pour former une vaste fresque, un « puzzle » géant... et vivant, car nous n'avons pas assigné de limites à l'oeuvre, qui restera « ouverte » jusqu'à la fin de notre vie s'il plaît à Dieu. Toutefois, les 81 premiers dessins, formant un vaste rectangle de neuf fois neuf feuilles A4, constitueront au sein de cette oeuvre ouverte un sous-ensemble « fermé », valant pour lui-même, et comprenant à peu près tous les thèmes symbolico-métaphysiques du projet total ; cela au cas où il nous manquerait le temps et l'énergie d'aller au delà de ces 81, dont la moitié à peu près est à ce jour achevée (du moins pour la partie graphique). Nous pensons que ces 81 premiers dessins au moins pourraient faire l'objet d'une publication en feuillets séparés dans un « coffret » ad hoc et orné par nos soins ; cela pourrait constituer un objet splendide et, pourquoi pas, promis à un avenir commercial ? Nous n'éprouvons pas de gêne à envisager cet aspect de la question, car pauvre nous sommes, et l'argent n'est de toute évidence pas notre motivation première. Mais si l'une de nos oeuvres pouvait rencontrer un « succès » d'où résulterait une rentrée d'argent, cela nous assurerait un relatif confort matériel qui nous permettrait de mener à bien le reste de notre oeuvre dans les meilleures conditions : c'est vraiment tout ce à quoi nous aspirons.

 

5. Conclusion

 

Le projet ibn Barrajân est un grand projet artistique, littéraire et « philosophique » (métaphysique). Nous en sommes convaincu, parce que la part qui en est déjà réalisée constitue d'ores et déjà une grande oeuvre, capable de toucher des personnes de qualité. Nous en avons fait l'expérience. « Lumière de l'Un » n'est pas un petit livre. C'est un ouvrage qui charrie une vision neuve et traditionnelle à la fois, une vision grandiose de l'islam, de ses secrets, de sa civilisation. Il ne ressemble pas à tant de livres écrits sur la question. Il est en un sens, unique, unique dans le bon sens, ne serait-ce que par la place qu'il rend à l'oeuvre d'ibn Barrajân dans l'histoire de la pensée arabo-musulmane ; place dont bien peu de gens, à part nous, ont pris conscience à ce jour, surtout parmi les intellectuels francophones ; autant dire que nous sommes seul, parmi ces derniers, à nous être aperçus de l'importance de cette oeuvre. Cela seul justifie nos espoirs et nos ambitions.

Cette présentation a pour but de montrer que, même si nous avons l'air d'errer parfois, nous sommes en possession d'un projet de longue haleine, d'un grand projet. Pour le mener à bien, nous avons besoin de moyens. Nous avons besoin, entre autres, de calme, de sérénité, d'être autant que faire se peut à l'abri du besoin... ceux qui nous connaissent savent que nous élevons une famille nombreuse,  ce qui constitue pour nous une joie mais aussi une charge, et pas seulement financière. Qu'ils transmettent ce message. Qu'ils fassent ce qui est en leur pouvoir pour nous aider à réaliser notre rêve. Beaucoup de choses peuvent être faites. Il n'y a pas que l'argent. Donnons un exemple ; si l'un des lecteurs de ce projet possédait quelque part un mur d'environ deux mètres sur trois, dans un endroit propre et bien éclairé, il pourrait servir de support à la fresque constituée par les 81 premières planches du Livre sans fin. Ce serait même une décoration de grande qualité, mais l'essentiel bien sûr serait de pouvoir montrer la fresque « achevée », de lui donner un moyen d'exister autrement qu'en pièces détachées. Beaucoup de choses peuvent être faites pour nous, c'est-à-dire pour vous, amateurs de grand art et de littérature métaphysique digne de ce nom, si tout lecteur de ce texte fait usage de son imagination. Pour ce qui est de nous, nous travaillons, nous travaillons sans relâche à la tâche que nous nous sommes impartie. À vous, cher lecteur, de faire travailler votre esprit pour que le projet ibn Barrajân, notre projet, voie un jour le jour.

Ci-dessous, une page du Livre sans fin :



 



Voici un catalogue (non exhaustif) des œuvres plastiques de Moustafa Maël Mathieu :
 

mardi 5 novembre 2013

Servitude de "Libération"

La mort récente de journalistes français au Mali me donne envie de remettre en ligne un texte que j'avais écrit sur Florence Aubenas en 2005, sur le défunt site Subversiv.com.

J'étais en train de cracher sur les lauriers-roses et les brins de lavande qui encombrent la tombe d'Albert Camus, lorsque j'appris la libération de Florence Aubenas. Je quittai aussitôt Lourmarin en pleurant des larmes de haine. Ainsi, toutes ces campagnes leucotomisantes à la gloire de la journaliste de Libération semblaient avoir porté leurs fruits : banderoles païennes au cœur des plus grandes villes de France, décompte minimaliste des jours de captivité au journal télévisé, interventions « d'écrivains » dans les quotidiens nationaux et régionaux (permettant à quelques insoutenables croulures comme Luc Lang de dérouler leurs pathétiques prosodies poisseuses à la gloire du « mouvement du monde »),… Même le phare du Planier a été souillé des célèbres photos totémiques, juxtaposant les visages pâles (a-t-on déjà vu un Arabe aussi livide que Hussein Hanoun  ?) au-dessus des abysses liquides fouettant l'île minérale avec ardeur / mon Dieu, ces pixels arrogants de bêtise livide en vigie sur l'envers de la Terre, son derme bleu reflet du ciel mosaïque… Voir ces symboles du combat des lâches transparaître sur les méduses, souiller la peau des rochers génésiaques, quelle tristesse infinie…
 
Je suis comme tout le monde, comme n'importe quel mec normal de moins de quarante ans vivant en Occident, pour la mort physique de tous les journalistes, concrète, réelle, agonisante, sanglante, les passer au fil de l'épée, leur trancher la gorge gargouillante de sang mauvais, leur exploser le palpitant à la dynamite, leur cabosser le crâne à coups de marteau en fonte, leur scier la nuque à la scie à métaux,... Qu'on me trouve un autre moyen d'en finir avec la 'société du spectacle' et je suis preneur ; mais personne trouvera, c'est strictement impossible, tout a déjà été analysé dans les moindres recoins, c'est ainsi.
 
Tout de même, il suffit de regarder, d'un petit peu près, telle belle gueule de journaliste bien typique, homme ou femme, de caractère, pour être à jamais… Ces yeux qui épient, toujours faux à en blêmir… ce sourire coincé… ces babines qui relèvent : la hyène… Et puis tout d'un coup ce regard qui se laisse aller, lourd, plombé, abruti… le sang du faux écrivain qui passe… Ces commissures naso-labiales toujours inquiètes… flexueuses, ravinées, remontantes, défensives, creusées de haine et de dégoût… pour vous !… pour vous l'abject animal de la race ennemie, maudite, à détruire… Cela devrait vous faire hurler… tressaillir, s'il vous restait au fond des veines le moindre soupçon d'instinct, s'il vous passait autre chose dans la viande et la tête, qu'une tiède pâle rhétorique, farcie de fifines ruselettes , le petit suint tout gris des formules ronronnées…
 
Alors dites, pour une fois que des mecs font le boulot à votre place… Vous allez pas vous déguiser derechef en irréductible gaulois, faire la fine bouche en remuant le verre de vin devant le luminaire tout en affichant une grimace d'œnologue déçu… C'est comme avec les Corses : tout le monde connaît parfaitement les nuisances que Paris provoque dans les régions françaises, tout le monde discute chaque jour de l'incompétence haineuse de ce lourd cafard qu'est la capitale de notre pays centralisé comme un trognon de pomme tout sec, et il suffit qu'une poignée de gaillards prenne le discours au sérieux, relève enfin les manches pour attaquer le truc à la racine, et le bavardeux s'écarte soudain de la conversation, tout penaud de découvrir qu'il existe des gens qui ne parlent pas pour ne rien dire, juste pour passer le temps avant de retourner au turbin…
 
Vous souvenez-vous de ce qu'a déclaré Florence Aubenas à 19h35 ce dimanche 12 juin, devant les micros et caméras à l'affût de sa légendaire décontraction ? « La télé, ça remonte le moral. Voilà pourquoi, ce soir, je suis si heureuse : il y a tant de télés ! ». Quelques minutes après, Serge July s'approchait d'elle pour lui décocher un bisou sur la joue droite. La libération de la petite de Libération , quelle aubaine pour le Gauchiste numéro 1 de France ! La grande affaire de sa pré-retraite, la redorure du blason merdeux, transformant d'un coup le bourgeois ventripotent pour plateaux télé Ockrent en combattant hardi de tous les fascismes, le patron responsable qui va lui-même chercher son employée à la prison de Miniville où le gendarme l'avait enfermée par erreur avec son chauffeur Oui-Oui  ! De retour au village, tout le monde fait la fête au barbu mou et à sa favorite. Pour marquer l'événement, et pour la première fois de sa longue histoire de quotidien de toutes les défaites françaises, Libé va même afficher sa une sans aucun jeu de mots : MERCI, tout 'simplement' ! Il faut savoir retrouver son sérieux quand on est directement atteint dans le gras du bide, n'est-ce pas ? Les calembours haineux, on les réserve aux autres, ça suffit bien comme ça.
 
 
Une fois la cérémonie terminée, le grand écrivain Christian Chesnot finira par avouer: « Lorsque Florence est descendue de l'avion, j'ai eu un petit peu le cœur qui s'est mis à battre plus fort ». Pauvre vase visqueux vomitif, j'espère vraiment que toi et ton pote Malbrunot vous irez le plus loin possible avec votre bouquin, que vous l'adaptiez en reportage chez Charles Villeneuve et puis en film avec Daniel Auteuil et Philippe Torreton pour vous incarner, histoire que tout le monde finisse bien par comprendre quel est votre véritable fond, ce qui constitue intimement le cœur pourri d'un journaliste : l'indécence permanente, la volonté de s'afficher comme le modèle-type de l'héroïsme, l'orgueil exigu du travail presque fait, la susceptibilité à fleur de peau, l'infinie laideur psoriasique du cerveau squameux jusqu'à la lie…
 
Nous sommes tous otages du journalisme. Cette corporation est née vers le milieu du dix-neuvième siècle, en même temps que la démocratie moderne et le capitalisme : c'est très loin d'être un hasard. Leur pouvoir est bien plus puissant que ceux de la finance, de la politique ou de l'armée : il est essentiellement métaphysique, iconique, satanique. Il est décrit dans le détail au chapitre IX.20-25 de la Genèse : parmi les trois fils de Noé, l'un d'eux fut maudit car lorsqu'il surprit son père enivré et nu dans sa tente, il en informa ses deux frères au lieu d'agir directement sur la réalité en le recouvrant d'un manteau. Il est impossible de trouver une condamnation plus ancienne du média informatif, car nous sommes à l'aube de l'humanité. Sem et Japhet sont bénis par Noé, et sommés de mettre Cham (comme caméra) en esclavage, introduisant ainsi la plus saine des discriminations raciales dans l'organisation sociale : celui qui désire informer ses frères de leurs faits et gestes, les parasiter de son œil-de-bœuf vert-de-grisé par une anémie congénitale, doit être impitoyablement traité comme une merde.
 
 
Chaque fois qu'un journaliste revient vivant de sa mission, c'est un peu plus de liberté qui est perdue en ce monde. J'apprends que la journaliste de L'Humanité Anne-Sophie Le Mauff , à qui l'ambassadeur de France à Bagdad a une nouvelle fois réclamé qu'elle quitte l'Irak, a expliqué qu'elle pouvait "difficilement" partir : cette connasse se croit sans doute indispensable au « mouvement du monde », absolument nécessaire à la giration spiraloïde du Grand Tout. Il paraît que les ravisseurs avaient revêtu Florence Aubenas d'un jogging sur lequel se trouvait la mention « Titanic ». Quelle grandiose trouvaille, quel humour souverain, quelle démarche bellement discursive ! J'espère sincèrement que lorsque Anne-Sophie Le Mauff se fera kidnapper par des sunnites en pleine forme, ils lui imprimeront au fer rouge sur le dos la phrase suivante : « JE ME CROYAIS INSUBMERSIBLE. EN ME FAISANT EGORGER SUR INTERNET, JE VOUS RENDS LA LIBERTE ».
 
Laurent James, Subversiv.com, 19 juin 2005

mercredi 30 octobre 2013

Webisode n°7 - Yukio Mishima "La Mer et le Couchant" (1955)

Ma conférence à Londres, l'exposition de Laurent Pellecuer à Angers et l'entretien avec La Dissidence à propos du Graal, ainsi que d’autres contraintes et priorités d’ordre personnel, telles que ma présence cette semaine dans la ville de Séoul,  m’imposent de travailler encore plus que d'habitude et de vous livrer le webisode n°7 en temps voulu, bien entendu. Le décalage horaire me contraint même à mettre en ligne ce dernier avec deux heures et demie d'avance... Ce dont je vous prie de bien vouloir me pardonner.
Mais le Verbe de Glace de Mishima n'attend pas...

mercredi 23 octobre 2013

Webisode n°6 - Louis-Ferdinand Céline "Les Beaux Draps" [extrait]

Théophile Gautier écrivait en 1835 : "Il n'y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid, car c'est l'expression de quelque besoin, et ceux de l'homme sont ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme  nature". Ce dogme irrationaliste est traditionaliste sur deux plans tout à fait fondamentaux, à savoir le caractère strictement contemplatif de l'art, et la bassesse de l'être humain  contemporain. Il est vrai que la première partie de la phrase ne s'éclaire vraiment que grâce à la seconde partie, laquelle se trouve absente du site Wikipédia sur Gautier ; les docteurs internautes improvisés critiques littéraires ne peuvent donc y comprendre goutte.
Cent-six ans après Gautier, la rhétorique merveilleuse de Louis-Ferdinand Céline reprenait l'antique combat contre "les hégéliens devenus dentistes" (dont parle Dominique de Roux) en insistant sur l'aspect résolument anti-utilitariste de l'art et des contes de fées.
 

dimanche 20 octobre 2013

"The End of the Present World" : les conférences



Alain de Benoist : "On Geopolitics"




Alexandr Dugin : "Eurasia : the Perspectives of Multipolarity and Fourth Political Theory"

 


 
 
Voici le compte-rendu de la journée londonienne par Alexandr Dugin.
 

"London conference was exciting. Excellent speech of Alain de Benoist: the complete version of really non-conformist Political Philosophy (anti-liberal, anti-capitalist, based of Geopolitics, anti-titanic, pluriversum, 4PT at its best). - The essence of Alain de Benoist is real Revolutionary identitarian European position of classical and profound Europe (not Anti-Europe of Modernity). Only those w...ho follow Alain de Benoist (on the right) can liberate themselves from the manipulation of System (majority of far right people are under this manipulation - by racism, anti-socialism and so on - they are used by capitalists to defend capitalism that destroyed Tradition and continue to destroy it). Alain de Benoist is one and only, the best one, absolutely correct, clear and coherent. I think that acceptation of his discourse is the border line between us and them.
The speech of Laurent James was enthusiastic and inspiring, post-modernist and traditionalist at the same time - Parvulesco style, very good. I think we need to promote Laurent and his texts more. His text on Japan (in his blog) is fantastic.
I myself have explained how I understand the End, the World and what means, for me, the word "present". Then I gave my vision of the US decline (economically/geopolitically) and I have stressed the dimensions of the catastrophe that is already here and its irreversibility. I have made my suggestions that the inevitable fall of USA will provoke the fall of all Modernity - including in the BRICS countries. So not only USA is doomed, modernized countries (including present state Russia) are doomed also - the crisis is not local and technical, it is rather the real End of the Modern World as such. So modern Russia will disappear. It has bad side and good side: good side that we, traditionalists, will have the window of opportunity to affirm ourselves as leading political and historical force, the historical block of 4PT and to begin (re)construct Eurasian Empire; bad side is that the quick end of USA will be not automatically solution (salvation) for Russia and we will confront the problems that present Russian government and political elite cannot imagine - not to speak of solving and that will affect Russia hardly and may be deadly. The last part of my speech was dedicated to the moral choice in the present situation of the End: I have proposed the strategy of the resurrection of the Dasein (being t/here) in pluralistic form - every culture has its own Dasein, so every culture should prepare its own Er-Eignis (En-Owning). The last battle against the falling titans is approaching. We need to prepare the terrain for the return of our gods. They are different, as our cultures, but the enemy is common, the same. So that is the basis for existential historical block, the Revolution of Dasein or rather of Daseins. The history is open again. I consider that to be a sort of "Last call".


Et un compte-rendu sur Counter-Currents :
http://www.counter-currents.com/2014/02/the-end-of-the-present-world/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=the-end-of-the-present-world

En voici la traduction, effectuée par des parousiens :




"La fin du monde présent" est le titre d'une conférence qui s'est tenue le 12 Octobre 2013 dans un lieu prestigieux de Londres. Les trois conférenciers étaient tous des sommités de la Nouvelle Droite européenne: Laurent James, Alain de Benoist et Alexandre Douguine. Le thème de la conférence s'articulait autour du déclin de la puissance américaine et de l'émergence du monde multipolaire.

 

Laurent James

Le premier orateur était Laurent James, et son discours s'intitulait « Eurasisme et spiritualité. » Il a décrit la situation post-moderne occidentale comme étant le nadir de l'accomplissement évolutionnaire.

Selon ses vues, l'ère post-moderne s'inaugure en 1945 avec la première attaque nucléaire de l'Amérique sur le Japon. Ce fut l'acte par excellence des forces anti-traditionnelles, qui ont démontré leur mépris pour l'humanité et leur désir nihiliste de domination universelle. Cela a établi les conditions dans lesquelles nous vivons aujourd'hui et où l'homme est pire que satanique, où, en fait, « l'homme salit Satan. »

La spiritualité est inexistante dans la post-modernité parce qu'un écran a été déployé entre l'homme et le sacré. A cause du libéralisme, de la finance et du journalisme il n'y a plus de relations hiérarchiques qui puisse mettre l'homme en contact. Il s'est instauré à la place un nivellement chaotique de tous les hommes, afin que l'égalité ne soit plus qu'égalité du non-sens et de la séparation.

Pour James, il ne saurait y avoir aucune possibilité de restauration dans le système actuel. A elle seule, l'existence de la démocratie (l'outil ploutocrate) garantit la corruption de toutes les élites politiques. Ce n'est donc pas tant une révolution du système politique dont il est question, qu' une révolution dans les âmes de l'élite politique elle-même. Exotériquement, cela doit être exprimé par une distinction claire entre la règle spirituelle et temporelle , cette dernière étant la "servante" de la première.

James pense que le christianisme celtique est la nécessaire orientation spirituelle pour l'Eurasie. Pour renouer avec ce courant, il faut continuer l'œuvre des Chevaliers du Temple qui "ont constitué un lien puissant entre l'Europe celtique, Rome et le Proche-Orient. " Les Templiers sont une société modèle, initiatique, celle qui a combattu la poussée des États-nations modernes et qui a établi une fraternité supranationale. James considère que les Templiers furent les pourvoyeurs du christianisme celtique, tout en agréant les autres traditions rencontrées au cours de leurs épopées à travers l'Eurasie. Leurs héritiers doivent de même développer une vision celtique du christianisme, et reconnaître la légitimité des autres traditions spirituelles : « Ce royaume sera béni par le cercle intérieur des Prêtres , le Cénacle des Prêtres , guides des principales religions qui irriguent tout le continent à la manière d'ardentes veines pulmonaires : christianisme , bouddhisme , hindouisme , spiritualités hyperboréenne et celtique, chacune d'entre elle profondément animée par un rythme céleste semblable sous l'autorité du couronnement cosmique de la Déesse Mère suprême , Notre-Dame des Armées, la Mère fondatrice de la profonde spiritualité des bastions de notre continent " .

James parle de « christianisme celtique » à dessein, afin de mettre en évidence la contradiction entre son identité européenne et le catholicisme. Dans son texte "Dharma manifesto", publié récemment, Sri Dharma Acharya Pravartaka fait une distinction similaire entre le christianisme paulinien et le christianisme archaïque, le premier étant associé à aux forces anti-dharmiques et abrahamiques, et le second étant un christianisme gnostique conforme au Dharma.

Cette sorte de distinction démontre l'urgence présente du jaillissement d'une nouvelle et vigoureuse spiritualité européenne. Toute formulation qui espère échapper à la nullité de l'assimilation post-moderne doit revenir aux fondations originelles de la spiritualité européenne, à ses sources. Un tel éveil ne pourra advenir au sein du christianisme qu'autant qu'il se rénove. Cela reste à voir.

Mon inquiétude est la suivante: de même que la démocratie corrompt les élites politiques (comme James l'a justement souligné ), le christianisme aurait une action corruptrice sur les élites spirituelles. Le goût du Mouvement Eurasien pour le Christianisme Orthodoxe est prononcé, mais que cette forme religieuse soit intrinsèquement libre de la décadence qui a sapé les autres sectes chrétiennes, cela est loin d'être évident.

 

Alain de Benoist

L'orateur suivant était Alain de Benoist, dont le discours s'intitulait "La géopolitique aujourd'hui". Il a fait valoir qu'une approche géopolitique sur les affaires du monde permet de faire émerger de profonds impératifs dans le champ de l'étude. En particulier, il s'est concentré sur la distinction entre puissances maritimes et puissances terrestres . Ce point de vue fait apparaître les contraintes géographiques qui s'appliquent aux pouvoirs politiques, et permet ainsi une analyse plus ample que si l'on s'en tient aux seuls plans idéologique, économique ou sociologique. L'approche géopolitique sert à définir des contraintes réelles, plutôt que des contraintes présupposées .

L' ordre mondial actuel est défini par l'Amérique comme grande puissance de la Mer, position autrefois occupée par la Grande-Bretagne. En tant que telle, l'Amérique est le principal agent du libre-échange et de l'érosion concomitante des frontières et des identités. Le continent eurasiatique représente au contraire la grande puissance de la Terre, et se caractérise comme un lieu de frontières, de distinctions, et de politique. Ces différentes caractéristiques sont envisagées comme liées aux situations géographiques respectives. Le caractère naturel d'une puissance maritime est dictée par le déracinement, le libre flux de la mer, et de Benoist l'identifie comme caractéristique propre de la mondialisation postmoderne. La situation américaine est telle qu'elle tend naturellement vers un état de flux et d'échange, tandis que la situation eurasienne tend à la fixité et à la centralité. Ces tendances sont de profondes propriétés se situant sous le niveau d'action de la politique consciente, mais elles l'influent de façon directe.

L'objectif prioritaire de l'Amérique est toujours de supprimer le bloc eurasiatique qui pourrait remettre en cause sa domination unipolaire. C'est selon cet objectif, en grande partie, que l'Amérique tente de confiner la Russie. De Benoist note que les « révolutions colorées » en cours, soutenues par la C.I.A., doivent être considérées dans ce contexte .

Il conclut en déclarant : «Il n'y a plus que deux positions possibles : être du côté de la puissance maritime américaine, ou être du côté de la puissance continentale eurasienne . Je suis avec cette dernière. "

 

Alexandre Douguine

Le dernier orateur était Alexandre Douguine, auteur de La Quatrième Théorie Politique, et son discours était intitulé " La Fin du Monde Présent - Eurasie: les perspectives de la multipolarité et la Quatrième Théorie Politique. "

Citant Heidegger, Douguine affirme que le monde est uniquement présent pour les êtres humains, car seuls les humains sont capables de conceptualiser la mort, et cette prescience est nécessaire à l'Être authentique. L'Être authentique existe dans la présence du sacré, en pleine connaissance de la présence de la mort. Le post-modernisme refuse de reconnaître le sacré et se cache de la mort. Il refuse donc d'amener le monde en présence, et délivre un Être complètement inauthentique. Cet affaiblissement de l'Être nous rend absents au monde, remplacé par le simulacre du virtuel. Dans la virtualité l'absence du monde n'est pas flagrante, car le vide est rempli d' inauthenticité, et la fin n'est jamais vécue comme finalité, mais seulement comme une faute. À ce stade, les remarques philosophiques de Douguine deviennent presque gnostiques, le pseudo-monde du virtuel ressemblant au domaine du démiurge. Ce démiurge est opposé non pas au réel, mais au sacré. Le virtuel est en dessous de la réalité, le sacré est au-dessus.

Il poursuit en déclarant que l'effondrement des États-Unis est inévitable, parce que les dettes toxiques qui ont détruit le système bancaire en 2008 ont été prises en charge par l'État américain. Ainsi, alors que l'effondrement du système bancaire a été différé, la dette est passée à l'état qui ne sera pas en mesure de l'assumer. Les États-Unis sont condamnés parce qu'il se sont fait refiler les dettes générées par les oligarques milliardaires mondiaux: "L'avenir est déjà vendu et mangé." Avec la ruine des États-Unis d'autres pays suivront, même les économies émergentes qui pourraient sembler pouvoir bénéficier d'un tel effondrement. Toutes les économies en croissance ont été infectées par le capitalisme, et l'effondrement des États-Unis sera leur perte puisque ses effets se propageront à travers les marchés financiers mondialisés .

La mort des États-Unis équivaut à la mort de la (post) modernité. Qu'adviendra-t-il après cela? Douguine pose la Quatrième Théorie Politique comme la nouvelle philosophie apte à transcender complètement la modernité. La Quatrième Théorie Politique reconnaît l'Être, le Dasein, comme agent politique fondamental. Les trois précédentes théories politiques de la modernité (le marxisme, le fascisme et le libéralisme) ont toutes définies leur action politique d'une manière que Douguine considère comme ancrée dans la modernité: respectivement, la classe, la race, et l'individu. Il les considère comme étant des notions conceptualisées, et donc intégrées dans le simulacre virtuel de la modernité. De l'avis de Douguine, le Dasein est un agent non-conceptuel qui sera en mesure de faciliter la ré-émergence du sacré. Ainsi, l'effondrement de l'Amérique est perçue non essentiellement comme un événement économique ou politique, mais plutôt comme l'ouverture de la possibilité d'une nouvelle métaphysique politique.

 

Fils communs

Malgré la diversité du sujet en la matière, il est intéressant de noter que les trois orateurs ont choisi de décrire la faillite spirituelle du post-modernisme et de placer cette déficience au cœur de leurs critiques de l'Amérique. Pour Laurent James, le post-modernisme est un écran qui sépare l'homme du sacré et donc détruit la possibilité de relations hiérarchiques. Nous sommes tous dans le caniveau, mais aucun d'entre nous n'observe les étoiles. Pour Alain de Benoist, la domination de la puissance maritime érode nécessairement les frontières et les distinctions et, de par l'importance du libre-échange pour un tel pouvoir, elle devient le moteur de la mondialisation et la destructrice de toutes les distinctions. Pour Alexandre Douguine, la virtualité du post-modernisme est une négation de l'Être, un temps mort dans lequel nous sommes séparés du sacré.

Trois facettes d'un même problème. Lorsque tout cela est pris en considération, il devient clair que l'idée eurasienne (comme exprimée ici) n'est pas principalement axée sur l'agrandissement d'un nouvel Imperium russe au détriment d'une Amérique en déclin. S'il est vrai qu'une Russie forte, capable de d'affronter les pires périls de la lointaine Amérique, est souhaitable, le projet eurasien va plus profond que cela. Et cet objectif plus profond est la victoire du sacré, de la vie elle-même, sur l'involutive négation  du moloch américain.

Il est certain que l'Eurasisme et la Quatrième théorie politique sont considérés avec suspicion par les éléments du monde anglophone (voir le récit édifiant de Greg Johnson et de Michael O'Meara champion de la Troisième Théorie politique, par exemple). Et les interprétations nébuleuses qui pourraient être appliquées à la notion de Dasein comme un agent politique semblent inviter une pluralité de manifestations qui semblent… et bien, très post-modernes. Mais cela dit, la Quatrième Théorie Politique de Douguine reste l'un des arguments les mieux articulés pour une théorie politique identitaire et non-totalitaire qui puisse se positionner au-delà des idéologies redondantes du XXème siècle.