samedi 31 mars 2012

SOS Anti-antisémitisme

« Nos compatriotes musulmans n’ont rien à voir avec les motivations folles d’un terroriste, il ne faut procéder à aucun amalgame. Avant de prendre pour cible des enfants juifs, le tueur a tiré à bout portant sur des musulmans ».
Nicolas Sarkozy, Allocution retransmise en direct sur TF1 au JT de 20 h, 22 mars 2012

Apparemment, tout le monde est d’accord en France pour dire que l’affaire Mohamed Merah ne concerne que les Juifs et les Musulmans. Assis côte à côte pour bien montrer qu’ils restent amis par-delà les meurtrières actualités, les pires représentants collabos de ces deux religions ne cessent de hanter les radios et les plateaux télés : Marek Halter et Malek Chebel sur Paris Première pour les intellos, Richard Prasquier et Dalil Boubakeur sur TF1 pour les beaufs, le but est de montrer à tous les publics que les Arabes sont vraiment désolés de ce qui est arrivé aux Juifs, et que, surtout, il ne faut pas pratiquer l’amalgame ni la stigmatisation.
Il y a trois problèmes principaux dans cette affaire. D’abord, tous ceux qui posent l’égalité Arabe = Musulman font preuve d’ignorance très crasse, à la fois des Arabes et des Musulmans, ainsi que de racisme profond (assumé ou non). Les assyro-chaldéens qui ont fui l’Irak jusqu’à Marseille en savent quelque chose : quand l’Imam vient personnellement les voir pour leur demander la raison pour laquelle ils ne viennent pas au prêche du vendredi à la mosquée, les fidèles de l’Eglise Saint-Marc de Bois-Lemaître ne peuvent que répondre : « Si on ne vient pas, c’est parce qu’on est chrétien ! ». « Mais vous êtes arabes ! » leur dit l’imam, « vous avez trahi votre religion ! » « Mais non », répliquent les chaldéens, « c’est vous qui avez trahi le christianisme, il y a mille ans, en vous convertissant à l’islam ! »…
Bref. Ceci pour dire que si mes prières vont vers les âmes des Arabes musulmans Mohamed Legouad (lyonnais) et Imad Ibn Ziaten (marocain), ainsi que vers celles du rabbin Jonathan Sandler, et des enfants juifs Arieh, Gabriel et Myriam – tous ces morts qui sont évidemment les miens, de manière strictement équivalente en regard de la loi divine, parce que les amoureux de la Torah et du Coran sont et seront toujours mes frères – , je n’oublie pas, moi, le caporal parachutiste Abel Chennouf, ce catholique de Martigues (était-il maurrassien ?) dont il ne faut cesser de lire la poignante oraison funèbre prononcée par l’abbé Venard.
Excusez-moi d’avoir encore à citer Sarkozy : «Les amalgames n'ont aucun sens, je rappelle que deux de nos soldats étaient... comment dire... musulmans, en tout cas d'apparence, puisque l'un était catholique». Cette phrase est certainement à apprendre par cœur ; c’est un des plus grands symboles de l’ignominie contemporaine que j’évoquais au début de ce texte. Sur BFMTV, il était très douloureux d’entendre Albert Chennouf, le père d’Abel, s’écrier en larmes : « Monsieur le président de la république, s’il-vous-plaît, soyez digne : taisez-vous. Laissez mon fils dormir tranquille. »
Le deuxième problème lié à l’affaire Merah, c’est la lâcheté, la couardise dégoûtante de ces Musulmans qui n’ont peur que d’une chose, c’est d’être « amalgamés » et « stigmatisés ». Savent-ils seulement ce que ça veut dire, théologiquement, d’être stigmatisé ? Dès qu’il y a un problème quelconque soulevé sur la place publique (le voile, le hallal, Merah), on les voit surgir d’un seul coup, comme des mendiants infects, dépourvus du moindre sens minimal de la dignité, supplier les yeux pleins de larmes pour que l’on ne les confonde pas avec les méchants. Bande de stupides larves ! Mais c’est un honneur d’être stigmatisé par la République Française ! Ces Musulmans qui ne rêvent que d’être intégrés à la France me dégoûtent profondément. Ils veulent vivre leur religion tranquillement, sans faire de bruit, devenir comme tout le monde, comme ces bons chrétiens français émasculés depuis plus de deux cents ans par la Démocratie. Frères musulmans, je vous en supplie, ne vous franchouillardisez pas ! Ca vous intéresse tant que ça, l’éthique républicaine ? Ne tombez pas dans le même piège que celui où est tombé l’Eglise catholique ! Pas de modération, pas de compromis ni de réconciliation avec la France laïque et franc-maçonne !
J’en arrive au troisième problème. Les complotistes professionnels ont été les premiers à dégainer leur détestation de Mohamed Merah (bien plus copieusement insulté sur leur sites internet que sur les sites sionistes) : « abruti complet, vendu à l’Empire, esclave du Mossad », et j’en passe… C’est pratique, hein, de chier sa haine, planqué derrière son ordinateur… Un complotiste, c’est tellement prévisible que sa pensée pourrait être simulée en trois lignes par un logiciel de calculs. Il peut affirmer sans problème que Marine Le Pen et Mélenchon sont amis en secret, parce qu’il les a vus discuter ensemble dans un couloir. Si vous lui expliquez qu’un homme politique ne peut que forcément rencontrer son pire ennemi un jour ou l’autre, parce que les hommes politiques fréquentent à peu près les mêmes lieux, il vous traitera d’agent de la CIA. Leur réaction par rapport aux actes de Merah me font songer à l’attitude de Libération face à Action Directe dans les années 80 : les séides de Serge July se foutaient de la gueule des terroristes anarcho-communistes parce que ces derniers menaient un combat d’arrière-garde et contre-productif, et les critiquaient ouvertement parce qu’ils étaient manipulés par le pouvoir. Et July, il n’était pas manipulé, lui ? Trente ans après, qui avait raison : les démocrates républicains de Libé qui voulaient combattre le pouvoir avec des bulletins de vote (on voit où ça les a menés), ou les révolutionnaires d’A.D. qui ont vécu comme des héros ?

Il semble qu’un type comme Mohamed Merah menait des activités souterraines de combat (militaire ou de guerilla), ce qui ne pouvait que lui faire croiser la route de types de la DCRI dont le boulot est justement de suivre les français de son genre, et de tenter d’en faire un indic. Ca a toujours été le rôle de la police. Les tueries de Merah à Montauban et Toulouse, c’est l’acte d’un semi-indic qui s’est senti pousser des ailes de plomb.
Ces assassinats montrent que la faiblesse principale du terrorisme, qu’il soit mis en action par Emile Henry, Jean-Marc Rouillan ou Mohamed Merah, réside toujours dans le mauvais choix de la cible. Pour le dire simplement : la plus grande « idiotie » de Merah est qu’il s’est attaqué à la Torah au lieu de s’en prendre au Talmud, ce qui est une très grave erreur théologique. Le 16 septembre 1920, il y a eu un attentat contre la banque JP Morgan à New York. Pourquoi ne pas recommencer aujourd’hui ? C’est ça que tu aurais dû faire, Mohamed : au lieu de tirer une balle dans la tête des militaires qui retiraient de l’argent à un distributeur, il fallait faire exploser la banque : c’est là où vit l’Ennemi. Bien sûr, si tu avais été courageux, et même un peu mieux organisé, tu serais monté à Paris et tu aurais flingué en direct tout le plateau d’une émission télévisée d’Arthur. Là, tu aurais été beau, cohérent et authentiquement anti-talmudiste. Cela n’aurait évidemment pas empêché les complotistes d’affirmer sur Facebook que tu étais un stipendié de l’Empire. Mais, au moins, ton anti-anti-antisémitisme aurait été eschatologiquement splendide.

Voici donc ce qu’écrivait Nabe en 2004. Je me permets de vous renvoyer à mon analyse du langage de l’anti-antisémitisme, publiée en 2007 dans la revue Jibrile.

La vidéo de la conférence de Nabe avec Tariq Ramadan est beaucoup diffusée en ce moment sur le web. Il s’y dit des choses très sensées et très fines, quand on prend la peine de la regarder en entier. Ahmed Moualek est le premier à l’avoir diffusée sur le site de « La Banlieue s’exprime », l’introduisant avec un commentaire très honnête.
Je ne veux pas développer ici mes idées sur la Syrie, car le sujet est très complexe (notons par exemple que les Juifs d'Israël sont favorables à El Assad, alors que les sionistes d'Occident lui sont opposés). Mes amis chiites libanais remercient Bachar El Assad d’avoir aidé le Hezbollah durant la guerre de 2006 contre Israël, mais mes amis maronites se souviennent du rôle infect joué par la Syrie durant la guerre du Liban (même si le général Aoun soutient publiquement Al Assad depuis le mois de mai 2011). Aussi, ce n’est pas parce que Nabe soutient la révolution syrienne qu’il faut en faire un « complice de l’Empire » ou un « idiot utile au complot maçonnique ». Je connais certains complotistes qui s’étaient également enthousiasmés pour les révolutions tunisiennes, sans qu’ils n’aient été accusés de quoi que ce soit (à juste titre).
Tariq Ramadan précise bien qu’une des priorités est d’éviter toute opposition frontale entre sunnites et chiites. Voilà une chose qu’on aimerait entendre plus souvent. Par ailleurs, il insiste sur cette alliance permanente existant entre les salafistes littéralistes et l’Occident. Comme « idiot utile au complot maçonnique », on fait mieux… « Chaque fois qu’il y a un intérêt stratégique pour l’Occident, il y a tout à coup, soit des littéralistes, soit des radicaux extrémistes qui s’installent ». Ce qui est rigolo, c’est que les complotistes (toujours les mêmes) croient que ces phrases de Ramadan s’opposent à celles de Nabe, lorsque ce dernier déclare que seul l’islam puisse être un rempart contre l’Occident (dans les pays musulmans) ! Comme si Nabe et Ramadan pouvaient confondre le littéralisme islamiste avec l’islam révolutionnaire, le véritable islam ! N’importe quel être humain sensé, traditionaliste ou non, libéral ou non, sait très bien qu’aujourd’hui, c’est la spiritualité authentique (christianisme, islam, bouddhisme, hindouisme), qui peut servir de rempart contre l’Occident, et que le lettrisme – quelle que soit la religion – sera toujours une ruse de l’Empire du Non-Etre pour assécher, pervertir et dévoyer la spiritualité.
Entre l’Occident et la Nation, il y a une troisième voie : c’est celle de Parvulesco, Rimbaud, Gilbert-Lecomte, Ibn’Arabi, Hônen, Swami Premananda et Saint Jean : l’Eurasie organique et apocalyptique des Temps de la Fin, le Royaume Spirituel total régi par l’Ordre unificateur universel supratraditionnel de Madame Sainte Marie.

mardi 13 mars 2012

Interview par le blog "La Planque"

L'entretien écrit suivant a été réalisé par Sélim Toumi, créateur du blog "La Planque".


1) Bonjour M. James et merci de répondre à mes questions. Pouvez-vous vous présenter succinctement s'il vous plaît ?

Je suis un conspirateur eschatologique du Royaume Eurasien de la Fin. Ma mission gnostique consiste à poser les bases d’une métastratégie révolutionnaire appelée à briser, partout où elles se présentent, les super-structures du totalitarisme démocratique, face visible de la domination dissolutive enfouie dans l’ombre de l’anti-histoire. Le mouvement « Parousia » s’attache à désenfouir le terreau néandertalien du continent du Milieu, reconstituer la milice solaire qui brandira l’arc pré-civilisationnel de l’Age d’Or, l’arc archaïque et primordial dont la branche s’incurve de l’Islande au Japon en passant par la Sibérie boréale, et la corde fermement tendue entre le Portugal et le Bhoutan. Lorsque les forces spirituelles seront suffisamment puissantes pour passer à l’offensive, une seule flèche suffira pour crever l’œil unique du Démon de la Perversité.

2) Vous opposez au monde moderne la notion de traditionalisme. Quelle est votre conception de cette pensée ?

C’est le monde moderne qui s’oppose au traditionalisme, de nature et de fait. L’émergence de cette opposition s’est conduite en trois étapes : d’abord, la condamnation du monde céleste par la négation du concept même d’Eternité, l’interposition de médias entre l’homme et le ciel pour obscurcir la Lumière des lumières. Le moteur de cette première étape est la promotion de l’individualisme libéral. Ensuite, depuis 1945, la post-modernité s’est affirmée en brouillant les rapports horizontaux entre les individus, parvenant à annuler le Temps lui-même en imposant de manière irréductible le flux tendu comme unique manière d’agir, et au final, unique manière d’être. Une troisième époque s’est ouverte avec le châtiment divin de Fukushima, le vendredi 11 mars 2011 à 14h46 : le sol s’est désormais complètement ouvert sous les pieds de l’humanité, afin qu’elle descende aux Enfers pour le contaminer et le souiller irrémédiablement, et parvenir ainsi à obscurcir le noyau terrestre interne, la Lumière d’en-bas, le Contre-Soleil des profondeurs. Il faut bien comprendre que l’homme est aujourd’hui bien plus satanique que Satan lui-même, puisqu’il est parvenu à l’étape ultime de sa contre-évolution, il est parvenu à être infiniment divisé contre lui-même, ce qui revient exactement à ne pas être. La seule issue pour l’élite archéo-platonicienne ne consiste pas à retourner à la Tradition, il s’agirait alors d’une fuite en arrière aisément détectable et automatiquement neutralisée par les forces occultes de la dissolution ontologique. Il faut contre-pénétrer les ténèbres en agissant à la fois sur les niveaux historique, artistique (c’est-à-dire prophétique) et spirituel, rassembler les braises du feu vivant du contre-pouvoir polaire des origines, et souffler dessus par l’affirmation au niveau eurasiatique d’une ligne politique guénonienne, tout en intégrant dans sa chair vivante que l’Esprit ne naît pas de l’histoire, mais que l’histoire naît de l’Esprit.


3) Est-ce que le traditionalisme peut être une réponse aux maux de l'humanité ? Si oui, comment peut-il s'ancrer dans un schéma révolutionnaire ?

La Tradition est passée, finie, éteinte. Ce qui compte aujourd’hui, en cette période qui est au-delà de l’extrême-fin du Kali Yuga (puisque nous sommes déjà entrés dans l’ère du Jugement), c’est de dégager en nous les valeurs traditionalistes qui nous permettront de dissoudre à notre tour, de l’intérieur, l’anti-monde du journalisme, de la démocratie et de la finance, l’anti-monde de l’Occident impérial et nihiliste, pour rejoindre l’Orient mystique qui n’existe que dans les cœurs vivants, un Orient qui – comme l’écrivait Henry Corbin – se situe au-delà du Nord. Je l’ai déjà écrit, mes mots d'ordre sont : Beauté, Compétence, Transcendance, Justesse, Hiérarchie, Sélection, Travail, Foi, Amour, Vérité, Mérite, Aristocratie, Fanatisme, Exigence, Pureté, Discipline, Absolu, Lumière. Notre quotidien, lui, est programmé à la fois par la centralisation, la déresponsabilisation et l’infantilisation : la droite en phase terminale ne pouvait que déboucher sur le gauchisme ultime.

4) Selon vous une révolution ne peut avoir lieu sans une convergence de nos similitudes. Cette convergence est-elle possible dans l'état actuel des choses ?

Jean Parvulesco parlait de la mise en place « d’une dialectique d’auto-dépassement suprahistorique et nuptial ». Si une convergence est absolument nécessaire, c’est celle de tous les révolutionnaires pour en finir une bonne fois pour toutes avec le jugement de l’Homme. Ce n’est pas parce que les élites sont aujourd’hui toutes pourries qu’il faut imposer la démocratie dite réelle, pour la simple raison que le régime démocratique ne peut qu’aboutir à une société où les élites sont pourries. C’est le renouvellement de l’élite, seul, qui soit authentiquement révolutionnaire. Une élite véritable, structurellement dynamisée par le triple mouvement du monde évoqué par Ibn’Arabî (création – manence – résorption dans l’Unité), prête à se sacrifier pour redresser le peuple et lui apprendre l’amour à coups de triques. En réalité, à la fin des fins, la divinité transcendantale ne sauvera le monde en aucune manière, mais elle le jugera.



5) Vous opposez à l'empire, le bloc eurasien que prône Alexandre Douguine. Tout d'abord comment définissez vous l'empire ? En quoi la Russie peut être une place forte dans l'Europe de demain ?

J’oppose le Royaume de l’Etre à l’Empire du non-Etre. L’être et son contraire (l‘anti-être) doivent à nouveau se réconcilier, et les noces vespérales entre la vie et la mort seront alors célébrées dans l’ivresse du renouvellement intégral de toutes choses. La mort n’est pas mauvaise en soi, toute destruction est une bénédiction pour l’équilibre du monde si elle est suivie par une reconstruction. L’Empire du non-Etre est une exaltation de l’avènement totalitaire de la mort, de la mort seule, c’est-à-dire le contraire théologique du sexe. S’il est aujourd’hui permis d’enfiler des sous-vêtements à des fillettes de cinq ans, c’est d’une part parce qu’il n’existe plus de père pour l’interdire, et d’autre part parce que la parodie du sexe (la pédophilie, mais aussi l’homosexualité, la publicité) a remplacé le sexe, au bénéfice intégral de la mort partout régnante. Le besoin a vaincu le désir. Il existe quelques pays eurasiatiques où le désir n’est pas encore tout à fait mort (en Afrique, le désir est super-vivant, mais il faut encore attendre deux mille ans de bouillonnements volcaniques avant qu’il n'explose victorieusement à l’orée de l’ère du Capricorne). L’Iran est sans doute l’unique pays qui soit aujourd’hui structuré suivant la tri-fonctionnalité agissante et primordiale. A l’instar des tribus gauloises de jadis, le chef politique régit la société dans le cadre d’une « constitution » ordonnée par le prêtre. Le pouvoir temporel et l’autorité spirituelle sont ainsi clairement distincts, dans la mesure où le premier est inféodé au second. Ce modèle est à réinvestir à l’échelle grand-continentale, en s’appuyant à la fois sur les réflexions méta-théologiques jaillissant du mouvement révolutionnaire intégral d’Alexandr Dugin, et sur l’expérience guerrière de l’alliance apocalyptique au Liban entre le Hezbollah et le Courant Patriotique Libre. Le défi de l’ère du Verseau, c’est la résurrection de la pierre funéraire enfouie sous la terre grand-continentale, le bâtissage d’une maison jaune où le modèle de vie sera identique à celui de l’Atlantide originelle, à ceci près qu’il s’agit maintenant d’entrelacer les principes des religions justifiées autour d’un axe solaire en feu perpétuel. Le surgissement du Néolithique a vu l’avènement du Roi, dans le but suprême de structurer les sociétés traumatisées par le commerce à l’origine du mélange des ethnies. De manière strictement analogique, le surgissement du Verseau verra l’avènement du cénacle de Prêtres, dans le but suprême de structurer les sociétés traumatisées par le libéralisme démonique à l’origine du mélange des religions. Les clés de la Tradition permettront de desceller un livre roulé, écrit au recto et au verso, sur lequel est écrite de toute éternité la constitution du Royaume Eurasien de la Fin, et qui sera béni par ce cénacle de Prêtres, les guides des religions qui irriguent toute l’étendue du Royaume comme autant d’ardentes veines pulmonaires : christianisme, islam, bouddhisme, hindouisme, spiritualités hyperboréennes et celtiques, toutes compénétrées par un même rythme céleste trouvant sa souveraineté dans le couronnement cosmique de Marie. En réalité, le grand œuvre alchimique de nos temps de l’après-fin consiste à réactiver, prolonger et intensifier la lutte métapolitique des Templiers (brisée par la France), illuminer le Royaume Eurasien par l’éclat de l’Estoile Internelle surgie grâce à l’union entre la Croix et le Croissant, et établir définitivement ce Royaume Spirituel total régi par l’Ordre unificateur universel supratraditionnel de Madame Sainte Marie.


6) Sur votre blog vous parlez de Marc-Edouard Nabe comme "étant le plus grand écrivain français vivant". Sachant que le monde littéraire est aujourd'hui un désert aride n'est-ce pas un titre facile à obtenir ?

Nabe est le Monsieur Jourdain de la Tradition [1]. Je suppose que c’est à peu près en ces termes que Platon devait parler de Homère (dont l’époque, par ailleurs, était également pauvre en littérature).

7) Avec le système de l'autoédition Marc Edouard Nabe propose une alternative économique qui peut s'inscrire dans la sphère dissidente. Selon-vous ce modèle est-il viable et déclinable ?

Ce modèle est l’exemple d’une reprise en mains individuelle des fruits de sa propre création. C’est la moindre des choses pour un anarchiste solaire. Mais si ce processus est viable économiquement, c’est d’abord et avant tout parce que les ouvrages en question sont « viables » littérairement. Cela n’aurait eu strictement aucun intérêt si Yann Moix l’avait fait.

8) Politiquement vous supportez le Parti Antisioniste de Yahia Gouasmi. En quoi le PAS répond-il efficacement aux méfaits de la doctrine sioniste ? Quelle est votre vision du sionisme ?

Le sionisme est l’inversion totale des valeurs du judaïsme, c’est le talmudisme en action contre la Torah. Rappelons ce qu’est le judaïsme. Apparu au début de l’ère du Bélier, le judaïsme est la dernière des religions du néolithique, toutes centrées sur l’affirmation du héros fondateur de nation, et la glorification de la terre sacrée élue par les dieux. Ce n’est donc pas la première religion moderne, comme se plaisent à le dire certains anti-juifs inconséquents, mais la dernière religion archaïque. Or, Nabuchodonosor empêcha la réalisation finale du judaïsme au deuxième tiers de l’ère du Bélier par la déportation des juifs à Babylone. Les religions suivantes (bouddhisme, christianisme, islam), parfaitement adaptées à la lutte contre l’internationale contre-spirituelle représentée par la finance, étaient universelles, et nullement attachées à la notion de patrie. Historiquement et métaphysiquement condamnée, la mission du judaïsme fut alors d’assumer sa condition d’errance éternelle : comme ils l’avaient fait à Ur avec Abram et Thèbes avec Moïse, les juifs se devaient alors d’accomplir la malédiction divine exprimée dans la Torah en portant la voix abrahamique de Dieu au sein même des peuples qui les accueillaient, assumant ainsi leur fonction de vigiles nomades porteurs de la lumière inauguratrice de l’Age de Fer. Or, le Talmud les fit faillir à cette mission, et au lieu d’être nomades au sein de peuples sédentaires comme il le leur avait été commandé, ils firent exactement le contraire : ils obligèrent d’abord tous les peuples à se nomadiser en détruisant de l’intérieur leurs ontologies civilisationnelles, puis ils se sédentarisèrent eux-mêmes par la création de cette aberration théologique totale qu’est Israël. Il suffit d’écouter Gérard Miller déclarer que le nationalisme et le concept d’identité sont des absurdités, avant de s’affirmer quelques minutes plus tard juif et pro-israélien, pour comprendre ce que je veux dire. Le premier critère pour pouvoir accéder à l’illumination transcendantale de la souveraineté nuptiale de Marie, c’est d’abord l’engagement irréductible dans un combat de tous les instants contre, non pas seulement l’existence de l’état d’Israël, mais contre le principe de son essence même. Le PAS est un parti métapolitique d’avant-garde révolutionnaire, car ses assises sont autant immatérielles que solides, solides parce qu’immatérielles, reposant sur une table bien gardée au fond des cieux. Le seyyed Yahia Gouasmi est une des autorités spirituelles grand-continentales les plus justifiées, et à ce titre, est un haut gradé de la chevalerie cosmique des derniers temps héritière des Templiers.


9) Pour finir quelle est votre actualité M. James ?

Toute mon actualité intérieure est polarisée par l’apparition de la Très-Sainte Vierge au lieu-dit de la Salette, le samedi 19 septembre 1846 à midi. Le mouvement « Parousia » dépend entièrement du message délivré ce jour-là aux deux bergers de haute montagne. La célébration des quatre ans aura lieu cet été sur les lieux mêmes de l’apparition. Plus directement, le week-end de Pâques 2012 sera marqué par la lecture intégrale de « L’Enculé » de Marc-Edouard Nabe au Théâtre de la Main d’Or (le lundi 9 avril de 11 à 18 heures), et le mardi 10 avril (à partir de 19h30), il y aura un dîner-conférence au Doux Raisin (29 rue Descartes, Paris Vè) portant sur les relations entre l’Apocalypse selon Jean et le Tarot de Marseille. Ce sera la version actualisée de la conférence donnée sur le même thème en octobre dernier à Moscou, à l’occasion du congrès « Contre le monde post-moderne » organisé par Alexandr Dugin. Toutes les informations sont données sur le blog de « Parousia », lui-même doublé d’un site qui propose beaucoup de documents (textes, vidéos, musiques, bibliothèque de combat).

10) Enfin avez-vous quelque chose à ajouter pour les lecteurs de La Planque ?

D’abord, retenez par cœur cette phrase du saint chevalier celto-chrétien Bernard de Clairvaux : « Seule l’épée est la garante du règne de l’Amour et de la vertu de Dame Charité ».

N’espérez en rien, ne votez jamais. Priez, créez et prenez les armes.



[1] "Toute idéologie est fondée sur une insuffisance humaine. [...] Il faut faire du situationnisme sans le savoir. D'ailleurs, il faut tout faire sans le savoir. C'est Monsieur Jourdain, l'homme idéal ! La grâce de l'ignorance, voilà la liberté" (Kamikaze, pp. 2641-2642)