samedi 17 septembre 2011

Saint-Maximin est le coeur vibrant de la Parousie

La confrérie PAROUSIA a été fondée le 22 juillet 2008 sur le parvis de la basilique de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, à l'occasion de la fête de Sainte Marie-Madeleine.
Une lecture de la Révélation de la Salette avait été donnée, dont la vidéo se trouve sur la première page de ce blog. Une autre vidéo avait été également tournée ce même jour, montrant quelques aspects de la cérémonie ecclésiale sur une musique de notre confrère Olivier Zol : musique sombre et organique, une descente progressive aux Enfers contre-programmée en direct par les splendides images de la fête magdaléno-médiévale, ainsi que par les tableaux ornant la seule basilique gothique de Provence.
Mais cette vidéo s'était perdue dans on ne sait quel disque dur, et l'on pensait que c'était irrémédiable. Or, tel Charles d'Anjou désenfouissant le tombeau de Sainte Marie-Madeleine le 9 décembre 1279 en terre sacrée de Provence, le petit film fut extorqué ce matin des limbes de l'oubli.


On m'entend déclamer au début les "Prolégomènes à la création d'une confrérie mystique d'aspirants à la voie lumineuse de la Parousie paraclétique". En voici le texte (que l'on peut trouver également en première page du site http://www.parousia.fr/).

Si la Très-Sainte Vierge, Marie-Madeleine et Jean l’Evangéliste pleurèrent à chaudes larmes au sommet du Golgotha sans honte aucune, ce fut certainement après avoir entendu la clameur du Christ surgir vers la neuvième heure : « Eli, Eli, lema sabachtani ? ». L’irruption de ce désarroi cosmique devant le surgissement tragique de la Solitude, reflet de la déchirure entre la chair et la pulsation divine, fut ressentie par les trois amoureux de la Passion comme un affreux pressentiment de l’échec partiel de la mission christique. Il leur fut alors donné de comprendre que les hommes ne seraient pas tous enclins à suivre l’exemple donné par Jésus de la dissolution de leur individualité dans le miel extatique de la connaissance de Dieu : la séparation ontologique d’avec le Grand Tout allait être un chemin, archi-sombre et intensément glacial, délibérément emprunté par les hommes qui choisiraient – désormais, en toute connaissance de cause – d’épouser la cause de Satan. Cet ineffable trio de témoins du Mystère exprima, chacun à sa manière, ses visions lymphatiques afin de renforcer la puissance du Message du Christ, et surtout, par la suite, d’exprimer la Bonne Nouvelle de la Résurrection avec beauté et conviction.

La Sainte Vierge passa sa vie au ciel à faire du bien sur la terre. De sa première apparition au Puy en 47 ap. J.-C. jusqu’à Arc-Watripont (Belgique) en 1993, Elle n’eut de cesse de mettre en garde les hommes sur la conduite à tenir lors de l’irruption de la Fin des Temps. Il n’est que de noter la teneur de son exhortation enlarmée du samedi 19 septembre 1846 aux deux bergers de la Salette, durant laquelle Elle alla jusqu’à préciser que la décrucifixion était à moitié consommée : « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de le prier sans cesse, et pour vous autres, vous n’en faites pas cas ».

Saint Jean dicta son Apocalypse au fond de sa grotte de Patmos afin de notifier aux hommes l’imminence de combats eschatologiques, et la possibilité – pour ceux d’entre eux qui marchent aux côtés de la Bête – d’être jetés dans l’étang de feu. Celui qui siège sur le « trône blanc, très grand » (XX.11) ne connaîtra pas le pardon miséricordieux : son unique référence sera le Livre de Vie. Celui-là sera le Paraclet, avocat des Justes mais aussi accusateur des disciples du Dragon / il y aura donc des morts qui n’auront pas aimé le Christ !

Enfin, Sainte Marie-Madeleine, apôtre des apôtres, après avoir prêché l’Evangile aux phocéens afin de renverser le culte ovocratique d’Artémis d’Ephèse, se réfugia sur les hauteurs de la Sainte-Baume pour se répandre en larmes d’amour trente années durant. Son opiniâtreté dans la transmission de la beauté de son Rabbouni prit une tournure tragique, à travers l’incompréhension qu’elle suscita chez quelques fidèles intransigeants de l’antique déesse chasseresse. La vénération de la déesse fertile ne perdura pas seulement sous la forme magnifique de croyances humides envers les fées enchantées, mais également à travers quelques hérésies gnostiques comme le catharisme, qui ne put s’ancrer durablement que par le travestissement du message de la Madeleine. L’amour de cette dernière envers Jésus fut en effet traduit par certains nostalgiques de la dualité comme un succédané de désir puissamment charnel (consommé ou non), trahissant l’essence purement monophysite du Fils de Dieu.

Nous désirons remettre l’Apocalypse dans le bon sens : celui du johannisme le plus flamboyant. Nous méprisons les millénaristes fondamentalistes et leurs morales appliquées à la gestion des forces terrestres, hérésie similaire au pélagianisme (« pouvoir le bien, c’est le vouloir »). Le retour glorieux du Christ Pantocrator à la fin des temps correspondra à la fondation d’un nouveau cycle de l’humanité adamique, structurée suivant le double pôle de la Jérusalem céleste d’une part (la matière imparticulée selon Edgar Poe), et « l’étang brûlant de feu et de soufre » d’autre part (coagulation d’individualités atomisées). Cette Parousie aura lieu après le second combat eschatologique qui se déroule actuellement sous nos yeux, entre le monde des Aveugles (oublieux de la pensée magique et analogique), et celui des Invisibles (armée rhizomatique et spirituelle).

Nous voulons engager notre chair dans l’anneau de feu de l’Esprit Saint par la métaphysique expérimentale, abolir notre moi dans la splendeur unique de Dieu en réactualisant d’antiques moyens d’illumination méta-corporelle telle que la transe, la musique circulaire, la danse pulsatile, ou la contemplation de sculptures déchirantes. Nous désirons circonscrire la multiplicité d’états (ou localisations spirituelles) engendrée par la mise en œuvre de ces techniques de la non-identité, par les sublimes litanies spirales du credo de Nicée. Car nous sommes essentiellement abrahamiques et mystiques, fidèles à la Révélation, intensément révolutionnaires par amour de la Vérité.

Nous aimons ces groupes d’hommes et de femmes du XIVè siècle que certains appellent les danseurs. Ils atteignaient à la plénitude de la Vérité en dansant en groupes jusqu’à l’épuisement, et dégageaient de leurs extases suffocantes des visions dorées et resplendissantes. Nous sommes plus proches qu’eux de l’Heure finale, et nous considérons que l’urgence de telles cérémonies est aujourd’hui criante.

Nous désirons créer une confrérie d’hommes et de femmes convaincus par la nécessité de faire chavirer l’époque dans le creuset du verset 11 du chapitre XX de l’Apocalypse de Jean (« Le Jugement des nations »). Nous aimons l’amour, la beauté, le combat, la vérité, la chair, la pureté, le fanatisme et l’extase transcendantale. Nous haïssons la haine, la laideur, la lâcheté, le mensonge, les circonlocutions de l’intelligence, le manichéisme et la mollesse de l’âme. Nous aimons Dieu, Jésus et tous les Prophètes, du premier jusqu’au dernier. Nous haïssons le centre de la vie, point focal de la mort hideuse.

Nous aimons la Mère du Livre, Umm al-kitab.

Les précessions équinoxiales nous ont appris que le Verseau oblitérera le Poisson : Jésus s’est décloué, est monté sur le Trône, et dépêchera bientôt le Mahdi pour aider le Troisième Terme à façonner un Nouvel Adam.

Nous aimons le Paraclet : passionnément et radicalement, avec toute l’allégeance vibrante qu’il nous est possible d’offrir.

2 commentaires:

  1. La première impression qui me vient en regardant cette video est : c'est glauque. C'est pas que je suis particulièrelent puritain, mais il y a comme un mélange des genres assez ... malsain. Je suis désolé de le dire aussi directement. C'est n'est pas la première fois que je ressend cela, je l'ai directement experimenté à votre conférence à Rennes, surtout lors de vos lectures. Il y a comme un besoin impérieux d'émotion forte, de sang bouillonnant, de feu ardent ... Je comprend pourquoi vous aimez Mishima, il avait exactement ce tempérament. A mon avis, c'est celui du "kshatrya", mais pardonnez moi, "kshatrya" assez décentré. Je veux dire, vous parlez très bien de métaphysique, Vos exposés peuvent être passionnant, mais je crois là aussi vous pouvez faire un mélange des genres. Et malheureusement,je ne sais pas si vous vous en rendez compte, mais celà peut avoir une influence assez néfaste... Vous devez connaitre Le Reigne de la Quantité de René Guénon qui est pour le moins clair sur le sujet. Je ne doute absolument pas de vos bonnes intentions, mais celle ci ne suffisent pas toujours...

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  2. Merci pour votre commentaire. Ce film n'est pas glauque, mais sombre. Je suis désolé d'avoir à rappeler que la création ne relève pas du domaine de la prêtrise, mais de la prophétie. Je n'ai absolument aucune prétention à aucune autorité spirituelle. Mon moteur est Lautréamont, et il prévient d'emblée qu'un lecteur non attentionné doit fuir ses pages pleines de poison. Ce ne sont pas mes intentions qui ne sont pas suffisantes, mais celles de l'auditeur (ou du lecteur, spectateur, etc.). Moi, je sais très exactement où je suis.

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