vendredi 9 août 2019

Cap Canaille

Je reprends enfin en ce jour "Un captif amoureux", pile en face du Cap Canaille.

"Si le Congrès de Bâle accepta finalement cette proposition de s'établir en Palestine, après avoir pensé à l'Argentine et à l'Ouganda, je ne suis pas sûr du tout que le choix fut fait pour des raisons divines. Après tout, ce que les juifs nomment "Terre Promise" ce fut d'abord à un vagabond venu à pied de Chaldée, à un autre venu d'Egypte, mais le pays nommé "Terre Sainte" est célèbre par les événements rapportés dans le Second Testament. Plutôt que d'aimer ce pays les juifs devraient le haïr. Il a donné naissance à ceux qui furent leurs pires ennemis et d'abord à saint Paul. Qui se souviendrait sans lui et sans Jésus de Jérusalem, de Nazareth et du charpentier, de Bethléem, de Tibériade, tout l'Evangile ne parle que de ces lieux."



vendredi 10 mai 2019

« Et nous aussi nous y retournerons, au Soleil »


"La Tribu de Juda était la figure anticipée du Royaume de France". 
Lettre du 21 octobre 1239 du pape Grégoire IX à saint Louis
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C’est une question obsédante, et sur laquelle je n’ai jamais changé d’un yod.
Sur le principe, non seulement l’antisionisme n’a rien à voir avec l’antisémitisme, mais c’en est même exactement le contraire. Car – et je l’ai déjà écrit – le véritable antisionisme se pense et s’exerce au nom du judaïsme. Bien sûr : l’antisionisme peut également servir de paravent à l’antisémitisme, mais il est facilement vérifiable que ce dernier a beaucoup plus souvent trouvé refuge dans le sionisme que dans l’antisionisme. Même aujourd’hui : les véritables antisémites contemporains – qu’ils soient païens, gnostico-dualistes, lucifériens ou athées – sont très souvent sionistes, sans discussion possible. C’est logique. Ils ne veulent pas de Juifs dans leur société, préférant qu’ils se regroupent tous ailleurs.
Un antisémite antisioniste, lui, est rationnel mais illogique : sa pensée est un vortex descendant qui ne peut aboutir qu’à la volonté d’extermination totale des Juifs, puisqu’il ne veut, ni qu’ils soient présents dans sa société, ni qu’ils se regroupent ailleurs.
Quant à ma position antisioniste et non-antisémite, elle est logique et irrationnelle, puisqu’elle est chrétienne. La terre d’Israël ne peut qu’être un lieu purement mystique depuis l’avènement du Fiat Lux et le restera tant que les Juifs ne se seront pas convertis, et sa concrétisation territoriale ne peut être valide qu’au moment précis de la Parousie – cet instant qualifié où Israël s’élargira alors aux dimensions de la Terre, et où sa capitale, Jérusalem, s’élèvera dans les cieux.
Un chrétien sioniste relève, pour moi, de la même aberration qu’un chrétien qui participerait à une messe sans communier. Il est vrai qu’un chrétien sioniste l’est souvent, non par choix réfléchi, mais par réflexe anti-islam – puisqu’il pense souvent que le musulman est antisémite car antisioniste, ce qui est une profonde erreur théologique. En définitive, un chrétien sioniste est autant illogique qu’irrationnel, c’est un pur oxymore désincarné.
Quant au chrétien antisémite, c’est un hérétique, et il n’est donc pas chrétien. S’il est sioniste, il est logique (même s’il ne le sait pas, puisqu’il se croit chrétien). Mais s’il est antisioniste, c’est un homme qui a tout perdu, absolument tout ; sauf la raison, bien entendu.
Je viens de retrouver ces pages sublimes de Jean Parvulesco – dont on sait ce qu’il pensait de l’entité politique israélienne - extraites de L’Etoile de l’Empire Invisible (pp. 321-323).
Il s’agit d’un dialogue intempestif entre Tony d’Entremont et Marie-Hélène, au sujet d’un de leurs amis qui vient de verser dans l’antisémitisme.
C’est à pleurer d’amour.
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-… car, voyez-vous, ma chérie, ce qui m’angoisse le plus, dans les nouvelles que vous me donniez, cette nuit, de Charles-Antoine à Moscou, c’est la venue en surface de ce risque d’abdication intime, d’aliénation spirituelle – et à chaque fois irrévocable, comme on a récemment encore eu le sombre loisir de l’apprendre – qu’est la nouvelle profession de foi de Charles-Antoine, qui – me dites-vous – s’est mis – sans crier gare – à son tour, et après bien d’autres – à conspuer prophétiquement les états à venir du judaïsme, à se laisser prévoir – et sans doute aussi à souhaiter – « l’anéantissement d’Israël » et même – est-ce possible de seulement y penser, je me le demande – le prochain « démantèlement du Dieu d’Israël », ombre en arrière de notre propre Dieu – Dieu n’est présent dans l’histoire qu’à travers le Peuple d’Israël, et cela, surtout, si, aujourd’hui, le Peuple d’Israël est représenté, incarné par la seule communauté eucharistique romaine, par l’historial dogmatique vivant, je veux dire par le devenir ontologique de Rome, qui n’en finit plus de reconstituer, et d’instituer Israël dans l’histoire et au-delà de l’histoire… ainsi le moment précis où quelqu’un des nôtres en vient – somnanbuliquement, et toujours sous une influence ennemie – à s’attaquer, en conscience ou en termes d’action directe, à l’Israël historiquement en marche, vivant, supplicié, halluciné et comme calciné par son inconcevable espérance « d’au-delà de toute espérance », est aussi le moment précis – et là, voyez – voyons – Charles-Antoine en sa soudaine folie – où celui-ci est amené à quitter les rails de la « juste direction », de la Rechte Meinung de Meister Eckhart, pour glisser sous les juridictions occultes de la Puissance des Ténèbres et de ses Klippoth, de ses « Ecorces Mortes »… l’inattaquabilité d’Israël ne constitue absolument pas une règle infranchissable, un « tabou » théologique de droit divin, et bien moins encore je ne sais quel interdit politique… pour nous autres, il s’agit là d’une pétition magique, d’une opération magicienne – de Haute Magie, tel qu’un Eliphas Lévi entendait ce terme – qu’il faut donc entendre activement, en termes de contre-attaque permanente, farouchement intériorisée, sans nulle dérogation : veiller, veiller je dis, les armes à la main, pour que cela ne puisse pas se faire et pour que si d’aventure cela se faisait que nous sachions à tout instant le défaire… car si cela ne nous concerne en rien, le « judaïsme mondial », ou « l’Etat d’Israël » - d’ailleurs, quel « Etat d’Israël » - le sort de l’Eternel Israël, par contre, ne concerne – à la limite – que nous-mêmes, et que nous seuls, d’une manière aussi directe que vertigineusement subversive, nous-mêmes dans les souterrains de notre propre divinité méta-symbolique, nous-même dans la haute garde de l’Esprit Vivant, du Souffle d’Israël… alors que peut-on encore faire, que va-t-on devoir faire face à la tragédie de Charles-Antoine qui s’est ainsi fait spirituellement déporter, happer par l’ennemi, et qui… oui, et qui… mais tout cela, Marie-Hélène ma chérie, vous le savez mieux que moi, même si vous-même vous ne savez plus ce qu’il conviendrait d’envisager pour y porter ne fût-ce que partiellement remède… mine de rien, on nous déporte ainsi – nous autres tous, avec Charles-Antoine, nous autres tous du « cercle rouge » de la « nuit de l’hôtel Waldeck » - on nous déporte tous, dis-je, vers une marginalité dont je ne connais que trop bien le vertige schizophrène et sans plus aucun recours, dont j’entrevois à l’avance les affaiblissements menant tout droit au secret agissant et super-narcotisant de l’Anti-Monde et de ses manipulations cosmologiques criminelles et ensouillées de « deuxième mort », et – je le sais – nous ne nous en tirerons pas à si bon compte, en prétendant défalquer - lâchement, et plutôt inutilement – notre cause actuelle de celle de Charles-Antoine Zdrojewski, en essayant de le reléguer, lui, dans les dépendances inhabitées – mais où il y a plein de monde quand même – investies par sa seule folie à lui…

-… ah, mais attention, attention Monsieur d’Entremont, tournant dangereux par là… il ne manque plus que l’accusation d’antisémitisme dans votre si beau discours, et je vous y sens venir… le temps se gâte, « quelle est cette ombre noire dans le jardin »… et, d’ailleurs, si vous voulez ouvrir le champagne…

-… l’antisémitisme, comme vous dites, avec un mot tout à fait odieux, n’est en effet pas tellement loin quand on en vient à s’égarer dans ces douteux parages sociologiques, mais l’antisémitisme, très sincèrement, je ne sais pas ce que cela veut dire, et cela ne m’intéresse à vrai dire pas du tout de le savoir, d’aucune manière… alors que, par contre, l’anti-judaïsme, là je connais, et j’entends m’y opposer – faire que tous nous nous y opposions – par tous les moyens, et avec la dernière violence d’intention… ces ombres, ces plaintes rétrospectives traversons-les donc d’un seul coup, je les tiens désormais pour inoffensives, même si la « sombre rumeur » en persiste, et que d’aucuns s’évertuent à l’entretenir, sournoisement, avec une rage glacée et sale, dans les termes des grandes contre-stratégies diversionnistes et de provocation poussées en avant par les congrégations occultes, par les « égrégores » des Klippoth actuellement encore à l’œuvre, par les conjurations hallucinées de ces « écorces mortes » dont les nécroses métasymboliques – et autres, plus abjectes – ne parviennent guère plus à m’émouvoir, j’en ai soupé plus que mon dû

-… ah non, Tony… si vous voulez bien, ne parlons plus de cela… je ne le supporte plus, j’ai l’impression que le simple fait d’en parler attire au-dessus de nous, sur nous, des ombres, des puissances inidentifiables et dangereuses, d’immenses pans d’influences négatives, d’exhalaisons de détresse et de mort… il y a eu trop de… enfin, je ne veux pas parler, du tout…

-… et pourtant vous-même, Marie-Hélène, vous parliez si haut, la nuit dernière, de mystère d’ensoleillement ontologique final dont les prémices ardentes se cachent, à présent, quelque part sur le Mont Carmel, qui s’y tiennent en attente… mais le Mont Carmel n’est-il pas, aussi, la Montagne Sainte d’Israël, son « Lieu Ultime » ? Et avant d’être la Montagne de Marie, de Notre-Dame du Mont Carmel, le Mont Carmel n’avait-il pas été la Montagne d’Elie, le Supérieur dans l’Eternité de « l’Ordre du Carmel » ? Elie, notre Elie, qui vint du Soleil et qui, sur son Char de Feu, retourna au Soleil ? Et Notre Dame du Carmel n’est-elle pas aussi, et fondamentalement, la Dame du Soleil, la « Femme enveloppée de Soleil » dont parle l’Apocalypse de saint Jean ? Et la mystérieuse Dame du Soleil apparue à Fatima, au Portugal, n’est-elle pas, en fait, Notre Dame du Carmel ? Et le Cœur Immaculé de Marie, présenté à Fatima, n’est-il pas, occultement, le Centre Même du Soleil ? Flamboyant, flamboyant, flamboyant ? Et nous aussi nous sommes du Soleil, et nous aussi nous y retournerons, au Soleil… Cependant, souvenons-nous en à présent – à présent que les Grands Temps reviennent – souvenons-nous du fait qu’Elie égorgea de ses mains, « au torrent de Quishôn », les quatre cent prêtres de Baal que les Juifs trouvèrent sur place en entrant en terre de Canaan, pour l’occuper, et qu’il y négocia sauvagement, sur place, les quatre cent – aussi – prêtresses d’Astarté… non, il y avait quatre cent cinquante prêtres de Baal égorgés par Elie, et quatre cent prêtresses d’Astarté… entendons-nous donc bien, il ne faut pas toucher à la Sainteté d’Israël, jamais, jamais… Ils ne veulent peut-être pas le savoir, ceux d’entre nous qui s’égarent ainsi, mais quand ils s’attaquent à Israël, c’est à Dieu, à notre Dieu qu’ils s’attaquent, et à nous-mêmes, qui sommes de Dieu… et quoi de plus mystérieux que notre assujettissement à Israël, si ce n’est – aussi – le très occulte assujettissement d’Israël envers nous autres, qui n’y sommes venus que par la grâce surnaturelle – exclusivement – du sang divinement versé par notre Prince du Secret, par le sang, aussi, que nous avons versé, que nous versons nous-mêmes, et que nous buvons, par le sang que nous verserons sans hésiter – tout le sang – dans la défense du Très Précieux Sang qui nous revient par la race, par la souche, par le filet caché, par le désir fou de David et de ses descendances à nouveau réunies, souterrainement – très souterrainement – en un seul faisceau, en un seul « cercle rouge », fussent-elles, actuellement, ces descendances, démantelées – apparemment, peut-être – depuis Stenay, et comment en douter qu’elles le fussent si c’est ainsi qu’il nous faut le dire… mais d’autre part, pour le « tout petit nombre élu » de ceux qui savent vraiment y voir, rien n’est moins caché que le sang qui se cache dans le sang, derrière le sang du sang qui est en lui, en Lui… je suis à bout de souffle, j’arrête je suis à bout de souffle, il faut que…