dimanche 28 septembre 2014

Rencontres Eurasistes à Bruxelles le samedi 18 octobre

Ces Rencontres ne seront pas une journée de conférences supplémentaire.
Le but est d'édifier et de fortifier un axe de combat directement concret et résolument transcendantal, un axe de combat que les nôtres attendent dans l'ombre depuis soixante-dix ans.

 
 

lundi 4 août 2014

Rennes-le-Château, 13 août : Mystérieuses Connexions



Voici le titre et le résumé de ma conférence :
 
Les grandes épousailles mystériosophiques entre Rennes-le-Château et le Royaume d’Araucanie

Il s’agit de montrer que les deux origines fondationnelles de la France, mises en lumière lors de ma conférence du 18 janvier dernier à Rennes-le-Château, furent trahies l’une et l’autre par les Forces des Ténèbres qui ont enrégimenté notre pays. Ces Forces, à la fois anti-mérovingiennes et anti-celtes, ne peuvent être renversées que par une nouvelle synthèse conjonctive de ces deux cosmogonies originelles, qui passera par l’émergence d’un Troisième Terme nuptial et impérial

Compte-rendu de "la Gazette de Rennes-le-Château" :

Dès 10 heures, une trentaine de personnes étaient réunies pour écouter Eridan d'Astor parler des Templiers dans le Var. Pendant plus d'une heure trente, le conférencier a évoqué la présence templière dans ce département ayant répertorié une centaine de sites à Tourtour, à la chapelle templière de Saint-Maymes, à Trigance, au Cap-Sicié, à la commanderie du Ruou...
 

Eridan d'Astor - JLG ©
 
Il évoqua également les trésors du Verdon et Alfred Weysen avec les pierres écrites de l'Evescat, de Demandolx et de Saint-Maymes ainsi que les neuf chapelles templières, les diverses tombes d'Hugo de Bagarris, de Saint-Pierre, le site de Valcros, etc. Le public a apprécié et a posé beaucoup de questions !
 

Eridan d'Astor - JLG ©
 
JLG ©
          
En début d'après-midi, Enric Sabarich présentait "Le secret de Rennes-le-Château et le gnosticisme" en espagnol. La traduction française était assurée par Kris Darquis.
D'emblée, Enric Sabarich retraça l'historique de Rennes-le-Château. Il évoqua également la crypte, la litre, Marie-Madeleine. Il précisa ensuite le titre de sa conférence sur le gnosticisme, basé sur la dualité dans l'église du village avec les deux Jésus des statues de la Vierge et de Joseph, l''évangile de Jean étant privilégié dans ce cas.
 

Enric Sabarich et Kris Darquis - JLG © 
          
Le conférencier expliqua le plan de l'église reproduit dans le jardin voisin, les deux tours de verre et de pierres, la station 14 du chemin de croix. Saunière aurait trouvé à l'intérieur des sacorphages carolingiens de la crypte de son église des écrits gnostiques. Pour étayer sa thèse, il retraça 2000 ans d'histoire à travers le cheminement de ces écrits, notamment via les cathares et la famille d'Hautpoul qui posséda la baronie de Rennes-le-Château. Antoine Bigou les reçut de Marie de Nègre d'Ables et les cacha à la révolution française.
 

Enric Sabarich - JLG ©
 
Comment expliquer la fortune de Saunière ? Pour l'essentiel, il aurait pu négocier les documents avec les Habsbourg ! Le public posa de nombreuses questions sur les jumeaux putatifs.
 
Laurent James enchaina avec "Les grandes épousailles mystériosophiques entre Rennes-le-Château et le Royaume d’Araucanie". La France a totalement trahi le peuple celte oublié, voire occulté. Les dynasties carolingiennes et capétiennes sont des usurpatrices pour le conférencier.
 

Laurent James - JLG ©
          
Laurent James parla ensute de l'Atlantide et des traditions celtes et égyptiennes, héritières de la précédente, qui se focalisèrent en France.
 

Laurent James - JLG ©
          
Enfin, il aborda les perspectives révolutionnaires et eschatologiques en lien avec l'ère du poisson. Le meilleur garant des lignées celte et mérovingienne est le royaume d'Araucanie et de Patagonie grâce au couronnement du nouveau roi, Stanislas Ier ! Il insista sur l'osmose à trouver entre le royaume d'Araucanie et Rennes-le-Château comme résurgence des civilisations oubliées dans la réunification du vieux pays celte.
 
Dernière conférence du cycle, Christian Doumergue présenta "L'Avènement d'un monde nouveau". Il analysa la raison d'être du "Mythe" de Rennes compris à travers la pensée de Pierre Plantard.
Plantard a été l'homme d'une oeuvre unique à partir de ses premiers écrits dès 1940. Il a 20 ans et publie dans le journal des époux Zaepffel. Il rejette les partis politiques, les mouvements associatifs. Dès le numéro 1 de "Vaincre" en 1942, René Zaepffel rédige un article qui va en ce sens. Plantard veut créer un état d'esprit et unir les hommes de bonne volonté animés par cet idéal.
 

Christian Doumergue - JLG ©
 
Pierre Plantard s'inscrit dans la lignée de Paul Le Cour et veut le triomphe des forces nouvelles. Il se réfère à l'ère du verseau et souhaite reconnecter l'individu aux forces spirituelles.
Plantard est habité par la recherche de la vision médiumnique. Dans les années 60, il est toujours dans ce registre de pensée.
Le 17 janvier 1964, Pierre Plantard aurait donné une conférence à Rennes-le-Château à l'hôtel de "La Tour", sans doute fictive. L'essentiel est qu'il ait voulu laisser une trace en lien avec sa pensée. En effet, il stigmatise le politique, la presse, la police, l'enseignement.
 

Christian Doumergue - JLG ©
 
Pourquoi a-t-il choisi Rennes-le-Château ? Au coeur de l'énigme de Rennes repose le mythe atlante. Plantard veut atteindre la demeure de la belle endormie, reine d'un royaume perdu, c'est-à-dire la tradition atlante. Cela peut être aussi une réalité concrète d'un personnage endormi !
En épilogue, le conférencier évoqua l'attente de Pierre Plantard, celle du Grand Monarque, le mythe de RLC comportant un véritable enjeu sociétal !
 

Table ronde avec Kris Darquis, Georges Kiess, Christian Doumergue, Arnaud de l'Estoile, Eridan d'Astor et Laurent James - JLG ©
La table ronde finale permit d'évoquer de nouveau la personne de Pierre Plantard qui aurait connu le Royaume d'Araucanie via Jean Parvulesco dont le petit-fils a été sacré roi d'Araucanie sous le nom de Stanislas Ier !
13 aout 2014, Johan Netchacovitch
 
 

samedi 2 août 2014

Dernier article de Léon Tolstoï, notre reporter à Gaza


"Tout porte l’humanité raisonnable à s’insurger contre l’idée bornée de l’Etat, tandis que le sionisme veut ranimer une vieille guenille, appelant progrès cette aspiration primitive. Le sionisme est la négation de tout ce que nous avons de sacré dans notre vie."



Le sionisme est un mouvement qui m’a toujours intéressé, non parce qu’il donne à son peuple une solution de sa pénible situation, (cette issue il ne la lui donne pas) mais parce qu’il est un exemple frappant de l’immense influence que peuvent parfois subir les gens qui ont beaucoup vécu et ont éprouvé dans leur vie toute la vanité d’une certaine aventure.
Sous nos yeux, un peuple ancien, intelligent, pourvu d’une grande expérience, qui a souffert longtemps des maux les plus terribles de l’humanité, maintenant, de nouveau, en tombe malade.
En lui renaît à nouveau la soif d’avoir un gouvernement, et le désir mauvais de gouverner, de jouer un rôle. Il désire se parer à nouveau de tous ces accessoires du nationalisme, avec ses troupes, ses drapeaux, sa formule à lui en tête des arrêts des tribunaux.
Il me semble toutefois, que tous ne sont pas saisis de cette sombre passion qui mène les hommes à leur perte, à la ruine et l’épuisement, et à l’arrêt inévitable du travail fécond de l’esprit.
Je pense que seule une partie du peuple, la plus faible et la plus impressionnable, qui aime philosopher et qui envie l’éclat mensonger des nations européennes, souffre de cette maladie d’une « résurrection » qui est en réalité, de la « dégénérescence ».
Le véritable esprit israélite est contraire l’idée d’une patrie bornée à un territoire.
Il ne veut plus du vieux jouet qu’est l’Etat, et, une fois pour toutes il y a renoncé. Je ne puis, sans attendrissement, me rappeler la jolie légende d’un sage hébreu de l’époque de la chute de Jérusalem.
Il avait rendu un grand service à Vespasien, et celui-ci, en récompense, lui promit de lui accorder tout ce qu’il demanderait.
Quelle belle occasion de demander la fin du siège de l’ancienne liberté du pays !
Mais le sage dit :
"Permets-moi d’aller avec mes disciples dans la ville de Yabné et de fonder là une école pour l’étude des livres saints."
Cette demande du sage était étrange et folle pour le Romain nourri dans les guerres et les massacres.
Mais c’était une belle réponse, consciente de la grande élévation de tout le peuple.
Le sage avait compris le mystère sacré de l’esprit, et demandait ce qui, en apparence, était très peu. Ce peu était le grain de moutarde qui est très petit mais qui donne une très grande plante.
Cet échange du temporel contre le spirituel, c’est le plus beau geste de l’histoire du Judaïsme. Il n’est pas encore assez apprécié par le peuple ; le peuple n’en a peut-être pas encore assez profité. Mais le peuple le sent par toutes ses fibres, et il refuse de se jeter dans une ancienne aventure, étrangère à son âme.
Ce n’est pas la terre qui est sa patrie, c’est le Livre. Et c’est un des spectacles les plus admirables de l’histoire ; c’est la meilleure vocation qui puisse entraîner un homme.
Plongé dans le Livre il n’a pas vu les siècles s’écouler sur sa tête, il n’a pas vu comment les peuples paraissaient et disparaissaient de la terre, comment de nouveaux pays étaient découverts, comment la vapeur s’élevait de la terre, tandis que la fumée noire des cheminées d’usines cachait le ciel clair aux hommes, à ces hommes qui, dans leur aveuglement, marchaient sous le lacis épais des fils par lesquels la force muette mais impitoyable de l’ambre transporte les nouvelles plus terribles, plus cruelles, plus folles l’une que l’autre.
Ce torrent de civilisation qui aboutit au gouffre et enflamme en l’homme le désir misérable des jouissances, n’a pas atteint le grand vieillard occupé à la lecture du livre auguste. Et seule l’écume de ce torrent tache les pages saintes des souillures de la raillerie et de l’athéisme. Les chefs du sionisme font partie de cette écume car ils négligent orgueilleusement la question religieuse et ne s’occupent que d’émigration et de politique, de politique et d’émigration.
« D’abord rassemblons-nous de tous les côtés, disent-ils, et ensuite, nous penserons à la religion. »
Ce n’est ni naturel, ni intelligent, et nullement du goût du peuple juif.
Je me rappelle le magnifique chapitre du Deutéronome où après les paroles foudroyantes de la malédiction et de la bénédiction, le jeune esprit du peuple naissant prononça des paroles d’une signification profonde :
« Or, quand toutes les choses, que je t’ai montrées seront venues sur toi, soit la bénédiction, soit la malédiction, et lorsque tu les auras rappelées dans ton cœur parmi les nations vers lesquelles l’Éternel, ton Dieu, t’aura chassé, et que tu te seras converti à l’Éternel ton Dieu, et que tu auras écouté sa voix, toi et tes enfants, de tout ton cœur et de toute ton âme, selon que je le commande aujourd’hui, l’Éternel, ton Dieu ramènera tes captifs, et aura compassion de toi ; et il te rassemblera de nouveau d’entre tous les peuples parmi lesquels l’Éternel, ton Dieu, t’avait dispersé.
Quand tes dispersés seraient au bout des cieux, l’Éternel, ton Dieu les en tirera et les rassemblera.
Et l’Éternel, ton Dieu, te ramènera au pays que tes pères auront possédé et tu le posséderas » (Deutéronome XXX, 1-5).
Les chefs du sionisme raisonnent autrement. Ils paraissent vouloir tenir le rôle de Dieu. Ils veulent séparer les Juifs de tous les autres peuples, les conduire dans le pays de leurs pères, et une fois là, demander à Dieu de prendre soin d’eux. Mais Dieu aura droit de leur dire : ainsi vous vous amusez à singer mon œuvre !
Voilà pourquoi même parmi les rabbins, on considère le sionisme comme une doctrine étrangère au peuple et pleine de dangers.
Bien que ce soient les orthodoxes qui affirment cela, (ces orthodoxes qui ordinairement, dans les religions, sont des extrémistes), ici l’orthodoxie israélite se trouve sur un terrain très ferme, sa résistance est tout à fait légitime.
L’opinion générale qui veut que le sionisme aide à l’élévation de l’esprit national (c’est ainsi qu’aiment à s’exprimer ses adeptes) en réalité, ne se justifie pas. En lui, il n’y a vraiment rien de national.
M’intéressant à cette question que la presse fait mousser (comme des blancs d’œufs en neige), j’ai parcouru quelques éditions sionistes avec le vieil emblème des deux triangles entrelacés. Dans un de ces livres, j’ai trouvé l’image d’une petite fille au visage rond, charmant, les mains potelées jointes sur la poitrine. Ses yeux sont levés avec une expression de prière, vers Dieu qui se tient dans les cieux. Sous cette image, on pourrait tout aussi bien écrire : « Pater Noster », « Vater unser », « Notre Père », et, en général n’importe quelle traduction, en langue européenne, de la célèbre prière du Christ, parce que le fin et doux visage rond de la fillette, qui a tous les caractères de la race aryenne qui peuple l’Europe, ressemble le moins possible à un enfant juif. Et cependant, sous le tableau est inscrite la légende : « Ma tovou », c’est-à-dire les premiers mots de la prière matinale des Juifs. Dans cette petite supercherie il y a toute la fausseté du nationalisme dont se pare le sionisme. Il est lui-même l’os de l’os, la chair de la chair de l’européanisme contemporain, son enfant faible, rachitique, qui imite ses aînés, construit le château de cartes des États et ceint le bandeau portant une inscription en caractères hébraïques.
Mais dans ce mouvement conçu à la manière européenne, le caractère progressiste dont on parle abondamment dans les congrès fait presque totalement défaut. Et c’est ce qui frappe le plus.
Ayant cru que la force de l’Europe était dans sa constitution, c’est-à-dire dans la force des canons avec toutes les horreurs du militarisme qui l’accompagne, ils ont inventé de revêtir leurs vieillards d’uniformes de soldats et de leur mettre en mains un fusil. Ils ont voulu créer un nouveau Judenstaat.
Maintenant les gens les meilleurs, en Europe et en Amérique, tous ceux qui pensent sincèrement, sont profondément révoltés par la folie et l’horreur de ce gouffre où s’élance tête en bas une humanité dite civilisée.
Les hommes purs, intelligents, affranchis de la peur et du lucre, de toutes leurs forces tâchent d’éclairer les peuples, de leur rappeler que ce n’est point par la force du canon que l’humanité est forte, que l’avenir des hommes n’est point dans la passion de se dissocier pour vivre dans des boîtes.
La partie vraiment avancée de l’humanité voit au contraire le bonheur des hommes dans une union très large, dans la destruction totale des canons, des mortiers, et de ces groupements qui ne se maintiennent que par la force des armes et qui, par cela même ruinent la vie des hommes.
Tout porte l’humanité raisonnable à s’insurger contre l’idée bornée de l’État, tandis que le sionisme veut ranimer une vieille guenille, appelant progrès cette aspiration primitive. Le sionisme est la négation de tout ce que nous avons de sacré dans notre vie. Nous n’avons point besoin d’Etats nouveaux, il nous faut des hommes aimants qui voient en leur amour la vocation de leur vie et le service de Dieu. C’est un péché de fondre de nouvelles épées et de semer parmi les hommes l’hostilité et le mensonge. Et c’est un double péché de donner à ces forgerons rouges de sang, le nom de serviteurs du progrès.
On peut encore trouver une excuse aux hommes qui vivent dans les anciens Etats et qui par faiblesse ne savent pas rejeter le joug pénible de la communauté armée.
Un homme attaché à l’ordre existant, peut s’y plier, par nécessité, de même que les hommes s’habituent à leurs blessures et à leurs maladies les plus pénibles.
Mais de sang-froid, avec orgueil, ressusciter l’horreur ancienne, et, sous prétexte de le libérer, mettre à un peuple le collier étroit, garni de pointes de l’État, est une mauvaise action.
Qu’est-ce qui les a séduits ? Qu’est-ce donc qui leur a plu dans ce mouvement nationaliste et, en réalité, soldatesque des peuples européens qu’évidemment les chefs du sionisme veulent à tout prix imiter ? La liberté imaginaire de la Serbie, où un mot de l’ambassadeur d’Autriche pèse plus que les décrets du roi, et où, en réalité, toute la liberté se réduit à un massacre incessant, aux intrigues des partis, et, à la fin des fins, à la ruine des paysans et à l’épuisement de la terre trop grevée d’impôts destinés à l’entretien d’une immense bande de fonctionnaires et d’une armée de parade que deux ou trois salves pourraient détruire. Est-ce cela qui leur plaît ?
Peut-être liberté imaginaire de la Bulgarie qui, à peine sortie de la poigne d’Istamboul et déchirée par les révoltes tombera aujourd’hui ou demain dans une autre gueule ?
Ou bien est-ce la Roumanie, la Macédoine, les Montagnes Noires, la Crète ou la Grèce ? Qu’est-ce qui donne envie aux sionistes ?
Et je ne parle pas de l’Italie, de la France, de l’Angleterre, de l’Allemagne, où l’air est aussi rempli des gémissements d’un peuple, abruti, ruiné, par les armements et l’organisation gouvernementale. Ces peuples pressentant la misère qui les menaçait se sont jetés sur des pays lointains, peuplés d’hommes pacifiques « non civilisés », et avec voracité, ils tâchent de leur prendre tout ce qu’ils peuvent et à les asservir. C’est ce que nous voyons aux Indes, en Afrique, en Chine.
Mais que dire ? Celui dont les yeux sont seulement ouverts et dont la raison n’est pas aveuglée, celui-là voit nettement la dégénérescence qui menace les hommes dans leur vie morale.....
Jamais encore l’humanité ne fut si proche de l’anéantissement, jamais encore elle ne fut si déprimée moralement, jamais tant de dépenses colossales n’ont été conduites par une telle folie.
Faut-il aider à cette œuvre, y engager le travail des hommes et les convaincre de faire encore une folie nouvelle ?
Où donc les sionistes ont-ils les yeux ? Où est leur conscience ?
Ce grain sacré du mouvement d’émigration, dont le but est d’élargir l’espace où sont entassés des Juifs et de les ramener au travail agricole depuis longtemps oublié, ce mouvement indiscutablement pur et beau que les sionistes s’attribuent, ne leur appartient nullement. La tendance à la colonisation existait avant le sionisme qui n’a fait que l’usurper audacieusement...
Ce faisant il a empêché le retour des Juifs à la terre. On a exagéré la vision de l’Etat juif et cette vision ne fait que compliquer en vain le désir simple et naturel des hommes d’abandonner les villes et de faire le seul travail propre à nous tous, le saint travail de Dieu, le travail agricole.
Léon TOLSTOÏ.

dimanche 6 juillet 2014

Conférence sur Beyrouth et le Liban

La conférence de Robert Steuckers, initialement prévue le 12 juillet à Marseille, est reportée à une date ultérieure à cause de problèmes de santé.
Celle de Mohamad Ezzedine est maintenue. Membre actif du RPL (Rassemblement pour le Liban), le mouvement authentiquement révolutionnaire du Général Aoun, M. Ezzedine a récemment publié un petit ouvrage passionnant sur les rapports complexes et tumultueux entre  la ville de Beyrouth et le Mont-Liban. Nous vous attendons nombreux.
 
 

mercredi 25 juin 2014

Vive Son Altesse Royale Stanislas Ier !

« Du Nord au Sud, de l'Orient à l'Occident les flambeaux de l'étoile de l'Empire Invisible s'allument, les temps du réveil parousial et polaire sont proches.... »
Baron von S.
 

Certains disent que la Royauté française ne peut pas être rétablie, car tous les rois sont morts et aucun n’est légitime. Mais c’est la France qui est morte, et le Roi, Lui, se réveille. Or, le Royaume d’Araucanie et de Patagonie est une Nouvelle-France, c’est-à-dire une Gaule très ancienne, totalement archaïque, celle des Indiens Mapuches qui se battent contre la modernité et l’Occident.

Ce 22 juin 2014, le rite solsticial fut un peu spécial : ni celte, ni odinique, ce fut la fête véritable de Jean le Baptiste, l’élection du Roi de la Jeunesse et de la Sphère du Feu, le jour de la Fête Dieu.

 
Ce fut donc un véritable incendie qui prit naissance à Tourtoirac ce 22 juin 2014. Tourtoirac, le bourg aux deux clochers. Après l’Eglise de Pierre et celle de Jean, voici venir la Troisième Eglise, celle de Lazare. Stanislas Parvulesco, l’anti-de Gaulle.

« A l’heure présente, de Tokyo à Dublin, de Stockholm à Palerme et à New Delhi, une multitude de petits groupements et de réseaux activistes recouvrent déjà, comme d’innombrables petits foyers d’incendie, comme une figure de la voûte céleste reflétant ses luminaires sacrés dans les ténèbres d’en-bas, l’espace impérial eurasiatique susceptible, quand il en sera décidé ainsi, de connaître, soudainement, la flambée immense de l’intégration de l’ensemble de ces petits foyers d’embrasement en une seule nappe frémissante, en un seul gouvernement continental d’incendie impérial révolutionnaire ». Constantin Parvulesco,  Le retour des grands temps.

Car le feu de la Saint-Jean constitué par le couronnement de Son Altesse Royale Stanislas Ier fut, en réalité, le début de cette flambée immense et ultime.

 
Ce 22 juin 2014, cent douze ans après le couronnement d’Antoine II le Philosophe, frère du chanteur perpétuel Charles Cros, c’est le petit-fils de Jean Parvulesco qui vient d'être couronné Roi d'Araucanie et Patagonie à la suite de feu le prince Philippe 1er. Joyeux avènement !

Le Royaume d’Araucanie et de Patagonie est un royaume essentiellement littéraire, c’est-à-dire métapolitique et eschatologique, le Royaume de l’Endkampf.

Ci-joint le communiqué de l'Assemblée des Sujets de S.M.

ROYAUME D’ARAUCANIE ET DE PATAGONIE

COMMUNIQUE DE PRESSE

     Nous, sujets de la Maison Royale d’Araucanie et de Patagonie, réunis en ce Nouvel An de la Nation Mapuche, tel qu’institué par S.A.R. le Prince Philippe Ier d’Araucanie ;

    Considérant que la constitution du Royaume ainsi que son acte additionnel imposent que le Souverain professe la Foi en la Sainte Église Catholique Romaine;

    Considérant que les mêmes textes constitutionnels prohibent, au cas où la succession du Souverain défunt serait confiée à un Conseil de Régence, que le Souverain désigné puisse être l’un des  membres dudit Conseil;

    Considérant que le testament politique laissé par Son Altesse Royale le Prince Philippe Ier décidait d’une Régence d’une durée d’environ six mois, permettant de procéder à diverses consultations préalables;

    Considérant que le Conseil de Régence institué après le rappel à Dieu de Feu Son Altesse Royale le Prince Philippe d’Araucanie a cru pouvoir désigner en qualité de Successeur le Président du Conseil du Royaume, membre à ce titre du Conseil de Régence, au motif qu’il avait renoncé à ses fonctions quelques minutes avant sa désignation, dans le but unique de prétendre à ladite désignation, ce qui constitue une violation par abus de Droit des Lois fondamentales du Royaume;

    Considérant que le Conseil a cru pouvoir procéder à la désignation d’un Successeur et recevoir son serment constitutionnel à l’instant même où le chapelain de la Maison Royale, M. l’abbé Jean-Marie Fournier, accompagnait de ses prières l’inhumation de la Royale Dépouille de Son Altesse Royale le Prince Philippe Ier, interdisant ainsi la présence de tout Saint Prêtre de l’Église Catholique Romaine qui pût attester avant l’élection et le serment de la Foi Catholique du nouveau Souverain;

    AVONS DÉCLARÉ vacant le Trône du Royaume d’Araucanie et de Patagonie, faute de désignation valide d’un Successeur selon les Lois fondamentales du Royaume;

    AVONS CONSTATE l’impossibilité de confier la désignation valide d’un Successeur au Conseil de Régence, dès lors que celui-ci a précédemment violé les Lois fondamentales du Royaume par le choix illicite de l’un de ses membres

    AVONS DÉCIDÉ de procéder à la désignation d’un nouveau Souverain dans l’intérêt de la Nation Mapuche en usant de la forme traditionnelle par laquelle S.M. Orélie-Antoine Ier, Fondateur du Royaume, a lui-même été élu par l’acclamation de Son Peuple;

    AVONS ACCLAME NOTRE NOUVEAU SOUVERAIN, SON ALTESSE ROYALE STANISLAS Ier, PRINCE D’ARAUCANIE,

    A CHOURGNAC, en la Maison natale de S.M. Orélie-Antoine, Fondateur du Royaume, où mourut Son lointain Successeur, S.A.R. le Prince Philippe Ier,

    L’AN DEUX MILLE QUATORZE, et le VINGT-DEUX JUIN.

 

Discours d'investiture prononcé par SAR Stanislas Ier le 22 juin 2014, jour du nouvel an mapuche, jour de la Fête Dieu, en présence des patriciens du royaume d'Araucanie.

us de sérieux possible sachant que 800 000 mapuches espèrent en leur déliv


La destinée a placé sur notre tête la couronne d’Orélie-Antoine et dans nos mains son drapeau.us de sérieux possible sachant que 800 000 mapuches espèrent en leur délivrance et en leur liberté.
 
La destinée a placé sur notre tête la couronne d’Orélie-Antoine et dans nos mains son drapeau.

Ce drapeau, le drapeau du royaume d’Araucanie-Patagonie, feu sa majesté le roi Orelie-Antoine Ier l’a fait flotter pour la première fois sur la terre ancestrale des mapuches, il y a maintenant 154 ans.

mercredi 21 mai 2014

Intraitable Charité


 
Giotto
 
Je suis de plus en plus intérieurement obsédé par le concept absolu de Charité. Comme l’avait écrit saint Paul, c’est la vertu théologale eschatologique par excellence, la Foi et l’Espérance n’étant « que » des vertus propitiatoires et pré-apocalyptiques, dont plus personne n’aura besoin face à la Parousie agissante. Or, en notre temps directement opératif de guerre conflagrationnelle totale, c’est la Charité mise en œuvre par l’Esprit qui ensoleille notre route et qui arme nos volontés unificatrices.

Deux textes récents montrent, chacun à sa manière, l’impérieuse nécessité de transmuer la fausse charité moderne, toujours déployée au bénéfice du mensonge, de la paresse et de la rentabilité, en une authentique et intraitable charité évangélique.
 

http://elogedesphenomenes.blogspot.fr/p/le-livre.html

 
Le dernier ouvrage de Bruno Deniel-Laurent est un plaidoyer pour l’Idiotie, c’est-à-dire l’irréductibilité radicale, la solitude intransigeante, la singularité absolue. Comme je l’écrivais naguère, un Idiot est quelqu’un qui se prend pour ce qu’il est, et seuls les médiocres le confondent avec l’imbécile qui se prend toujours pour plus futé qu’il n’est. Prétendre qu’on est intelligent, c’est la définition même de la connerie.
Chaque village avait jadis son Idiot vivant dans l’ivresse permanente ; aujourd’hui les villes sont pleines d’imbéciles alcooliques.

L’Idiot est une majuscule solitaire, face à la masse grégaire des minuscules imbéciles.

BDL fait cette merveilleuse déclaration dans son interview vidéo pour Max-Milo : « A la face des imbéciles, il faut rappeler que l’Idiot participe pleinement à la polyphonie du monde ».

On a effectivement beaucoup plus de chances de rencontrer un trisomique lors d’une cérémonie anniversaire de la confrérie Parousia à l’hostellerie dominicaine de la Sainte Baume, que dans un cercle sédévacantiste, un meeting complotiste ou une réunion de travail sur la spéculation financière.

BDL s’élève dans son livre contre une fausse charité bien spécifique : celle qui consiste à pratiquer l’avortement pour le bien des mongoliens, puisqu’ils ne sauraient vivre que dans la souffrance et les ennuis de tous ordres. Je cite « Pour une théorie du monde multipolaire » de Douguine : depuis que l’Occident est entré dans les temps modernes, « il agit sous la bannière des Lumières, du Progrès, de la Science, de la Laïcité et de l’Intellect, et lutte contre les préjugés du passé, au nom d’un avenir meilleur et de la liberté humaine ». C’est vrai dans tous les domaines, de la géopolitique à la spiritualité, des mœurs à la technoscience : l’Occident nous occupe tout en prétendant nous libérer. Sa dynamique d’expansion réside tout entière dans la fausse charité, aussi bien lorsqu’il s’agit de « libérer » la France en 1945 dans le but caché de l’asservir ou de généraliser la pratique de l’avortement des mongoliens pour leur éviter une prétendue vie mortifère. Cette « politique d’éradication charitable » est le socle de la modernité occidentale, intimement liée à la rationalisation des rapports humains et la propagande athéistique. Le livre de BDL nous démontre que même l’amour de parents pour leur enfant, fût-il trisomique, peut être massivement anéanti au nom d’impératifs économiques. 96 % de bébés mongoliens tués dans l’œuf, 20 % d’enfants de familles homoparentales victimes de pédophilie (contre 2 % pour des enfants de parents normaux), décès quotidien de deux petits en France sous les coups de leur famille,… Les statistiques modernes n’aiment pas les enfants.

Les agnostiques n’ont aucune limite, ce qui est tout à fait normal. Si le Marquis de Sade est le seul athée que je respecte, c’est bien parce qu’il est totalement conséquent avec lui-même, l’inexistence de Dieu abolissant de facto toutes les bornes éthiques. Pour moi, c’est très clair : tout athée qui n’a pas mutilé au moins un bébé dans un but de satisfaction sexuelle ou esthétique est un lâche, un menteur et une ordure. Il n’est donc aucunement question de se plaindre auprès du neurobiologiste darwinien Jean-Didier Vincent, en lui demandant de restreindre le taux d’IVG pour les petits trisomiques : il refusera, et il aura entièrement raison. Il s’agit tout simplement d’abolir la République et de réinstaurer un Roi très-catholique ; Jean-Didier Vincent sera alors immédiatement sommé d’obéir à la loi du Christ, et il aura tout intérêt de le faire, et tout rentrera dans l’ordre (ou plutôt, le désordre juste).

Ce livre de BDL est un véritable appel chrétien au sens des limites, contre l’illimité agnostique. Cela peut sembler comme couler de source, mais c’est un combat diamétralement opposé à celui de Dominique Venner et de toute la Nouvelle Droite en général. Dans son livre « Un samouraï d’Occident », Venner veut démontrer que l’Occident est plongé dans « la métaphysique de l’illimité » depuis la (prétendue) victoire de Jérusalem sur Athènes. Selon lui, la « logique interne d’expansion irrésistible » de notre monde moderne est directement liée à l’extension du christianisme, dont l’athéisme des Droits de l’Homme n’est qu’un avatar profane. C’est la fameuse théorie historique qui veut que l’humanisme soit une sécularisation du christianisme. De toutes manières, c’est très simple : tout est de la faute du Vatican… Ce ne sont pas les skinheads, les gauchistes, les complotistes, les « dissidents », les matérialistes, les sionistes, les éditeurs « provocateurs », les sédévacantistes, les féministes, les libéraux, les néo-droitistes, les antifas, les humoristes, les cathares, les pédés, les journalistes ou les psychanalystes qui me diront le contraire.
 

 
Rembrandt
Chesterton écrivait peu ou prou : « Quand on ne croit plus en Dieu, ce n'est pas pour ne croire en rien, c'est pour croire en n'importe quoi ». Par exemple au Progrès ou à la Démocratie. Ou alors que les maux de notre civilisation viennent de ce que l’on ne vénère plus Belenos ou Odin depuis deux mille ans. Au passage, notons que c’est le paganisme romain qui a interdit toute pratique du paganisme celte en Gaule, bien avant les premiers pas de Marie-Madeleine dans la calanque de Marseilleveyre… Alors, quand on me parle de la tolérance des païens sur le plan religieux, j’ai un peu de mal à comprendre… Il n’y a pas eu de « lente évolution ayant conduit du christianisme à l’athéisme des Lumières » (comme l’écrit Venner), mais une lente prise de pouvoir de la bourgeoisie entrepreneuriale protestante ayant pesé de tout son poids sur les nouvelles techniques comme l’imprimerie pour faire valoir ses idées libérales. Le protestantisme c’est du lettrisme, c’est-à-dire la chosification de la lettre, ce qui est la définition même de l’imprimerie. Contrairement au protestantisme, le cœur du catholicisme n’est pas la Bible, mais Jésus-Christ. Dire que la technique « prométhéenne » toute-puissante prend ses racines dans la conscience catholique, c’est aussi bête que d’accuser Saint Paul d’être la cause première de la misogynie ou de l’antisémitisme. Les hommes ont la religion qu’ils méritent, et si le christianisme s’est répandu comme un feu de paille il y a deux mille ans, c’est peut-être bien aussi parce que les hommes ne méritaient plus d’être païens. Et je suis persuadé que Venner le savait au fond de lui, son dernier geste le prouve à coup sûr…

Bruno Deniel-Laurent a donc tout à fait raison de vouloir démontrer que la mesure et l’équilibre, valeurs intrinsèquement spirituelles et chrétiennes (mais aussi bouddhistes, musulmanes ou celtiques), sont les seules aptes à pouvoir se dresser contre « l’idéologie occidentale du progrès », cette démesure boursouflée comme un gâteau pourri. Un gâteau partagé par les transhumanistes, ces futuristes de l’infantilisme, et les économes avorteurs de mongoliens. Un gâteau moisi qui ne sort certainement pas des cuisines de L’Hôpital et ses Fantômes, hardiment gardées par Vita Jensen et Morten Leffers, plongeurs trisomiques et amis de l’Idiot Lars von Trier.

L’ouvrage de BDL n’est pas un manifeste social, mais un placide épiphénomène des convulsions naissantes. D’autres œuvres de tous ordres s’ensuivront, et la Puissance des Ténèbres reculera comme d’elle-même.

 
Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que tout progressisme est un nazisme. La loi du plus fort est l’antienne des Lumières et du monde moderne, ce qui n’est paradoxal que pour les imbéciles. Je l’ai déjà écrit : seule une société rigoureusement organisée en castes strictement hiérarchisées permet de protéger les pauvres, les faibles et les petits travailleurs. Malgré ses évidentes qualités esthétiques, méta-politiques et archéo-dionysiaques, il faut quand même reconnaître que le Troisième Reich hitlérien avait quelques défauts, parmi lesquels on peut citer l’anti-slavisme rabique (dont l’antisémitisme était une composante initiale), l’hostilité farouche envers l’Eglise catholique et la glorification intransigeante de la Technique toute-puissante. Mon avis est que ces erreurs sont intimement liées entre elles, et qu’elles s’ancrent dans une lecture tout à fait erronée de l’Antiquité romaine. J’y reviendrai prochainement. L’eugénisme de masse d’Aktion T4 et la persécution d’évêques bavarois s’inscrivent dans la logique du luthérianisme nürnberger contre celle du catholicisme métaphysique, c’est-à-dire dans la victoire cosmogonique de Dürer (lire la Genèse avec les yeux d’Aristote) sur Giorgione (lire Platon avec les yeux de Saint Jean).

D’ailleurs, notons que ces erreurs fondamentales (anti-russisme, anti-catholicisme et méta-technicisme) se sont toutes trois transfusées, d’une manière ou d’une autre, dans la mentalité occidentale d’après 1945, et sont des « valeurs » aujourd’hui partagées par les tenants de l’idéologie occidentale du Progrès, c’est-à-dire presque tout le monde.

Marc-Edouard Nabe l’avait écrit dans son tract « Et Littell niqua Angot ». « Quand on voit les connards de trente ans de notre époque, on n’a aucune peine à imaginer qu’à la fin des années vingt en Allemagne d’autres trentenaires aient pu trouver dans le nazisme une nouvelle façon de penser et d’agir... […] Je connais beaucoup d’antinazis d’aujourd’hui qui auraient fait d’excellents SS d’hier… […] Le système totalitaire du Troisième Millénaire sait très bien comment était fabriqué celui du Troisième Reich, car le premier est entièrement calqué sur le second : dans sa structure, sa logistique, ses mécanismes, ses dispositifs de manipulation des masses... Le public n’a plus qu’à obéir à ce nazisme « soft » qu’est le spectacle médiatique à outrance, construit de façon peut-être encore plus perverse que celui du Führer. »
 

http://www.alainzannini.com/index.php?option=com_content&view=article&id=3257:leunuque-raide-texte-integral&catid=41:breves&Itemid=56
 
J’en viens naturellement au second texte charitable dont il me faut traiter ici. Il s’agit de « L’Eunuque Raide » deNabe, publié dans L’Infini n°126 (Printemps 2014).

Rappelons qu’un texte avait été précédemment publié dans cette même revue durant l’été 2000 sous le titre « Mon meilleur ami », évoquant les traits vaniteux et fourbes de Stéphane Zagdanski. Ce dernier est un ennemi notoire de Nabe, un anti-catholique de plus, auteur d’une série de vidéos obscurément logorrhéiques, où il se plait notamment à évoquer longuement « les falsifications pauliniennes », et à clamer par exemple : « Les juifs sont nettement moins benêts que les catholiques sur la question du Mal, c’est quand même eux qui ont inventé Satan ».

 
Jordaens

Lorsqu’un écrivain s’attaque à un homme de pouvoir, cela s’appelle du courage. Quand il s’attaque à un anonyme, cela s’appelle de la charité. Bloy portraiturant des journalistes insignifiants ou Jésus renversant les tables pour chasser les marchands du Temple, c’est pareil : il s’agit à chaque fois de s’en prendre à la Puissance des Ténèbres qui, contrairement à ce que « pensent » les « dissidents », n’a jamais de nom spécifique, et qui s’exprime – ou plutôt, se désincarne – à travers de pauvres êtres falots dénués de tout patronyme. Certains disent que cela ne sert à rien de s’en prendre à de tels vermisseaux, mais ils ont tort : c’est une manière très chrétienne de tenter de les extraire de la perdition, en prenant la peine de les honorer par une bastonnade publique (eux qui sont loin d’en mériter autant). Zagdanski, lui, n’est pas anonyme, mais Nabe ne le nomme pas : c’est peut-être encore plus charitable de sa part.

Zagdanski met en scène un faux dialogue sur Simone Weil entre Nabe et lui-même, dans un chapitre de son pensum « De l’antisémitisme » (1995). Commentant le tableau de Jordaens, il prétend à un moment expliquer le geste de Jésus chassant les marchands, par le fait que ces derniers vendent « des animaux, autant dire du non-temps, donc du non-argent. Autrement dit les marchands vendent l’invendable. Ils marchandent le Temps en troquant du non-temps ». En les chassant, Jésus « fait œuvre d’intériorisation du non-temps par le Temps ». D’accord. Et le fait que ça se passe dans un Temple ne dénoterait-il pas également, et à tout hasard, une volonté de Jésus de découpler l’argent des pratiques religieuses ? Absolument pas, nous répond Zagdanski. Cela signifierait que « le Christ serait venu faire par avance le boulot de Luther : démonétiser la religion. Ce que Simone Weil, comme tout le monde, traduit en : déjudaïser le rapport à Dieu. C’est éminemment risible ». Et c’est antisémite, bien sûr.

« Je me charge de sauver l’âme de mon meilleur ami », écrivait Nabe en 2000, mettant ainsi en relief l’exercice d’une authentique et intraitable charité, contre la fausse charité de son meilleur ami qui, paraît-il, ne manque jamais un mendiant dans la rue par peur de louper à nouveau le Messie.

 « Pour mon meilleur ami, toute personne qui n’est pas de son avis est un antisémite, un homosexuel, ou un Français ». Par ailleurs, et de manière tout à fait logique, on peut noter que Zagdanski est pour la France contre la Gaule. « La France pour moi, dis-je, c'est Paris. Le reste du pays ne m'intéresse pas » (in Pauvre de Gaulle !). Comment pourrait-il donc prétendre un tant soit peu à l’Idiotie ? « Surtout quand on sait quelle idée raciste mon meilleur ami se fait du Français », poursuit Nabe. « Est français tout ce qui n’est pas lui, alors que lui est le plus français de nous tous, dans ce qu’il reproche au Français : lourdeur et insensibilité, arrogance, bêtise psychologique et cécité narcissique ».

Zagdanski a parfois raison, mais cela n’a aucun intérêt. Il ne s'agit pas pour un écrivain d'avoir raison ou tort, encore moins d'être sincère ou non : il s'agit d'être exemplaire, de montrer le scintillement de la lumière du Vide pulsatile et originel, le Vide qui libéra le plein à l’origine des temps.


Mais je dus vite déchanter. Ce texte est une longue litanie dégueulasse, anti-goy tous azimuts : contre Mel Gibson et son film sur la Passion, contre « les objurgations de Tarik Ramadan », contre toutes les religions non-juives (« le judaïsme seul a su ne pas s’abraser en une vulgate populaire accessible sans effort d’interprétation et de méditation »), et surtout contre l’islam, « qui s’est débarrassé de la paternité du judaïsme d’une manière comparable au truquage lexical opéré sur le Nouveau Testament à l’aube du christianisme historique ». Et, évidemment, contre les attentats palestiniens : « Les ultimes combattants du ghetto de Varsovie qui se firent sauter à la grenade en feignant de se rendre aux nazis étaient eux, dans une véritable impasse, inéluctablement destinés au massacre. Leurs suicides furent des actes de courage désespérés. L’attentat suicide palestinien relève par comparaison d’une profonde lâcheté enflée d’un puéril espoir libidinal ». Quand un jeune écrivain se fait exploser à la préface de son livre, lui-même plein de mauvaise foi atrabilaire, on entre dans cette inédite dimension de la bêtise sûre d’elle-même nommée la peur de l’Idiotie rayonnante.

En fait, on ne peut pas vraiment dire de Zagdanski qu'il soit un écrivain ; il se situe entre le lecteur et l’homme de lettres, ce qui est un tout petit peu mieux qu'intellectuel. Il n'a de cesse de tenter de désigner le point précis où brille la lumière, il tourne rationnellement autour de cette singularité comme un phalène attiré par la beauté de Dieu, mais il lui est strictement impossible de quitter véritablement son corps concret pour se jeter dans le vortex ascensionnel de l'Amour total.

A sa manière, Zagdanski est un libéral – à preuve, son anglophilie maniaque répétée dans « Pauvre de Gaulle ! » -, et donc, un authentique nazi (voir la démonstration plus haut).

Malgré les apparences, Zagdzanski est un fanatique de l'écran (cette page blanche sur laquelle copulent l'ironie et la psychanalyse). Il n'aime le corps que dans la mesure où il est entièrement contrôlé par la raison : c'est le crime nazi par excellence. S'il retourne sans cesse à son avantage les critiques d'autoglorification et d'arrogance qui semblent lui être souvent adressées, c'est parce qu'il est gorgé d'un quant-à-soi qui l'empêche – et il semble que cela soit inguérissable – de s'abîmer dans la débilité cosmique.

Pas assez intelligent pour comprendre que l'intelligence n'est qu'une marche d'escalier et non pas le sommet d'icelui, il est hanté par une haine fondamentale de l'Idiotie. Son plus grave handicap est d'être dégoûté par la transe : Zagdanski n'aime pas lâcher prise ; d'où son rejet de la pornographie, de l'hypnose et de toute immédiateté moléculaire, ainsi que de « la musique, la nature, la mer, la pénétration, les nuages, les animaux, et la littérature ». A sa manière, Marc-Edouard Nabe attaque Zagdanski pour son incapacité radicale à comprendre l’Idiotie, c’est-à-dire être « incapable de jouir » de par son « manque flagrant d’incarnation verbale ».

Le profond sionisme de Zagdanski vient du fait qu’il préfère de loin « l’incarnation de la lettre » dans la création de l’Etat d’Israël, à l’incarnation du Verbe dans la personne du Christ. En bon révisionniste déconstructiviste, il découvre chez Bernard Dubourg la preuve de l’inexistence historique de Jésus (« Jésus n’a jamais eu d’existence concrète, son nom et ses dires furent élaborés plusieurs siècles avant notre ère par de très savants sectateurs juifs – les futurs ‘chrétiens’ - en référence cabalistique au Josué de la Bible »), et il aboie gélatineusement dans une de ses vidéos-ruisselets :

« Par la défiguration de l’aletheia en veritas, par la construction impériale de l’ecclesia, par une conception de l’étant sous le seul rapport de la suprématie et de la création, ce qu’il n’est que dans la version gréco-latine de l’Ancien Testament et jamais dans l’hébreu original, où il n’y a pas de sens à parler d’étant, et peut-être même d’être, le christianisme est en Occident le véhicule majeur du nihilisme et qu’il a partie liée avec ses ultimes conséquences ».

Oui, j’ai bien entendu : « Le christianisme est en Occident le véhicule majeur du nihilisme »… Encore un pour qui tout est de la faute du Vatican. Zagdanski parle de « l’immense édifice factice de la théologie catholique », et il cherche ironiquement ce qui, dans le christianisme, « mérite d’être sauvé ».

Il faut vraiment faire montre d’une incommensurable et intraitable charité, pour vouloir sauver une telle andouille.

La charité, ce n’est pas ce que les lecteurs remarquent le plus souvent chez Nabe. Et pourtant, c’est probablement la vertu théologale qu’il pratique le plus intensément. Si la charité de BDL consiste à vouloir limiter l’avortement des Idiots, celle de Nabe consiste à tenter de ressusciter un imbécile – le ressusciter temporairement et une seule fois, car « on ne meurt que deux fois ». Il le fait dans « L’Eunuque Raide », une tragi-comédie en un acte pour bayou crépusculaire, une cérémonie vaudou littéraire et codée où, entre golems argileux au proscenium et copulations semi-zandées en arrière-scène, entre Toto le courier (il arrive sur la droite) et le fossoyeur jardinier (je suppose qu’il arrive sur la gauche), Zagdanski-le-zombie pousse des râles de majorette égorgée pour étouffer les rafales de critiques, et surtout pour ne plus entendre le vaillant Toto qui s’évertue à dire à ses potes que la fête est finie. Il se déguise parfois maladivement en sa grand-mère à la manière d’Anthony Perkins, comme pour répondre à une description entamée dans « Mon meilleur ami » en 2000.

L’Eunuque Raide, c’est l’homme qui a vraiment arrêté d’écrire – et depuis longtemps – pour mixer des images. Lui, l’ironique anti-iconique, qui finit sa carrière en DJ littéraire sans produire aucun remix original…

J’aimerais noter rapidement la cohérence spéculaire de ce numéro 126 de l’Infini, où tous les textes se reflètent et s’amplifient en celui de Nabe suivant d’étranges correspondances picturales : la présence féérique de Shakespeare évoquée par Sollers dans son texte inaugural se déploie sous les traits du fantôme persistant de Hamlet, lequel voltige des mains de la femme de Toto jusqu’au crâne déterré par le fossoyeur, avant d’être finalement manipulé par l’Eunuque Raide, ce Monstre de Frankenstein ; le golem De Gaulle « lance des messages codés pour la radio londonienne » (« Il n’y a que le Chancelier pour croire que le Messie de Meyronnis est un bon texte ! »), qui sont qualifiés de vers surréalistes aussi bien par Toto que par Sollers dans son entretien ; et en plaçant cette saynète sur ce champ de bataille beyrouthin qu’est le Cimetière des Amis pour la Vie, cette vallée de misère où tous les voisins sont minables et racistes, Nabe prouve que la littérature n’est pas autre chose qu’une continuation de la guerre par d’autres moyens, comme l’a presque écrit Steinbeck. Il n’est pas jusqu’à la dernière page de l’index final de la collection L’Infini qui ne se retrouve également éparpillée en pluie de merde sur les trente-trois pages du texte de Nabe…

A la fin, L’Eunuque Raide  profère la dernière parole du dernier jour. Cette fois, la fête est bel et bien finie. Le sifflet du gardien vient de résonner par-dessus les tombes. Nabe écrivait dans son roman « Alain Zannini » (2002) qu’il aurait pu faire l’effort, à l’époque, de l’appeler « Judas Zigoto ». C’est chose faite !

Le Docteur Nabe convie musicalement les imbéciles à se pendre à une branche d’arbre, car il n’y a aucune autre solution pour eux que le suicide quand ils se font sonder les entrailles par ce vrai docteur qui dit toute la vérité (tout le contraire d’un arracheur de dents).

L’anti-messe est dite. Laisser vivre les Idiots et se pendre les imbéciles. Nous bénissons la Charité de l’Esprit Saint. Deo gratias.

samedi 10 mai 2014

Quelque part, en Belgique, Robert Steuckers discute de géopolitique


Depuis l'avènement d'internet et la montée concomitante de l'imbécillité crasse la plus manifeste dans tous les domaines, la géopolitique est certainement devenue la plus corrompue de toutes les sciences. Contre l'avis des démocrates hystériques et complotistes, qui pensent qu'internet est une ouverture sur la connaissance mais qui devient « malheureusement » de plus en plus contrôlée par les forces des ténèbres, je considère au contraire qu'en tant qu' "arme de la CIA" (comme l'a récemment déclaré Poutine), internet est par essence une fermeture spatio-temporelle qui permet de contrôler la Révolution Spirituelle désirée et préparée depuis longtemps par une élite sapientielle.

En tant qu'anti-évolutionniste convaincu, j’affirme que la technique, quelle qu'elle soit, est une catastrophe absolue. Depuis la maîtrise du feu, toute innovation technique ne permet à l’homme que d’accomplir matériellement ce qu’il savait très bien faire auparavant, mais par l’intermédiaire exclusif de son esprit. Vous pensez vraiment que l’homme a attendu l’invention de l’automobile, pour parvenir à se déplacer instantanément sur quelques kilomètres ? On ne pourra jamais s’entendre.

Vous pensez également que l'imprimerie a permis le développement de la littérature et de la connaissance ? Elle a surtout permis la diffusion de l’humanisme, du sacrilège, du luthérianisme. Et l’outil conçu et développé par l’armée américaine qui s’appelle internet, c’est mieux ? Internet permet d'accéder au savoir et à l'anti-savoir de manière instantanée, augmentant ainsi la confusion générale, la démobilisation et la surveillance généralisée des uns par les autres.

Ainsi, tout « dissident » qui nous fait aujourd’hui l’apologie d’internet doit être irrévocablement traité d’incapable, de manipulé, et surtout de collabo ouvert et déclaré. Faites la liste de tous les « dissidents » de plus de trente ans dont le nom était inconnu avant internet, et rayez-les de votre liste.

Robert Steuckers n’a pas attendu internet pour faire de la géopolitique. Ce n’est donc pas un hasard si l’homme est sympathique, compétent, éclairé et radical. Cette interview effectuée par nos amis du cercle de "L'Heure Asie" relève de la plus haute des géopolitiques.
 
 
Le blog de Robert Steuckers : http://robertsteuckers.blogspot.be/

L'Heure Asie : http://lheurasie.hautetfort.com/