jeudi 14 juin 2018

Eugène-Melchior de Vogüé et l'Empire chrétien



"Tout mon être pensant et imaginatif s'est formé dans l'Orient" a écrit Eugène-Melchior de Vogüé, l'un des opposants les plus efficaces à ces poisons que furent le naturalisme, le scientisme et le positivisme dans la France de la seconde moitié du vingtième siècle.
Ce précieux ouvrage d'Anna Gichkina permet de situer l'oeuvre de cet "importateur de la littérature russe", cet homme profondément romantique qui permit véritablement la découverte de Pouchkine, Gogol, Tolstoï et Dostoïevski,... et qui lutta en toute logique contre la séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905.


Anna Gichkina a écrit l'une des phrases les plus définitives au sujet de Dostoïevski : "Ne pas le lire, c'est un  crime ; le lire, c'est un châtiment".
J'aurai l'honneur de discuter en public avec elle le jeudi 28 juin à 18h15 à Mulhouse, lors d'une rencontre organisée par la librairie 47° Nord.

Puis, le lendemain 29 juin, j'interviendrai à Strasbourg à 19 h dans le cadre de son Cercle du Bon Sens sur un sujet directement lié à E.-M. de Vogüé : "Vers en Empire chrétien" (Hôtel Comfort Montagne Verte, 14 rue des corroyeurs).



Face au règne absolu de l’Occident, face à cet Empire du non-Etre qui n’est qu’une exaltation de l’avènement totalitaire de la mort, la seule solution consiste à retrouver les principes fondateurs de la civilisation chrétienne, et à les rendre à nouveau vivants. La Cité Sainte est la victoire de l’unité sur l’uniformité. Je montrerai que l’Empire chrétien est la seule expression politique qui soit à la hauteur des combats qui sont les nôtres : un Empire chrétien, dont l’une des missions fondamentales sera de consacrer le retour de la nouvelle conscience européenne de l’être à la pensée héraclitéenne et présocratique des origines premières.


dimanche 3 juin 2018

L'Occident et les fermes-chapelles



Il y a deux jours, en revenant du centenaire de l’école Lacordaire, fondée en 1918 par les dominicains à Marseille, je suis passé par le quartier de Bois-Luzy pour rentrer chez moi.
Nous sommes dans le douzième arrondissement, un très beau quartier de Marseille dominé par l’ancien château de Bois-Luzy, une vieille bastide transformée en superbe auberge de jeunesse.
Ce quartier est également connu pour sa ferme du dix-huitième siècle, une vieille bâtisse émouvante avec une petite chapelle attenante du XVIIè. 
C’est très rare, les fermes-chapelles,… Ca dénote la présence directe du Christ au sein des familles d’autrefois.
J’en parle aujourd’hui parce que cette bâtisse, une ancienne laiterie, a fait l’objet très récemment d’actes de vandalisme.
Un acte de vandalisme épouvantable, et irrémédiable. Un acte de vandalisme, c’est un acte de destruction intentionnel visant un édifice public ou privé, visant le patrimoine.
Alors voilà.
[Kaufman & Broad]
Cette société a racheté la ferme bastidaire, et va la transformer en un immeuble de 56 logements sur quatre étages.
C’est tout ce que je voulais dire.
Donc là, c’est très simple. Vous avez ici la Gaule, un ancien prieuré avec sa vigne, et vous avez là l’Occident. La France, c’est la transition de l’une à l’autre. C’est quand même très simple à comprendre.
Donc, ceux qui défendent aujourd’hui l’Occident, ce sont mes ennemis numéro un. Et il y en a autant dans les médias officiels que sur internet. Ceux qui sont complètement obsédés par l’islam, par exemple… Ils fleurissent de tous les côtés, aujourd’hui. Vous pouvez me dire ce que l’islam a à voir là-dedans ? 
Je pense à tous ceux dont l’urgence est de partir en guerre contre l’islam, en proclamant que « les valeurs de l’islam sont frontalement opposées à celles de l’Occident ». Ah oui ? Le plus fort, c’est que vous avez tout à fait raison. Les valeurs de l’islam sont frontalement opposées aux valeurs de l’Occident, tout à fait. Et c’est précisément la raison exacte pour laquelle tous ceux qui partent en guerre contre l’islam sont mes ennemis. 

Defend Paris… Le manipulé total… Le petit doigt sur la couture du pantalon, en guerre contre l’islam sous la férule de François Hollande. Defend « Paris est une fête ». Defend Kaufman & Broad…

Moi j’ai vécu dans la banlieue arabe de Vénissieux, et je travaille dans les quartiers nord de Marseille. J’ai 47 ans : jamais aucun musulman ne m’a empêché de prier, de vénérer la Vierge Marie, ni de jeûner pendant le Carême. Absolument jamais. Ceux qui font des procès pour virer les crèches des places publiques, ce sont toujours des putains de blancs occidentaux, des blancs occidentaux fiers d’être athées et libres-penseurs.
Le libre-penseur, voilà l’ennemi.

Maintenant, je vais parler d’autre chose.
L’Occident, c’est le triomphe du matérialisme. Et le triomphe du matérialisme passe par plusieurs vecteurs, dont l’attaque de la religion, mais également l’obsession de la race. La notion de race n’est pas surplombante, mais elle est fondamentale. Elle n’est que fondamentale, si je puis dire. C’est-à-dire qu’elle doit être subsumée par la notion de l’esprit, la spiritualité, la religion.
Mes autres ennemis sont donc ceux qui sont obsédés par la race, et ceux qui sont le plus obsédés par la race, de très loin, ce sont les antiracistes. Les antiracistes ne pensent qu’à ça, l’origine du moindre problème se trouve obligatoirement, selon eux, dans le racisme. Comme les antifas ou les anarchistes, qui écrivent aux préfets pour demander la fermeture de locaux royalistes, on n’a jamais vu de tous temps des rebelles autant parfaitement intégrés à la doxa officielle. Jamais aucune société, en effet, n’a été autant bardée de lois antiracistes et anti-antisémites que la nôtre, chaque semaine il y a une nouvelle loi, française ou européenne…. Et les antiracistes continuent à se voir comme des rebelles intégraux.
L’affaire Mennel Ibtissem n’a pas ouvert les yeux des antiracistes : ils y voient une nouvelle expression du prétendu racisme institutionnel, alors que c’est une blanche aux yeux bleus, et qu’elle n’a été exclue de The Voice que parce qu’elle est musulmane. 
La religion, la transcendance, la redécouverte des anciennes religions de la Terre et du Feu, le retour aux mystériosophies celtiques, la pratique régulière et exaltée du catholicisme intégral, … ou, pour les musulmans, la transfusion sanguine d’islam révolutionnaire : voilà quelles sont les seules et uniques voies pour abattre l’Occident. 
La seule solution, ici et maintenant, c’est l’émergence d’un authentique empire chrétien.
Je l’ai déjà écrit : 
Contre l’Occident : l’union subintrante des Gaules et de l’Empire du Saint-Esprit. Unité suprême au sommet, et autonomie maximale à la base, par principe de subsidiarité.
Comme toutes les sociétés florissantes, Kaufman & Broad a parfaitement intégré l’ère macronienne, elle est performante et connaît le succès parce qu’elle obéit en tous points à tous les diktats des gauchistes et antiracistes, devenus en quelques années à peine des diktats officiels : la parité à toutes les réunions et tous les comités, l’écriture inclusive, les règlements intérieurs pour le bon accueil des LGBT et la lutte contre le harcèlement sexuel. Et son Président s’appelle Nordine Hachemi. Absolument inattaquable. Et, en plus, elle lutte efficacement contre l’oppression patriarcale de la religion catholique, en détruisant tranquillement les petites fermes à chapelle, malgré une pétition de plus de 6600 habitants du quartier.

Maintenant, attention à vous : le nombre de catholiques croyants et pratiquants commence sérieusement à augmenter, et surtout dans les églises urbaines de France (comme l’avait prédit Bernanos). J’en connais beaucoup. Et ils ne se retournent pas vers le Christ contre l’islam, mais ils se retournent vers le Christ contre la laïcité française à l’exemple de l’islam, ce qui est tout à fait différent. Et ça, c’est une dynamique de reconversion qui indique bien, grâce à Dieu, que nous sommes à l’aube d’une ère nouvelle : c’est le retour à l’Eglise originelle, qui permettra d’assurer la victoire sur la voie de la main gauche - l’Occident -, ce minable accident de l’histoire dont plus personne ne parlera dans quarante ans.


mardi 8 mai 2018

Conférence à Strasbourg - Cercle du Bon Sens (16 mars 2018)


Voici la vidéo de mon intervention du 16 mars dernier, invité par le Cercle du Bon Sens à Strasbourg.

« Le fond de la destinée russe consiste à révéler au monde un Christ russe, inconnu à l’univers, et dont le principe est contenu dans notre orthodoxie. À mon avis, c’est là que se trouvent les éléments de la future puissance civilisatrice, de la résurrection par nous de l’Europe » - Dostoïevski à Nikolaï Strakhov, 1869.



jeudi 22 mars 2018

Communiqué du Comité Jean Parvulesco


Après une longue retraite spirituelle et après avoir mesuré les faiblesses d´une structure trop informelle, j’ai décidé de reprendre la présidence active de notre comité et de lui donner une nouvelle impulsion ainsi que des moyens d‘action plus précisément définis pour une efficacité plus grande.
Les objectifs principaux demeurent : la défense de la mémoire et de l’œuvre de Jean Parvulesco, la traduction et la diffusion de ses ouvrages et articles ainsi que toutes les Actions stratégiques, conférences, colloques, manifestations et représentations publiques ou privées, concourant à l‘établissement parousiaque du « Grand empire eurasiatique de la fin » tel que vu par Jean Parvulesco et de plus le soutien au Prince légitime Stanislas d'Araucanie comme expression providentielle et hautement symbolique du « Royaume ».
Pour des raisons techniques et de confidentialité, les membres du bureau et les personnes concernées seront contactées personnellement.
Constantin Pârvulesco



jeudi 1 mars 2018

Que le Japon vive et revive dix mille ans


Un poème de Jean Parvulesco.


Hiroshima, 1er mars 2018.


Avec la participation de Roger Gilbert-Lecomte, Mélanie Calvat et Stanislas Parvulesco.






dimanche 25 février 2018

Jean-Paul Bourre, le dernier meneur de loups

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Ce mois de janvier 2018, la revue L’Incorrect publiait en page 9 mon portrait de Jean-Paul Bourre, le dernier meneur de loups de la Gaule surnaturelle et enchantée.


(c) Benjamin de Diesbach pour L'Incorrect

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Le texte ci-dessous est la première version de ce portrait (raccourci pour la publication).


Dans un texte portant sur l’intérêt de la pensée de Savitri Dêvi Mukherji pour retrouver la lumière de nos origines d’avant la grande séparation du néolithique, le grand écrivain roumain Jean Parvulesco citait une sentence essentielle de l’historien des civilisations Cristof Steding : « Afin qu’une nation ou une race atteigne le plan supérieur auquel correspond l’idée d’Etat ou d’Empire, il faut qu’elle soit frappée et transformée par la foudre d’Apollon, par le feu des hauteurs ».
Or, ce qui est vrai pour les peuples l’est également pour les prophètes, les combattants ou les artistes. Certains ne peuvent agir que par illuminations soudaines, miraculeuses épiphanies ou déchirures irrémédiables. Ce ne sont généralement pas de simples acteurs de leur société : ils ont le sens aigu du temps qualifié et la pratique exercée du Kairos : ils fondent des civilisations lorsque l’époque est à la genèse, ou bien ils les exterminent lorsque l’Apocalypse l’exige.
L’écrivain et meneur de loups Jean-Paul Bourre est de cette trempe. La foudre d’Apollon a revêtu pour lui un nom terrible, le nom d’un diamant noir qui irradie les profondeurs des âmes les plus intraitables : le Comte de Lautréamont.

Jean-Paul Bourre a soixante-et-onze ans, et il a écrit soixante-cinq ouvrages. Des plaquettes de poésie enflammée, des récits de guerre au Liban ou en Croatie, des entretiens visionnaires et hallucinés, des romans barbares et psychédéliques, des essais sur la fonction nodale et quantique de la mort, sur l’Europe mystérieuse et souterraine des vampires et des loups-garous ou bien sur l’ivresse des chasseurs de l’impossible, des biographies enchanteresses et voluptueuses de Nerval, Villiers, Sade et même Johnny Hallyday, ou encore des méditations sanguines et célestes sur Marie, le Tao ou les indiens d’Amérique. Rien de linéaire, rien de systématique. Aucun esprit d’analyse. Jean-Paul Bourre travaille par synthèses disjonctives et offrandes rythmiques. Chacun de ses livres est un viatique sans retour vers la connaissance par les gouffres.
Quel que soit le sujet traité, Bourre apparait toujours comme le dernier meneur de loups de la Gaule surnaturelle et enchantée, même au détour d’une ruelle tortueuse de Venise ou au sein d’une bande de blousons noirs en route vers la Mecque de glace du Pôle Nord.

Sous un large chapeau, voici le visage ferme et grave d’un petit garçon illuminé par la joie tragique des solitaires. Quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit, il est toujours prêt à se déguiser en un personnage nouveau qui éclairera d’une manière ou d’une autre sa fidélité absolue envers l’enfance, son romantisme intégral du marcheur désespéré en direction de la lumière des profondeurs.

Il a fallu attendre la publication de son autobiographie Guerrier du rêve en 2003, pour découvrir ses années d’enfance en Auvergne, cette « île de granit solidement fortifiée, une thébaïde du temps de Gengis Khan où l’on apprend les secrets du feu ». On le voit dans sa chambre s’ouvrir dès l’âge de onze ans à Lamartine, Baudelaire, Alain-Fournier, au « terrorisme de Rimbaud », … Il écoute Les Chats Sauvages, joue du couteau avec ses potes dans les fêtes foraines d’Issoire, délave ses jeans à l’eau de Javel ; il se retrouve un jour dans le journal La Montagne – et même Paris-Presse l’Intransigeant – pour avoir attaqué un collège de jeunes filles avec des chaines de vélos.
Et puis, à l’âge de dix-huit ans, voici venir l’instant décisif du passage du feu. La foudre disruptive d’Apollon. Une décharge cosmologique enclenchée par Lautréamont en personne, une certaine nuit d’épouvante de 1964. La nuit terrible du 28 mars 1964. Le père de Jean-Paul conduit la Panhard Tigre comme un fou, prend les virages de la Ribeyre à toute vitesse et les dents serrées. Sa mère est assise derrière, à la place que lui – Jean-Paul – prend habituellement. Son père appuie à fond sur l’accélérateur, dirigeant ses talons en avant et non en arrière. Mais ne chevauche pas la Tigre qui veut : l’équipage pénètre soudainement plus loin dans de nouvelles landes inexplorées. Un pneu éclate, et la voiture tombe avec fracas dans les flots noirs de l’Allier. Une sœur de Jean-Paul meurt sur le coup, ainsi que sa mère – morte à sa place. Le fils détourne respectueusement ses yeux de la contemplation auguste du fantôme maternel. Sur la plage arrière du véhicule trônent Les Chants de Maldoror, édition de poche à couverture noire, la page cornée indiquant cette phrase noire soulignée au feutre noir : « Toi jeune homme ne te désespère point ; car tu as un ami dans le vampire, malgré ton opinion contraire ». Des bouts épars de pare-brise s’incrustent à jamais en poussière cristalline dans la reliure froissée…
Saint Austremoine de Clermont avait jadis combattu un dragon dans les méandres de cette même rivière tumultueuse. Telle est la ligne de haute tension qui traverse toute l’œuvre de Bourre : la présence sourde, antique et obscure du Dragon. Il faut lire L’Elu du Serpent Rouge, ce fulgurant polar métaphysique axé sur la structure architectonique de Paris, pour découvrir le Dragon de la rive droite de la Bièvre, maîtrisé pour un temps par Guillaume d’Orange mais qui ne demande qu’à franchir à nouveau le seuil du visible dans une chapelle profonde de l’Eglise Saint-Médard.

Jean-Paul Bourre est un païen intégral, un paysan celte des hauteurs. Il mange de la terre, boit l’eau des rivières et ôte son chapeau lorsqu’il croise une statue de la Vierge Marie. Il ne cesse de hanter l'envers de notre pays, sa part bénite, archaïque et tectonique, sa part sylvestre et guerrière. Car il s'agit bien de cela : une France cachée derrière la France... Et tous sont loin d'imaginer ce que la Gaule cache dans ses replis humides et sauvages. C’est ce que dit Bourre à Tony Baillargeat dans Le réveil de Kernunos, le seigneur des forêts gauloises : « Que fait l'homme libre face à un despote ? Il lui promet la plus haute branche d'un chêne. C'est cet état d'esprit que nous avons perdu. Malgré tout le sang qu'ils ont sur les mains, on les voit venir parader à la télévision, impunis, comme dans le plus mauvais cauchemar. Il y a encore de solides branches dans nos forêts gauloises ».

Laurent James, 10 décembre 2017