lundi 22 juin 2015

Rencontres Eurasistes II : Bordeaux, 5 septembre

Le deuxième volet de ces Rencontres Eurasistes sera centré sur le Donbass.
Il s'agira notamment de contrer l'imbécillité tragique des nationalistes, des marxistes et des complotistes qui ont tous choisi - comme c'est surprenant ! - le mauvais côté dans cette guerre fondamentalement eschatologique.


dimanche 26 avril 2015

Lisbonne ou le cercle de l’absence


« Je suis hanté par la fin des choses ».

Dominique de Roux, Le Cinquième Empire

 [Belfond, 1990 - toutes les citations sont extraites de cette édition]

Il y a une dizaine d’années, j’avais lu « Le Cinquième Empire » de Dominique de Roux comme le préconise Georges Londeix dans son avant-propos : en ouvrant le livre « au petit bonheur », ignorant presque tout de ce Mouvement des Capitaines qui renversa le régime portugais le 25 avril 1974. Cette semaine, ce sont les rues de Lisbonne que j’ai parcourues « au petit bonheur, cueillant au hasard un message, une vision », aidé en cela par ce roman prospectif et divinatoire, parcouru cette fois de manière attentionnée et circulaire.

Lisbonne, l’Extrême-Occident. Cabo da Roca : « l’endroit où la terre s’arrête et où la mer commence » écrivait Camões, la pointe occidentale du continent, canal d’irrigation vers l’universalisme atlante.

Le retour aux sources, pour le Portugal, c’est l’Atlantide. Dominique de Roux le savait, insistant sur la « doctrine actuelle de l’Atlantide, fondée sur l’intégration de l’Afrique au Brésil, du Brésil au Portugal et réciproquement ». Le général Spinola, à qui il rend visite en Guinée Bissau, ainsi que le général Kaulza de Arriaga, qu’il va voir au Mozambique, sont tous deux obsédés par l’instauration du « triangle de fer Pretoria-Brasilia-Lisbonne, centré sur la forteresse de la Guinée-Bissau ».

La naissance miraculeuse du Portugal eut donc lieu en 1139, lorsque le Christ en croix apparut dans le ciel à dom Afonso Henriques, lui déclamant : « Je suis le fondateur et le destructeur des royaumes de la terre, et je veux fonder en toi et en ta descendance un royaume à moi, qui répande mon nom par les nations lointaines ». Le lendemain, dom Afonso gagna un combat décisif contre cinq rois maures Almoravides. Il fut ensuite acclamé Roi par ses troupes. Le premier Roi du Portugal.

 

Les cinq points blancs dans les cinq écus bleus sur les armoiries du Portugal : les cinq plaies du Christ, toutes portées par chacun des cinq rois maures. Quel honneur, pour des ennemis défaits à la guerre ! A moins qu’il ne s’agisse de tout autre chose.

Puis se forgea la constitution de l’Ordre du Christ, au sein duquel vinrent se réfugier les Templiers fuyant Philippe le Bel, et l’émergence d’un culte royal de l’Esprit-Saint, lequel s’établit véritablement en 1470 : « une religion chevaleresque visant à l’instauration de l’empire universel du Saint-Esprit ».

Ainsi, les Templiers, dont l’ordre était intégralement placé sous l’égide de la Vierge Marie, participèrent directement à la fondation d’une « religion chevaleresque » au Portugal, dont les visées étaient à la fois eschatologiques et paraclétiques. Pourquoi Marie et le Paraclet sont-ils autant indissolublement liés lorsqu’il s’agit des Temps de la Fin ?

Une lecture croisée de L’Apocalypse de Jean et de L’Exposition de l’Apocalypse de Joachim de Flore permet de comprendre qu’après le Règne du Père (de la création du monde jusqu’à la naissance du Christ) et celui du Fils (inauguré par l’Incarnation, de par l’action de grâce de la Vierge Marie « historique »), surgira le Règne du Saint-Esprit dont la naissance sera assurée par la Vierge Marie « méta-historique » : « une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête ; elle était enceinte, et elle criait, étant en travail et dans les douleurs de l’enfantement ».

Mais n’existe-t-il pas une autre raison, consubstantielle à la Sainte-Trinité, et qui illustrerait de manière encore plus lumineuse le rôle suprême de la Vierge Marie dans l’avènement du Cinquième Empire prophétisé par le père Antonio Vieira (« le plus grand génie du XVIIè siècle » pour André Coyné) ?

Le Portugal, « chandelier de l’Apocalypse » (p. 235).

Dans l’avion qui me dépose à Lisbonne se trouve une hôtesse résolument superbe : yeux noirs corbeau, nez fin et narines de papillon, bouche liquide, doigts alanguis aux gestes incohérents. Au même instant, je lis chez de Roux : « Le fuselage reflète le rouge-jaune des filles de la TAP, absentes à tout. On le voit dans leurs regards obliques, des yeux d’Extrême-Occident, l’Islam presque. Este pais de fabulosos imprecisos » (p. 37). Je ne retrouverai pas de femme portugaise aussi belle durant mon séjour.

Avant Vasco de Gama, ne pas oublier l’épopée de Bartolomeu Dias qui s’en alla en Ethiopie à la recherche du Prêtre Jean, « ce gardien du Graal venu d’Asie » selon Abellio. Dias voulait-il ainsi récupérer le Graal, que les Templiers avaient confié au Prêtre Jean une centaine d’années auparavant ? Je puis dire que, non seulement j’y crois, mais en plus je suis persuadé qu’il a réussi à mener à bien cette entreprise, franchissant ainsi le véritable Cap de Bonne-Espérance.

 
Ah, si j’avais eu l’argent pour dormir à l’Avenida Palace ! J’en scrute attentivement la façade. J’aurais dû venir ici début 73, j’aurais peut-être aperçu une silhouette de hibou-garou se pencher au balcon de la chambre 601. Même à l’âge de trois ans, je suis sûr que je l’aurais immédiatement reconnu.

Au début, l’Avenida da Liberdade, on croit que c’est une Rambla sans touristes ; mais bien vite on réalise que ce sont plutôt des Champs-Elysées sans banlieusard.

 
« L’Avenida da Liberdade, où les sardines et les femmes se veulent si petites » (p. 39).

Le roman me sert de guide à travers les rues en pente de cette ville splendide et tortueuse. Tous ces touristes en sac à dos me dégouteraient moins s’ils ne portaient pas des tongs. Parfois, ce sont des baskets, et c’est peut-être pire. Pourquoi diable un hollandais ou un belge s’habille-t-il toujours comme une merde quand il fait 50 km vers le sud ? Dès qu’il fait chaud, il se croit chez les Nègres et il se fout à poil. Et je ne parle pas des lyonnais, reconnaissables à deux cent mètres avec leur infra-plouc pull-sur-les-épaules. J’en ai même vu un, le pull-sur-épaules glissé sous les bretelles du sac à dos ! Il m’a fallu deux heures pour m’en remettre. Les lisboètes : tous impeccables, chapeau, chemise blanche, pantalon repassé et chaussures cirées. Et surtout, jamais de sac à dos, jamais.

En traversant Baixa, je déniche la gargote O Facho. Le menu scotché contre la vitrine écrase une mouche morte.
 

 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
« Quand les gens ont faim, ils deviennent fascistes » (p. 158).

Comment imaginer qu’il existe encore une capitale européenne sans fast-food, où l’on peut avaler une assiette de riz au poulpe à 5,50 € ? De manière générale, je n’aurais jamais cru manger aussi bien au bord de l’Atlantique (mis à part au Pays Basque, bien sûr). Il faut dire qu’on est celte à cent pour cent ici : vin, fromage et charcuterie. Et, pour le côté ibérico-wisigoth : poulpe et calamar.

 

« Je préfère l’urine au Coca-Cola. L’une vient du corps et l’autre des Américains » (p. 300).

L’Eglise Notre-Dame de Fatima se situe vers les Arènes, au nord de la cité. Construite en 1935, elle est moderne mais point du tout repoussante. A l’intérieur, en surplomb de quel étrange autel en échafaudage pyramidal de cubes, voici de lumineux vitraux régulièrement disposés comme une cabine de douche par Almada Negreiros. Au fond à droite, le Salvator do Mundo chute dans une alcôve sous le poids de la Croix.

 

Puis, je fonce à Belém, le quartier des navigateurs et des Grandes Découvertes. Je passe sous le pont du 25-avril, la réplique du Golden Gate Bridge (c’est la même entreprise qui bâtit les deux). Cela m’amuse de lire dans des guides que « le pont du 25-avril a été construit en 1966 ». C’est comme si on écrivait que la rue du Huit Mai 1945 devant la gare de l’Est a été construite sous Napoléon III.
Bref. Le Pont Salazar permet de traverser le Tage pour rejoindre directement le monumental Christ-Roi, érigé en 1959 par l’Eglise Catholique en remerciement du fait que le Portugal ne participa pas à la Deuxième Guerre Mondiale ! Il y aurait un bon nombre de Christs-Rois en Suisse, si son Eglise avait le sens de la saudade
 
 
« Lointaine, sur l’autre rive, marquant le cercle immobile, la croix ; la croix imitée de celle du Corcovado rappelle l’influence des Portugais sur les destinées du monde et ses fruits éphémères » (p. 320).

Voici le Mosteiro dos Jeronimos, le monastère manuélin des Hiéronymites. Catarina de Ataïde raconte à François Mazin (le pseudonyme du narrateur) qu’elle vint ici pour voir le cadavre de Salazar.

 
« Je suis allée aux Jeronimos, la nuit où il était exposé. Je voulais voir comment il était, comme mort. Comment c’était ça, Salazar mort. Mais je me suis prise dans le tapis de l’escalier et je suis tombée sur le cercueil » (p. 150).

 

Je ne sais pas si les gisants de Camões et Vasco de Gama peuvent être comparés d’une manière ou d’une autre au catafalque de Salazar, mais leur beauté hiératique est troublante. Vasco pria ici avant de partir pour les Indes, peut-être à l’endroit même où se trouve aujourd’hui son tombeau. Tout est gothique à profusion.

Il y a des Vierges couronnées un peu partout, en manteau pourpre ou en toge grise.

 

Vasco conquit Goa et le Kerala. Les Indes dilatent le Portugal, jusqu’à l’inévitable implosion. En 1555, le Portugal est le pays le plus riche d’Europe. La promesse faite à dom Afonso Henriques est établie. Le basque Saint François Xavier, « l’apôtre des Indes », accomplit alors une chose décisive : il débarque à Kagoshima, et ne tarde pas à y baptiser mille personnes. Cette rencontre entre l’’Extrême-Occident et l’Extrême-Orient est un des points sommitaux de l’histoire invisible. J’en ignore la raison cachée, mais Saint François Xavier introduit au Japon deux éléments qui faisaient jusqu’alors la fierté du Portugal : le Graal (permettez-moi d’en être intimement convaincu) et les peixinhos da horta. Les nippons installèrent le premier dans une grotte secrète du Fuji-Yama, et transformèrent les seconds en tempura.

 
Ad maiorem Dei gloriam.

 
Parti de Belém, je suis la rue Saint François Xavier durant une heure jusqu’à Restelo pour y dénicher le 15 de la rue Vasco de Gama, là où François Mazin rencontre pour la première fois Catarina de Ataïde avant de partir en mission en Guinée. C’est une maison jaune, mais elle ne paie pas de mine. Je ne reconnais pas le « jardin gardé par des valets à tricorne » des Vaz da Silva (p. 74).




Suis-je bien là où il faut être ? Ne serait-ce pas la question fondamentale que se pose tout portugais ?

« République portugaise. Devise nationale : Aucune » (Wikipédia).

La dégraalisation du Portugal se matérialisa par la défaite militaire d’Alcacer Quibir du 4 août 1578, pendant laquelle le roi dom Sebastião disparut mystérieusement.

Luis de Camões trouve alors que c’est le moment idéal pour mourir. « Avec moi meurt le Portugal », expire-t-il.

Mais pour certains, et notamment pour le père Antonio Vieira qui le certifie dans son Histoire du Futur, dom Sebastião n’est pas mort : il s’est caché aux îles Fortunées, et il reviendra à l’heure voulue à Lisbonne, « un matin de brouillard ».

Le retour du Roi caché : voici l’antienne lusitanienne par excellence, l’essence de la saudade qui signifie pour Abellio : « la nostalgie de l’amour exige l’absence ». La restauration de l’Empire universel du Saint-Esprit, c’est la pierre qui frappe la statue vue en songe par Nabuchodonosor dans le Livre de Daniel, l’Empire du cinquième âge (après l’or, l’argent, le bronze et le fer), le Cinquième Empire.

« La pensée portugaise s’hypnotisera toujours sur le retour de Dom Sebastião » (p. 61).


 Et lorsque la fadista Amalia Rodrigues s’empare des vers de Camões, je ne peux m’empêcher de songer – même si ça n’a rien à voir – à certains poèmes de la Ferveur de Buenos Aires de Jorge Luis Borges, qui pourraient être au fado ce que Pour les six cordes sont à la milonga. Sobriété et tragédie : le fado est « une hérédité celtique » pour de Roux (p. 109).

 ABSENCE (Borges, 1923)

Je devrai donc la soulever, la vaste vie

qui reste aujourd’hui même ton miroir :

chaque matin je devrai donc la rebâtir.

Tu m’as quitté ; depuis,

combien de lieux devenus inutiles

et privés de sens, comme

des lampes à midi.

Soirs, nids de ton image,

musiques où toujours tu m’attendais,

paroles de ce temps passé,

je devrai vous briser de mes mains.

Dans quel ravin réfugier mon âme

pour ne plus la voir, cette absence

qui brille comme un terrible soleil

définitif, sans couchant, sans pitié ?

Je suis cerclé par ton absence

comme la gorge par la corde,

comme qui coule par la mer.


 A propos ! Avez-vous noté que c’est aux îles Fortunées que s’est réfugié dom Sebastião ? Les îles des Bienheureux ! De quel retour aux sources s’agit-il ? Est-ce parce que ces îles avaient jadis été prises par les Phéniciens, lesquels furent les premiers à baptiser la cité de Lisbonne (Alis Ubbo : l’anse agréable) ? Mais non, voyons, Lisbonne est bien antérieure aux Tyriotes ! Son nom vient directement d’Ulysse bien sûr (Olissipo), le héros qui « dans son périple au retour de Troie vaincue, en jeta les fondements » (p. 35).

 Alors, pourquoi les îles Fortunées ? Et bien parce que selon de nombreux auteurs, de Salluste à l’abbé Henri Boudet, ces îles faisaient tout bonnement partie de l’Atlantide. C’est là-bas que le géant Hercule cueillit les pommes d’or du jardin des Hespérides, sur ces terres atlantes situées au large des côtes mauritaniennes actuelles. Ce retour aux sources pour dom Sebastião était donc en réalité un retour aux Maures… Ces Maures qui, défaits par dom Afonso Henriques lors de la bataille d’Ourique, avaient dû transmettre aux Portugais une somme de connaissances essentielles aptes à fonder les principes eschatologiques de la Maison d’Avis.

C’est une habitude toute récente qu’ont les ennemis de s’exterminer l’un l’autre. Traditionnellement, les rapports de caste à caste entre armées en conflit ont toujours été cordiaux.

« Apprenez qu’au Portugal commence l’Afrique, où ni le temps ni la durée n’ont leur place » (p. 51).

 
Voici la place Camões « avec ses tamaris » (p. 151). C’est ici que se trouve l’appartement de Catarina. Sur cette place débouche la rue da Misericordia, nuitamment arpentée par de Roux.

« Elles attendent dans l’ombre, les échassières, passant indéfiniment de l’essence à l’existence, et leurs clients, au contraire, de l’existence à l’essence » (p. 67).

 

Et le fameux café A Brasileira, où il est possible de boire un verre sur les genoux de Pessoa en bronze, face à des Nègres qui font des pirouettes enchanteresses pour les touristes.

 
 

« Partout l’argent est bête. Il se montrait au café Brasileira et à la pâtisserie Bénard sous des manteaux fantastiques, maniant les chimères pour se trouver un autre patrimoine en cas de révolution. » (p. 42).

 
Martinho de Arcada, casa fundada en 1782, les murs épinglés de photos d’identité de Pessoa (le Cyclope au monocle).

 

Plus loin, au nord-est de la Baixa, après le château Saint Georges, les ruelles de Mouraria et Graça commencent à serpenter doucement vers le noyau dur : portraits des habitants sur les murs (surtout les morts), impasses tapissées de slips, gargotes à ginjinha. C’était le quartier des musulmans qui restèrent à Lisbonne après la bataille d’Ourique.

 
Me voici enfin dans la cathédrale de Lisbonne, le Sé Patriarcal. Elle fut bâtie en 1147, huit ans seulement après l’apparition du Christ à dom Afonso. C’est même le seul monument de la ville datant de la fondation de la nation portugaise. Il faut dire que le tremblement de terre de 1755 a bien fait du passé table rase… Je scrute chaque centimètre carré de l’édifice. Là, à gauche : le baptistère où fut plongé le petit saint Antoine de Padoue en 1195 ! Et un peu plus loin, à droite : un petit coffre en argent contenant les restes de saint Vincent de Saragosse ! Le cadavre du patron des vignerons, qui s’était fait broyer dans un pressoir par Dacien, arriva dans une barque à Lisbonne en 1173, escortée par deux corbeaux. Il s’en est passé des choses au Portugal, au douzième siècle ! Les oiseaux se rendirent ensuite dans la cathédrale toute récente pour y faire leur nid, et leurs descendants y prirent leurs habitudes. De Roux évoque « ces corbeaux nourris à l’intérieur de la cathédrale, en souvenir de saint Vincent martyr » (p. 52). J’avais l’espoir d’en caresser un ; mais les corbeaux ne sont plus là. Le dernier est mort en 1978. La lignée céleste des messagers des dieux nordiques avait pourtant résisté à tout : la défaite de dom Sebastião, l’occupation de Philippe II d’Espagne, la monarchie libérale de 1833, l’assassinat de dom Carlos Ier sur la place du Commerce en 1910,… mais une révolution colorée de capitaines gauchistes, c’est trop…

 
Edifié par le Roi Dinis, le cloître de la cathédrale contient douze chapelles, dont Saint Laurent tout timide adossé contre le mur, Notre-Dame de la Torche nantie d’une belle couronne, la chapelle de la Confrérie de la Miséricorde (fondée par un amiral du Roi Dinis),…

 
Et, au milieu du cloître, les gigantesques fouilles archéologiques : voici les restes d’un temple romain et, à côté, le mur peint d’une très ancienne mosquée ! Le mihrab des cinq rois maures ?

Gothique à mort, le déambulatoire présente neuf chapelles rayonnantes : deux gisants vampires trouent l’espace dans l’une d’elles : Lopo Fernandes Pacheco, compagnon d’armes du Roi Afonso IV, et son épouse Maria Vila Lobos. Ici, les femmes mortes lisent des livres.

 
 
 « Laissez une Portugaise dans une baignoire d’eau chaude, descendue des Atlantes à moitié crocodile, il lui poussera un supplément d’écailles » (p. 129).

Et, partout, des Vierges couronnées aussi splendides les unes que les autres.


 
Dans la salle du Trésor, une Colombe est posée sur la Couronne de Marie.

Soudain, je comprends.

Je comprends soudain l’analogie, et même l’identité absolue, entre la couronne de Marie et le Saint-Esprit. Le rôle historique du Christ a été descendant : l’Incréé s’est incarné dans Sa propre création, inaugurant ainsi le Règne du Fils. Le rôle historique du Saint-Esprit sera ascendant : il transmutera toute  créature qui le méritera en Etre incréé. La première créature vivante à avoir reçu cet honneur a été la Vierge Marie, à titre d’exemple. Le Règne de l’Esprit consistera en une distribution de cette sublime élévation à tout individu digne de la recevoir.

L’homme a chuté en masse. Mais ce sont les individus qui, l’un après l’autre, monteront les barreaux de l’échelle suprême.

 

Le Père Zanotti-Sorkine m’écrivait récemment les mots suivants : « Le mystère du couronnement de Marie peut être considéré comme acquis bien qu’il ne soit pas assorti d’une définition dogmatique. La liturgie l’a reçu, le rosaire, les litanies de Lorette l’ont adopté et l’ont fait passer dans les cœurs priants. Victoire ! C’est dire que la royauté de la sainte Vierge ne pose aucun problème. Marie est mère du Christ-Roi et elle est seule en ce moment dans l’univers de Dieu à posséder avec son fils un corps glorieux, ce qui la situe éternellement au plus haut des régions célestes. En revanche, de nombreux mystiques, saints et théologiens ont travaillé pour que soit défini le dogme de Marie co-rédemptrice et médiatrice, et là, l’enjeu est de taille, car en reconnaissant que Marie a sauvé le monde avec son fils, l’Eglise permettrait à sa royauté d’apparaître sous un jour unique et atteindrait une densité maximale, jamais atteinte par aucune tête couronnée de la terre. Il faut prier pour que cette déclaration jaillisse du magistère de l’Eglise ».

Voilà pourquoi le futur dogme du Couronnement de Marie est absolument fondamental et sa proclamation est d’une urgence absolue, d’autant plus qu’il ne se trouvera jamais personne après le Pape François pour pouvoir le proclamer.

Nous sommes le 25 avril 2015. C’est le seul jour de la semaine où je ne quitte pas ma chambre d’hôtel, et c’est bien là le seul hommage que je puisse rendre, à ma toute petite échelle, au Portugal éternel, « cette nation aquatique et sidérale » (p. 265).

Là, dans ma petite chambre de l’Olissippo Marquès de Sa, donnant sur la discrète avenue Miguel Bombarda, je me sens irréductiblement encerclé par la solitude. La corde au cou.

« La vie, je le savais, il n’y aurait plus contre elle que des refuges, des îles, des atmosphères sans but, sans suite, à la place des distractions qu’ils recherchent tous » (p. 70).

Cela fait 41 ans aujourd’hui que la Grande Parodie s’est installée à Lisbonne. 41 ans : l’âge qu’avait Dominique de Roux lors de sa crise cardiaque fatale, deux semaines après la parution du Cinquième Empire.

« Quelque chose a fini, la fin d’un cycle personnel confondu dans le cycle général qui marche à sa fin » (p. 315).


P.S.

En guise de complément, voici la lettre magnifique envoyée par André Coyné à Dominique de Roux en janvier 1976. Il me semble qu’elle explique avec son langage propre la même chose que ce que j’écris plus haut sur le Saint Esprit.

« Mon cher Dominique,

Le Cinquième Empire, dis-tu ?

C’est l’Empire de la Fin : de la Fin d’après la fin, quand toutes choses humaines auront été consommées (consumées), et que ce qui apparaîtra de l’homme alors, ce sera ce que l’homme aura passé l’histoire entière à gommer et qui lui reviendra : sa ressemblance.

Cet Empire que, depuis Daniel, quand l’histoire justement se mettait à marcher, une suite de prophètes a annoncé comme devant, à son terme, la retourner. Rien de ce que son sens, puisque sens il y a, préparait. Le contraire : une fois que ce sens aura achevé son œuvre, qui est de tuer Dieu dans l’homme, Dieu soudain, à la Fin, intervenant pour dans l’homme au contraire tuer l’homme – ce qui le lie au temps – et lui rendre son Esprit, cette fois à jamais, éternellement.

Cinq – n’est-ce pas ? – est le chiffre de l’homme, mais de l’homme qui sort de l’homme même. Or l’histoire, loin de l’en sortir, l’y enfonce : enfonce l’homme dans l’homme. C’est ce qui fait que l’histoire doit finir : après avoir entraîné l’homme en bas – c’est là son sens –, sur le point d’y arriver, finir : faire place à un état de l’homme qui non seulement ne découle pas d’elle, mais la renvoie au néant dont elle n’aura, somme toute, cessé de témoigner.

Il me resterait à expliquer pourquoi – tout ce que j’écris sous le titre d’Exil ne vise pas à autre chose – c’est à l’époque des Traités de Westphalie – tandis qu’en France Bossuet déroulait le discours de l’histoire universelle sans rien percer de sa suite – qu’au Portugal le Père Vieira, s’attaquant à l’histoire du futur, a par A plus B prouvé que sa conclusion est proche. Pourquoi, aussi, que le fait qu’elle ait continué dans l’intervalle n’a pas empêché qu’en pleine Première Guerre mondiale, toujours au Portugal, Pessoa, qui honorait Vieira comme un patron, reprenne son discours. Pourquoi, enfin, moi, aujourd’hui, je juge  bon de me réclamer de l’un et de l’autre à la lettre, et ce d’autant plus instamment que je ne suis portugais que de troisième naissance.

Il me faudrait, par ailleurs, parler du Prêtre Jean, du Gardien du Graal, du Roi Caché et de l’Empereur des Derniers Jours. Parler de dom Sébastien, de Sidonio Pais et de saint Bernard (puis, un saint amenant l’autre, de De Gaulle). Du Culte de l’Esprit Saint, du Troisième Règne, de la Nouvelle Terre et de l’Autre Côté. De Melchisédech et du Christ Eternel. De… Fatima et du Palais d’Hiver. Parler de 1789, de 1917, de 1974 – de l’horreur. De 1848, de 1871, de 1968 – de la bêtise. Parler des Trois Guerres mondiales. Des Iles Fortunées, du Centre du Monde, de Jérusalem, de la Femme et de la Bête. De l’Ange de la Face.

Et, pour revenir à nous : de notre âme atlantique et du cœur méditerranéen de notre raison – l’accord établi chez quelques-uns entre les deux étant le signe que le faisceau des signes ne leur échappe pas ; que la Catastrophe avant-coureuse du Renouvellement de tout ne saurait, eux du moins, les surprendre ; que sur ce chapitre non plus, les prophéties n’ont pas menti : qu’un reste existe et qu’ils le sont…

Tant il est vrai – comme le rappelait Pessoa à propos des deux ordres qu’il voyait de prophétiser -, tant il est vrai que la meilleure lumière dont nous disposions en ce monde, selon qu’un texte secret l’affirme, n’est jamais que de la ténèbre visible ».
 
 
 
 
 

lundi 9 mars 2015

La potion lunaire de Frédéric Barberousse


“Depuis la mort de Frédéric, chaque roi est usurpateur”

Vingt-deuxième prophétie de Jean XXIII

 

Parmi la petite constellation d’hommes et de femmes qui participèrent au cinquième anniversaire de Parousia le dimanche 21 juillet 2013 dans le massif de la Sainte-Baume, il en est qui passèrent la nuit avec nous au sommet de la sainte montagne sous une Lune aussi pleine et blanche qu’une roche gypseuse du massif de Kyffhäuser. Il s’agissait de vivre une cérémonie quelque peu lycanthropique en cette nuit giganto-sélénite de sainte Marie-Madeleine. Cette relation entre la sainte et le loup-garou n’étonnera aucun lecteur de Jean-Yves Leloup, qui fut pendant dix ans dominicain et directeur spirituel du monastère de la Sainte-Baume.

Voici ce qu’il écrit dans « Marie-Madeleine à la Sainte-Baume » : « Quand l’énergie animale l’habitait, elle était vraiment une femme sauvage, capable de courir pendant des heures à la recherche d’un parfum rare qui l’appelait d’un des sommets de la montagne. Son regard voyait au loin ; son ouïe la renseignait sur des voisinages parfois très lointains ; surtout, elle savait reconnaître le son de chacun des vents qui traversaient la forêt. Elle ne donnait pas de nom à cette énergie animale qui l’habitait parfois et la rendait capable de communiquer à travers divers chants, cris et rugissements avec les autres animaux. L’énergie animale prenait différentes formes – à chaque fois bien adaptée à la situation dans laquelle elle se trouvait. Etait-elle louve, loutre ou lièvre ? Elle ne se laissait posséder par aucun pelage ou aucun plumage ; toutes ces forces la servaient et l’aimaient. »

Qui sera surpris d’apprendre que sainte Marie-Madeleine était bel et bien parvenue à chevaucher le tigre ?

 

 Ainsi, après avoir franchi le sentier escarpé du dépassement de la forêt de la Sainte-Baume, nos confrères illuminés par les halos lunaires aux abords de la chapelle du Pilon furent introduits vers l’antre du Loup-garou magdalénien, escortés par un jeune helvète qui leur chantait à l’oreille les vers suivants :

«Dans les nuits et les effondrements, dans les autodéprédations apocalyptiques d’un millénaire en train de pénétrer, avec sa fin, dans la Mahapralaya, dans la Grande Dissolution, les meutes de Julius Evola agissant en ordre dispersé, les confréries de loups-garous courant dans les sentiers les plus interdits de l’être et de l’histoire en train de devenir, définitivement, sa propre transhistoire, risquent encore de pouvoir répondre, envers et contre toute non-attente, au mot suprême de ce qui est ainsi sur le point de nous en venir, si épouvantablement.

Nous attendons les loups-garous et la septième lune hoerbigerienne. »

 

Or, cette litanie spectrale se trouve précisément scandée au début du dernier album de Barbarossa Umtrunk titré « L’Âge Noir », un recueil sonore entièrement dédié à l’exploration et la maîtrise de ces énergies cosmologiques aptes à nous faire recouvrir la vision des Grands Anciens.

Car il s’agit d’établir la plus puissante des relations entre l’être et sa propre transcendance, de mettre en œuvre les retrouvailles entre soi-même et son propre noyau inconditionné qui se trouve alors reflété au milieu du ciel aux dimensions de cette Lune blanche et pleine. La projection astrale de notre être couronnera notre vulnérabilité animale. Puis, à rebours de cette expansion principielle, il nous faudra ensuite parvenir à greffer la Lune blanche et pleine aux racines de notre être propre, opération inverse portée par un souffle secrètement catalyseur, en une genèse eschatologique de notre insécable identité. Le vol plotinien du Solitaire vers le Solitaire est accompli.

 

Mais l’Age Noir, c’est aussi l’Age des Trois Mères, ces trois sorcières nées vers l’an mil au bord de la Mer Noire, et dont Thomas de Quincey narra jadis l’histoire... Quelqu’un, dans l’ombre, s’était enhardi à briser le silentium à leur sujet. Furieuses, elles se dispersèrent alors de toutes parts pour envoûter l’Occident de leurs ténèbres malfaisantes, l’enserrer dans l’épouvante et la peur : la Mater Suspirorium s’établit à Fribourg, la Mater Tenebrarum à New York, et la Mater Lacrymorum – la plus terrible de toutes – à Rome, dans les catacombes d’une maison où vécut leur mère Levana il y a très longtemps ; des catacombes plus noires que l’antre des ténèbres, enfouies à quelques dizaines de mètres seulement du domicile d’un certain Julius Evola…

Le Règne de l’Hiver a commencé…

« La Dernière Doctrine », sur un texte de Yuri Mamleev, est une transfiguration sonore de la suprême négativité cosmique de la réalité, une élégie de l’initiation à la volonté de puissance eschatologique.

Car ce que tu peux entendre n’existe pas, et ce que tu ne peux entendre est la vérité.

 
Le loup-garou de la Primatiale Saint-Jean, sur la rive droite de la Saône à Lyon, est – comme nous autres – en état permanent de prière fervente face à la Vierge Marie à la main blanche démesurément large, la Vierge Marie de la colline archaïque de Lug.

Au Revers Sanglant des lyriques incantations de Barbarossa Umtrunk se loge le brutal minimalisme d’un amoureux de la nuit européenne. Sept titres en giration sur une spirale involutive, prophétiquement plongée dans la glace noire des étoiles mortes.

Voilà tout ce qui se cache derrière les morceaux saignants de cet album baroque et rocailleux, une nouvelle conception d’avant-garde du surhomme pour contrer la Mère des Larmes, une conception polarisée par la Cosmogonie Glaciale de Notre-Dame de la Lune Blanche.
Nous devons être absolument désespérés, nous autres chevaliers blancs et noirs, pour en finir avec le monde et tout recommencer à partir du Vide sidéral qui nous habite et nous hante.
 

 
Parmi les meutes de la dernière heure, il n’en restera plus qu’un seul à pouvoir contempler la Lune.
Noli me tangere… C’est vers Tsukuyomi que nous nous tournons tous, désormais.

触らないで、月の者になったから
 

Site pour acheter l’album « L’Age Noir » :

Site de Barbarossa Umtrunk :
http://www.barbarossaumtrunk.com/

samedi 21 février 2015

RussiaToday.Ro şi românii uitaţi: Jean Pârvulesco. [Bucarest, 28 février/1 mars]

 
 
 
 
 
http://openrevolt.info/2015/03/08/jean-parvulesco-symposium/
 

 
RussiaToday.Ro organizează la Bucureşti colocviul Jean Pârvulesco, dedicat personalităţii şi operei marelui filozof mistic român. Manifestarea va avea loc în zilele de 28 februarie şi 1 martie, în aula Bibliotecii Centrale Universitare.
Vor participa: Constantin Pârvulesco (Italia), Stanislas Pârvulesco (Franţa), Laurent James (Franţa), Arnaud de l’Estoile (Franţa), Alex Wyeth (Elveţia), Claudio Mutti (Italia), Daria Dughina (Rusia) şi Alexandr Dughin (Rusia) – via Skype
Moderatorii colocviului vor fi: dr. Vlad Sauciuc, Dragoş Dumitriu, Dan Muşetoiu
Despre participanţi:
 
Constantin Parvulescu
 
Constantin Parvulesco este fiul lui Jean Parvulesco şi al Contesei Véronique Sénac de Meilhan, născut la Madrid pe data de  10 mai 1960.
A urmat Şcoala de Cadeţi din Sorèze, unde a obţinut o specializare militară ca paraşutist în trupe de comando, apoi a lucrat ca analist militar la statul major al Primului Corp de Armată din Baden-Baden.
A studiat ştiinţele religioase  la Şcoala practică de înalte studii de la Sorbona, Paris şi a obţinut un master în comunicare la Ircom, în Angers (Universitatea Catolică).
Este scriitor, istoric, reporter special, fotograf şi conferenţiar. A susţinut cronicile «  Arta de a trăi  » şi «  Istorie şi Orologii» în mai multe reviste din Franţa, Elveţia şi Luxemburg.
A publicat 52 de cărţi, printre care  : Transsiberianul, Orient Express, Cafenele literare, Sumo, Geisha, Samurai şi Kamikaze, Messerschmitt, Porsche, Gondolele, Zei şi Trabucuri, Beretta  92, Motocicleţe ruseşti, Ceasuri militare, Secretul Apărării, Paraşutiştii, etc…
A condus o delegaţie a ordinului de Malta în România, în timpul revoluţiei din 1989.
Ca reporter special, a traversat Europa şi Rusia de la Paris la Novossibirsk şi a mers pe urmele lui Che de la Buenos Aires prin Anzi până la Machu-Pichu şi Lima via Valparaiso.
A participat la expediţii etno-arheologice în Honduras şi Nicaragua. Constantin Parvulesco este Ambasador al Regatului Araucaniei şi Patagoniei, fiind înnobilat duce de Villarica de către ASR prinţul Araucaniei & Patagoniei.
Este, de asemenea, Comandor de Paris al Ordinului Militar şi Ospitalier Sfântul Lazăr de Ierusalim, Baliv Mare Cruce al Ordinului Nobil Regal Steaua Sudului, decorat cu Marea Cruce de Onoare de San Téotonio, Comandor al ordinului Coroana de Oţel şi  Cavaler al Ordinului Vulturului din Georgia.
 
Stanislas Parvulesco
 
Născut în anul 1995, tânărul Stanislas Parvulesco este fiul lui Constantin Parvulesco şi nepot direct al lui Jean Parvulesco.
Înrudit prin strămoşii mamei sale cu principalele Case Regale ale Europei, inclusiv cu Regele Mihai I al României şi cu Regina Ana, Stanislas Parvulesco a fost desemnat, de către un Consiliu de Regenţă, în data de 22 iunie 2014, ca Rege al Araucaniei şi Patagoniei, o micronaţiune aflată în America de Sud.
A.S.R. Stanislas I conduce mai multe Organizaţii Non-Guvernamentale cu reprezentare internaţională.
 
Laurent James
 
Născut la Saint-Priest (Lyon, Franţa) în 1970, Laurent James este un scriitor, activist şi ezoterist francez.
După ce a locuit în Grenoble, Nisa, Newcastle-upon-Tyne şi Dresda, s-a stabilit în Marsilia, în anul 2000. A scris numeroase articole despre Louis-Ferdinand Céline, Don Quijote sau Arthur Rimbaud. A prezis tragedia din 11 Septembrie în textul său «  Marsilia este America  », în care arată cum stilul de viaţă al americanilor este opus din toate punctele de vedere misticii mediteraneene.
A participat cu texte în lucrări colective, publicate între anii 2002 şi 2004, la edituri precum l’Age d’Homme, Rocher şi Fayard/Mille et une Nuits.
A creat o serie de spectacole bazate pe punerea în scenă a unor texte de mare actualitate, aparţinând lui Jean-Louis Costes, Marc-Edouard Nabe, Roger Gilbert-Lecomte, Lucien Rebatet. Cinci reprezentaţii ale acestora au avut loc la Teatrul Main d’Or din Paris.
A înfiinţat mişcarea Parusia pe 22 iulie 2008, în naosul bisericii Sfântul Maximin (din provincia Var), cu prilejul procesiunii moaştelor Sfintei Maria Magdalena. Parusia se înscrie deopotrivă în rândul mişcărilor artistice, spirituale şi metapolitice. Mişcarea are drept instrumente de comunicare un sit internet şi un blog, şi realizează o serie de evenimente, cu ocazia fiecărei aniversări a creării sale, cum ar fi, de pildă, lectura integrală a textului «  Cea care plânge  » (de Léon Bloy) în altarul catedralei Notre-Dame din Salette, sau a «  Epocii lui Christos  » (de Nabe) pe muntele Sainte-Baume.
Laurent James a susţinut numeroase conferinţe publice sau pe internet, având drept subiecte principale ezoterismul revoluţionar, bazele şi perspectivele Regatului Eurasiei, sau legăturile dintre Apocalipsa după Ioan şi Tarotul de Marsilia. În octombrie 2011 a participat la congresul «  Against Post-Modern World  » organizat la Moscova de metafizicianul tradiţionalist Alexandre Dughin, după care a susţinut două conferinţe alături de acesta şi de  Alain de Benoist la Paris şi Londra. A organizat Întâlnirile Eurasiatice la Bruxelles în septembrie 2013, împreună cu Constantin Parvulesco şi Robert Steuckers, eveniment la care a luat parte în direct, de la Moscova, prin internet, şi Alexandre Dughin.
Un interviu cu Laurent James a fost publicat în 2013 într-o lucrare colectivă, la editura Alexipharmaque.
Pe 22 iunie 2014, Laurent James a participat la ceremonia de încoronare a Alteţei Sale Regale Stanislas I, Rege al Araucaniei şi Patagoniei (la Tourtoirac, Franţa). Cu acest prilej, a fost investit cu funcţia de Consilier cultural al Ministrului Afacerilor Externe şi al Cultelor al Regatului.Începând cu ianuarie 2014, Laurent James a susţinut o serie de conferinţe la Rennes-le-Château, în care propune o interpretare a istoriei Franţei bazată pe gândirea lui Claude Grasset d’Orcet şi a lui Jean Parvulesco.
 
Arnaud de l’Estoile
 
Arnaud de l’Estoile este istoric şi scriitor, membru al Societăţii Oamenilor de Litere din Franţa. Născut în anul 1966, a urmat studii universitare la Sorbona şi la  Conservatorul Naţional de arte şi meserii din Paris. S-a specializat în studiul ezoterismului şi al ştiinţelor oculte.
Din acest motiv, cercetările sale au fost orientate atât către teorie (baze, curente şi mari figuri, istoria secretă, etc.), cât şi spre practică (magie, alchimie, kabbală, etc.).
A publicat la editura Pardès biografiile principalilor ocultişti din a doua jumătate a secolului XIXe siècle  : Stanislas de Guaita, Papus, Péladan şi Éliphas Lévi.
Cea de-a cincea lucrare a sa, Adevăratul secret al regilor Franţei, este o analiză a culiselor esoterice ale operelor lui Maurice Leblanc, autorul personajului  Arsène Lupin.
Este, de asemenea, autorul primei biografii a lui Pierre Plantard de Saint-Clair, fostul Mare Maestru al Prioratului de Sion.
 
Alex Wyeth
 
Născut la Lausanne pe 3 februarie 1971, Alex Wyeth a urmat un masterat în drept la Universitatea din Geneva, după care s-a înscris la facultatea de litere pentru a studia metafizica medievală şi filosofia politică. După efectuarea unui stagiu de doi ani într-un cabinet de avocatură, se dedică picturii, dar în acelaşi timp îşi înfiinţează propria firmă de consultanţă în domeniul proprietăţii intelectuale. Este membru activ al mai multor asociaţii profesionale, conducând o uniune a avocaţilor şi juriştilor de afaceri din Elveţia.
Pasionat din adolescenţă de filosofie şi ezoterism, Alex Wyeth va fi iniţiat mai întâi în diferite şcoli şi tradiţii orientale, îndeosebi în budismul zen şi teravada, advaita vedanta şi tantrismul kaula. După ce şi-a completat parcursul iniţiatic şi a primit calificările necesare pentru a putea forma, la rândul său, noi adepţi, a simţit nevoia de a redescoperi tradiţia spirituală  europeană, implicându-se activ în diferite curente, mai ales în cel cavaleresc, în mistica renană şi carmelitană, iluminismul francez şi magia ceremonială. Deşi în aparenţă foarte eclectică, această abordare urmăreşte a fi, mai întâi de toate, tehnică şi operativă, în continuarea liniei spirituale care a stat la baza lucrărilor Grupului UR, din care a făcut parte în anii 1920 şi Julius Evola. Tot din dorinţa de a aprofunda calea urmată de Julius Evola, atât pe latura ei iniţiatică cât şi pe cea metapolitică, Alex Wyeth a studiat operele lui Jean Parvulesco şi  Alexandr Dughin, urmaşii contemporani ai acestuia.
 
Claudio Mutti
 
Licenţiat în 1970 cu o teză despre influenţa limbii române asupra limbii maghiare, Claudio Mutti a lucrat ca cercetător la Institutul de Filologie Ugrofinică al Universităţii din Bologna (1970-1974) şi apoi a fost titular al unei catedre la Institutul Italian de Cultură din Bucureşti (1979).
A publicat (în Italia, România, Ungaria, Germania, Franţa) numeroase cărţi despre zona carpato-danubiană, atât din punct de vedere istoric («  A oriente di Roma e di Berlino  », Effepi, Genova 2003), cât şi etnografic («  Miti, fiabe e leggende della Transilvania  », Newton Compton 1996; «  Storie e leggende della Transilvania  », Oscar Mondadori, Milano 1997; etc.) şi cultural («  Mircea Eliade şi Garda de Fier  », Puncte Cardinale, Sibiu 1995; «  Penele Arhanghelului  », Anastasia, Bucureşti 1997; «  Mircea Eliade, Legiunea şi noua inchiziţie  », Vremea, Bucureşti 2001; «  Guénon în România  », Vremea, Bucureşti 2003; etc.).
În prezent este profesor de latină şi greacă la un liceu umanist din Parma.
 
Intrarea este liberă între orele 10.00 şi 15.00. Pentru detalii, scrieţi-ne la adresa: colocviu@russiatoday.ro
 
Bucarest, 28 février/1 mars

samedi 7 février 2015

Спаси Христос !


« Ne crains point, ô civilisé aux orteils recroquevillés, ton Sauvage est ton Sauveur, et ton sauvage n’est pas loin, il dort encore au fond de ta conscience »
Roger Gilbert-Lecomte, 1930
 
« Si un grand ami parle mal de ma mère, il peut s’attendre à un coup de poing, et c’est normal »
Pape François, 15 janvier 2015
 
 
Voici quelques couvertures de Charlie-Hebdo auxquelles, fort malheureusement, personne n’a échappé.





Bien loin que de n’être simplement blasphématrices, ces couvertures sont intensément laides : couleurs criardes, dessins plus que mauvais, ambiance infantile (et pas enfantine !),… et surtout, théologiquement insensées : depuis quand le Saint-Esprit peut-il être représenté par un triangle ?
 
Car c’est bien la profonde nullité de ces dessins d’amateurs qui constitue le fond du problème, et qui leur ôte toute possibilité d’une quelconque pertinence. Il n’y a aucune « liberté d’expression » à accorder à des imbéciles qui n’ont rien à dire, et qui le disent mal.
 
Tout ça pour remarquer que ça fait longtemps que les catholiques auraient dû faire un tour rue Nicolas-Appert pour s’expliquer face à face avec les auteurs de ces salauderies.
 
Il existe tout de même certains hommes d’Eglise qui se soulèvent parfois contre ce genre de producteurs de « dégueulis pour bobos retardés », et personne ne s’étonnera d’apprendre que le Père Zanotti-Sorkine en fait partie.
 
 
http://www.bvoltaire.fr/peremichelmariezanottisorkine/plantu-degueulis-a-lusage-de-bobos-retardes-2,13460

 
De nombreux penseurs ont établi avec plus ou moins de pertinence l’analogie civilisationnelle entre l’Empire Romain et les Etats-Unis d’Amérique. Elle se base foncièrement sur la prédominance de la technique sur l’art, et du divertissement de masse sur la religion. Elie Faure avait parfaitement résumé cet état de fait dans sa splendide « Histoire de l’art ».
 
« L’idéal romain, au long de l’histoire, a l’uniformité et la constance d’une règle administrative. A Rome, le vrai artiste c’est l’ingénieur, comme le vrai poète c’est l’historien et le vrai philosophe le juriste ».
 
Elie Faure donne l’anecdote historique suivante, afin de bien montrer « la méconnaissance du rôle supérieur de l’œuvre d’art » chez les Romains :
 
 « Mummius, après le sac de Corinthe, disait aux entrepreneurs chargés de faire parvenir à Rome le butin : ‘Je vous préviens que si vous cassez ces statues, vous aurez à les refaire’ ».
 

 
On peut dire que le Grec a été aux Romains ce que l’Européen est aux Américains.
 
« Asservi matériellement, un peuple de culture supérieure asservit moralement le peuple qui l’a vaincu. […] Rome veut plaire à la Grèce comme le parvenu à l’aristocrate, la Grèce veut plaire à Rome comme le faible au fort. […] Le Romain, dans ses mœurs, son tempérament, sa religion, toute sa substance morale différait totalement du Grec. Ici une vie simple, libre, investigatrice, toute au désir de réaliser l’harmonie intérieure qu’une imagination charmante poursuit sur tous les chemins. Là une vie disciplinée, égoïste, dure, fermée, cherchant hors d’elle-même son aliment. Le Grec fait la cité à l’image du monde. Le Romain veut faire le monde à l’image de la cité ».
 
Le passage de la Rome pré-chrétienne aux Etats-Unis post-chrétiens s’est accompagné d’une intensification et d’une amplification à tous les niveaux.








Le rapport de soumission de la Grèce envers Rome est bel et bien la matrice du rapport de soumission entre l’Europe et l’Occident (les Etats-Unis). Il ne faut jamais oublier que les peuples européens sont les premiers à avoir souffert de la modernité (nation, finance et dissolution urbaine), imposée par leurs fausses élites. Par un effet logique de transposition géographique, l’espace jadis dominé par Rome est ainsi devenu le lieu de naissance de l’Occident, ce dernier ayant ensuite grandi en prenant appui sur les Etats-Unis et en s’étendant à presque toute la planète. L’Europe pré-moderne faisait la cité à l’image du monde. L’Occident a fait le monde à l’image de la cité (américaine). Et les autres peuples (africains, asiatiques et indigènes américains) se prirent dès lors l’Occident en pleine face. Cette planétarisation de la modernité est précisément ce qui fait de ce combat – de notre combat – le combat des Temps de la Fin : ce que j’ai naguère appelé la guerre entre les aveugles et les invisibles (« Islâm, mon amour », Tsimtsoûm, 2005).

 
http://parousia.fr/Textes/Tsimtsoum/n1/IslamMonAmour.pdf

A la relecture de ce texte, je m’aperçois que je n’ai vraiment pas grand-chose à y changer, même si je pense que la manière de combattre le pouvoir des Aveugles (les "ennemis de la Mystique monothéiste polycristalline") et des acteurs de "la société du spectacle" n'est plus matériellement déterminée, et qu'il est plus important de s'attaquer directement à la Puissance des Ténèbres plutôt qu'à ses séides humains (journalistes et hommes politiques). Par ailleurs, l’entretien avec Soheib Bencheikh me semble assez instructif, surtout aujourd’hui où tout le monde s’improvise spécialiste de l’islam et grand lecteur du Coran.
 
On trouvera peut-être quelque intérêt à en lire certaines phrases à la lueur de l’attentat des frères Kouachi, perpétré il y a tout juste un mois en plein cœur de Mai 68.
 
« Et puis je tiens tout de même à rappeler que si le gauchiste aime l’Islâm (ou fait semblant de l’aimer, puisqu’il est incapable de le comprendre), ce dernier le déteste avec plus d’intensité encore ».
 
Mais il n’y a pas que le gauchisme. En 2005 fermentait un mouvement de fond droitiste tout aussi infect (républicain, nationaliste, égalitariste, déjà archéo-complotiste) que je suis très fier d’avoir alors dépisté :
 
« Ainsi, le libertarisme, le souverainisme, le républicanisme, le centralisme, le nationalisme et autres indécrottables vieilleries matérialistes se voient redorer leur blason défraîchi par de jeunes loups désemparés, qui répètent les mêmes immémoriales erreurs commises par l’Occident politique depuis deux cents ans. Ces idioties droitistes systématiquement anti-métaphysiques fleurissent, malgré leur impéritie maintes fois prouvée ».
 
Une petite synthèse ?
 
« Islâm, mon amour, purifie les écuries d’Augias que sont devenues les cervelles des Occidentaux, je me battrai ensuite contre toi au nom de l’Esprit-Saint, mais d’abord, je t’en supplie, nettoie-moi toute cette merde ».
 
Cela ne rend pas l’assassinat de douze personnes susceptible d’être politiquement justifié. Mais les temps sont venus où la purification de l’Occident par le Vide devient absolument inévitable, de par la convergence historique entre certaines forces religieuses intérieures et extérieures, le débarquement de al-Khidr sur l’Ile Tournoyante. « Notre nouveau dieu va surgir de la putréfaction. D’une foi morte va se lever une foi vivante » prophétisait Dominique de Roux.
 
Il me semble évident que la mission providentielle et historique de l’islam est de nettoyer l’Occident, tout comme celle du christianisme a été de nettoyer l’Empire Romain. Un nettoyage spirituel et métaphysique. C’est bien pour cela que les rêves soralo-houellebecquiens d’une bourgeoisie musulmane s’installant tranquillement dans l’espace social occidental, pour y subir au final la même dissolution qu’a naguère subie le catholicisme, est une ineptie totale en regard - je me répète - de la mission providentielle de l’islam. Et, surtout, ce dernier n’est pas là pour prendre en charge les tares des personnages atrabilaires et buboniques des romans de Houellebecq (dont le dernier est, par ailleurs, un sommet d’anticatholicisme viral)…
 
Tout ceci me remet en mémoire cette phrase autant énigmatique que lumineuse de Marc-Edouard Nabe : « Seul l’islam aujourd’hui applique le christianisme » (in « J’enfonce le clou »).
 
Peu après l’attentat de Charlie-Hebdo, des foules entières de profs de français et d’abonnés à Télérama ont défilé dans les rues à la demande expresse du ministre de l’Intérieur, dans le but de pleurer ensemble en arborant un slogan imaginé par le directeur artistique d’un magazine de mode. Des centaines de milliers de Christians Doumergues se sont mis au garde à vous de la démocratie humaniste laïque et tolérante, ânonnant (ils sont incapables de crier) « Touche pas à mon pote Charlie », en bordure protectrice derrière Benyamin Netanyahou et Naftali Bennett (celui qui déclarait en 2013 : « J’ai tué beaucoup d’Arabes dans ma vie. Et il n’y a aucun problème avec ça »).

Paris, capitale mondiale de l’Occident.
 
Je suis très fier que Marseille soit la ville de France où le nombre de marcheurs républicains a été le plus faible (par rapport au nombre d’habitants), et tant mieux si c’est directement lié à la présence de musulmans. L’antique cité massaliote reste la ville française qui compte le moins de bourgeois téléramo-figaresques au mètre carré, et c’est bien ça qui va la sauver.
 
Et que dire de ces monceaux d’humanistes décérébrés qui se battaient à coups de poing dans la gueule devant les kiosques à journaux le 14 janvier à six heures du matin pour avoir leur Charlie ? Imaginez les mêmes, pendant la guerre, en train de faire la queue pour des tickets de viande…
 
Il y a trente ans, l’Etat français intentait régulièrement des procès à Hara-Kiri, dont la lecture était interdite dans les universités et à peine tolérée dans les vestiaires des ouvriers d’usines. Aujourd’hui, l’Etat français traque les gens qui ne sont pas Charlie, dont les dessins antimusulmans sont imposés aux écoliers dans certains collèges.
 
Blasphème obligatoire…


 

On peut se rappeler que Charb (quelles que soient ses intentions) n’a jamais hésité à torcher des crobards, toujours aussi intensément nullissimes, pour ricaner sur des cadavres d’enfants palestiniens déchiquetés par des attentats. Il semble cependant que les enfants français (arabes ou pas, et quelles que soient leurs intentions) n’aient résolument pas le droit, je ne dis pas de ricaner, mais de ne pas se sentir directement concernés par le cadavre de Charb… Heureusement que les miens sont chez les dominicains : le lavage de cerveau prodigué à satiété dans les établissements publics y est nettement moins prononcé.
 
Un enfant athée ça n’existe pas, ça n’existe pas un enfant athée, tous les enfants aiment Dieu et se réjouissent de la présence de Dieu, un enfant athée c’est un enfant violenté et formaté, ceux qui disent qu’il vaut mieux être athée comme un enfant que religieux comme un adulte sont des adultes infantiles, ceux qui pensent qu’un enfant athée ça peut exister et qu’un enfant athée c’est mieux que tout ne sont que des clochards bourgeois, un enfant sait qu’il aime Dieu sans le savoir, un enfant c’est comme un animal, ça aime Dieu sans le savoir et sans rien comprendre à rien du tout, un enfant ça aime naturellement la beauté toute naturelle, un enfant ça n’aime pas qu’on crache sur la croix de Jésus ou le visage de Mahomet ou les pieds du Bouddha, un enfant ça n’aime pas les tags sur les dolmens, et ça ne comprend pas l’adulte athée qui lui dit de se taire une minute en l’honneur de celui qui a mal parlé de sa mère ou de son père ou de la religion de sa mère et de son père, un enfant qui se tait pendant une minute en l’honneur de celui qui a insulté sa mère ou son père, c’est un enfant violenté et formaté, c’est un enfant qui va devenir athée et tout salir, salir le monde et salir les autres futurs enfants.
 
Revenons à Nabe : on notera que, d’un côté, une partie du système se tourne vers les « dissidents » pour les accuser d’attiser le feu (alors qu’ils ne font que vouloir l’éteindre à coups de mensonges complotistes), et que, de l’autre côté, ces mêmes dissidents se défaussent vers Nabe pour l’accuser également d’attiser le feu, espérant ainsi trouillardement ne pas être assimilés à des pousse-au-crime.
 
C’est ainsi que les deux frères ennemis Soral et Laïbi se tournent vers lui en un remarquable élan de solidarité tripale.
 


Pour le premier, c’est : « Mais que fait la police ? Arrêtez-le ! ».
 
Pour le second, c’est : « Mais que font mes lecteurs ? Dénoncez-le ! »
 
On notera la différence de ton dans l’abjection, le dégradé du dégueulis. Je viens juste de regarder « Le Doulos » de Melville : les donneuses étaient quand même un peu plus propres, dans les années 60.
 
Et encore, Pharos ne rémunère pas ceux qui leur transmettent « des signalements de contenus ou de comportements illicites » ! Le cas de La Libre Panse, de son vrai nom Salim Laïbi, est vraiment très cocasse. Imaginez-le, pendant la guerre, prêt à la délation pour un ticket de viande… Et ça se prétend dissident, résistant, … Et ça gueule, ça hurle, ça vocifère, ça bave, ça insulte, ça dénonce, ça sue, ça se démange, ça se gratte, ça aboie, ça braille, ça s’emporte, ça s’encolère, ça monte en sauce, ça déborde, ça retombe, ça ferme un œil, ça hoquète, et ça s’endort… la suite à la prochaine vidéo.
 
En voici une petite, qui tourne en ce moment :
 


…tout fanfaron, tout content : « C’est des kalachnikovs qu’il faut, à la place des guitares ! »
 
En voici une autre, plus longue (il y en a de partout, des vidéos contre l’ami Salim, on ne sait plus où donner de la tête, c’est la fête foraine) :
 
 

Les véritables paroles prononcées par Salim Laïbi, lors de sa conférence à Roubaix du 10 février 2013, ont été les suivantes :
 
« L’islam, ça n’existe pas. Ca existe pas l’islam, faut arrêter le délire. Il y a très peu de pratiquants, tous pratiquent l’usure. Tous mangent à Babylone, tous prennent des subventions » (ce dernier point est vraiment très amusant, venant de sa part… mais je n’insisterai pas, je suis un peu fatigué).
[…]
« Si l'islam existait, ça se verrait tout de suite, tout de suite, mais alors là, tout de suite ! Déjà, je m’étonne de la survie d’un BHL. Il serait pas vivant BHL, il aurait été assassiné. Sérieusement, je le dis clairement. Parce que ce type a tué je sais pas combien de dizaines de milliers de libyens. Parce que c’est un criminel, c’est un assassin, c’est un voyou. Parce que, euh… par exemple, je dis ça mais bon c’est pas la solution hein, mais par exemple, Charlie-Hebdo aurait brûlé avec Val à l’intérieur ! Voilà, c’est des situations d’extrême violence, d’insulte à la religion, et on n’a rien en face, rien, absolument rien ! »
 
Le docteur universitaire Salim Laïbi a donc clairement déclaré en public en février 2013 que l’islam n’existait pas car BHL ne s’est pas fait tuer et qu’aucun attentat meurtrier n’avait frappé les bureaux de Charlie-Hebdo, c’est-à-dire que l’islam n’existe pas car le terrorisme n’existe pas. Ce qui signifie - si je ne me trompe pas – que le véritable islam, c’est le terrorisme (même si « c’est pas la solution », comprenne qui pourra). C’est une opinion qui en vaut d’autres, et il ne me viendrait aucunement à l’idée de la lui reprocher, ni d’inciter les gens à le dénoncer à Pharos. Mais quand on prononce des phrases qui sont enregistrées et diffusées sur internet, il faut les assumer un tantinet, et ne pas se défausser ensuite sur un autre homme en appelant à la délation, la plus lâche des pratiques sublunaires (« A vos claviers ! »)..
 
Je ne sais pas si les frères Kouachi ont entendu ces injonctions de Salim Laïbi l’an dernier, mais maintenant qu’ils ont tenté de lui prouver que « l’islam existait réellement » en cramant les bureaux de Charlie-Hebdo à la kalach’, ils se font traiter de « branquignoles » et de « clowns Thelma et Louise » par le même homme, qui dégaine toute sa machinerie habituelle pour décrédibiliser les deux phrères simplistes de Reims (inside job, false flag, grande manip israélienne, etc. etc..).
 
En résumé : les vrais musulmans devraient se révolter, mais s’ils le font autrement qu’en achetant des livres chez Fiat Lux, ce sont des débiles mentaux manipulés par les sionistes.
 
Mu par sa constante obsession ponérologique, le docteur libre-penseur Salim Laïbi a même réussi à trouver dans un « calendrier sataniste » que le 7 janvier était le jour des sacrifices humains et des démembrements. L’attentat contre Charlie-Hebdo est donc… sâtAniiiiiiiiste.
 
(Entre parenthèses : imaginer Salim Laïbi, assis derrière son bureau de médecin dentiste, plonger la tête dans un calendrier sataniste pour chercher à quoi correspond la date du 7 janvier, m’a provoqué la plus belle crise de fou rire de ces dernières semaines)

 
 
En ce qui me concerne, plutôt que de songer à des célébrations satanistes, je retiens que le 7 janvier est le jour anniversaire de Charles Péguy.
 
Car Péguy connaissait parfaitement, lui, la différence entre les armes de Jésus (le combat pour l’honneur, la mort sacrificielle) et les armes de Satan (la pratique permanente de l’injure et du mépris).
 
Les armes de Satan c’est tout ce qui flétrit,
Rapetisse, avilit, injurie, amoindrit,
C’est tout ce qui méprise et tout ce qui meurtrit ;
[…]
Les armes de Satan c’est l’horreur de la guerre,
Les peuples affolés, Jésus sur le Calvaire,
Le sang, le cri de mort, le meurtre volontaire ;
 
Les armes de Jésus c’est l’honneur de la guerre,
Les peuples rétablis, Jésus sur le Calvaire,
Le sang, le sacrifice et la mort volontaire.
 
Charles Péguy, « La tapisserie de Sainte Geneviève »
 
En ce qui me concerne, plutôt que de songer aux célébrations satanistes, je retiens que le 7 janvier est le dernier jour de l’exposition à Paris des dessins de Nabe naguère publiés dans Hara-Kiri, le Hara-Kiri matriciel et pourtant absolument antagoniste du Charlie-Hebdo contemporain. Bien loin que de n’être simplement humoristiques, ces dessins sont intensément beaux : couleurs subtiles, portraits hilarants, ambiance enfantine (et pas infantile !),… et surtout, théologiquement pertinents (je vous laisse y réfléchir)…

 
 
… et même élégamment malévitchéens !
 



Des dessins formellement anti-Charb, anti-Honoré, anti-Tignous… Nabe a tué Charlie-Hebdo bien avant les frères Kouachi, tout comme il avait tué Houellebecq (dans son « Vingt-Septième Livre ») bien avant Charlie-Hebdo (qui arborait une caricature du « Mage Houellebecq » en couverture du numéro paru précisément le 7 janvier !).

 




Lors du finissage de l’expo, on entendait les cloches de la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky résonner à toute volée dans le quartier, puisque le 7 janvier est également le jour de la célébration de Noël chez les orthodoxes. Mais on a jusqu’à la fin janvier pour présenter ses vœux…

Hallelujah ! Alléluia ! Jésus akbar !

Спаси Христос !
 






Le pain de chaque jour et le pain éternel.

Le pain de chaque jour et le pain du grand Jour.

Que toutes les paroisses soient dans la chrétienté

Comme une couronne, comme une gerbe d’épis.

 

Mais mon Dieu, donnez-nous d’abord le chef de guerre.

Ô mon Dieu, donnez-nous le chef de guerre.

 

Charles Péguy, « Le Mystère de la Charité de Jeanne d’Arc »